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<title>COVID-19, l’ami des dominants (archive) — David Larlet</title>
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<article>
<h1>COVID-19, l’ami des dominants</h1>
<h2><a href="http://www.ardeur.net/2020/04/covid-19-lami-des-dominants/">Source originale du contenu</a></h2>
<p align="JUSTIFY"><strong>COVID-19, l’ami des dominants : un texte écrit par <a href="http://www.ardeur.net/nos-coordonnees/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">l’équipe de L’ardeur</a>, association d’éducation populaire politique</strong></p>

<p align="JUSTIFY">Pour ce gouvernement anti-populaire, engagé dans une politique de destruction de la protection sociale et de répression policière des colères, des mobilisations et des insurrections qui en découlent, le COVID-19 permet de réaliser plusieurs tests en grandeur nature :</p>

<p align="JUSTIFY">– Test de contrôle de la population (répression, prison, hélicoptères, drones, communications).</p>

<p align="JUSTIFY">– Test d’obéissance de la police dans ce contrôle des populations.</p>

<p align="JUSTIFY">– Test de privatisation-dislocation de l’éducation nationale transférée en e-learning.</p>

<p align="JUSTIFY">– Test d’avancement de la vidéo-médecine à distance.</p>

<p align="JUSTIFY">– Test de soumission des médias, de la population et des gauches (union nationale oblige).</p>

<p align="JUSTIFY">– Test de démolition avancée du droit du travail.</p>

<p align="JUSTIFY"><strong>1 – Le contexte</strong></p>

<p align="JUSTIFY">Depuis les années 1980, l’effacement de l’hypothèse communiste (1) laisse le capitalisme en roue libre et l’humanité livrée aux inégalités monstrueuses qui l’accompagnent. Or les profits ne se réalisent plus sur la fabrication et la vente de marchandises qui sont en surproduction (les voitures de 2018 ne sont toujours pas écoulées) mais sur la financiarisation-casino de l’économie et les réductions de dépenses publiques dans le cadre de politiques d’austérité. Si le capitalisme européen s’est assuré tout un temps de l’ordre social en échange de politiques de protection sociale, il s’aligne (dès 1983 en France) sur le capitalisme américain et s’engage dans la voie d’une privatisation-marchandisation de la société et d’une destruction des services publics. Ces dernières se réalisent dès Maastricht, puis dans l’imposition de la « Constitution » de l’Union Européenne et de sa monnaie unique interdisant aux États d’agir sur la protection sociale par des dépenses publiques, lesquelles sont désormais soumises à l’impératif de non-inflation, d’interdiction des augmentations de salaires pour maintenir le taux de profit des dominants, propriétaires d’entreprises ou traders. Mais réduire la protection sociale, réduire et supprimer les allocations chômage, démanteler les soins de santé, démolir la recherche, supprimer des postes à l’éducation nationale, vendre les barrages et les aéroports, baisser puis écraser les retraites… tout cela génère des mouvements de population insurrectionnels et incontrôlables (les gilets jaunes en sont un exemple) qui supposent que l’État se prépare à la guerre sociale en armant son dispositif policier vers le contrôle des mouvements insurrectionnels. Après les LBD, voici les drones et le suivi des smartphones. Dans son dernier ouvrage « <a href="http://www.seuil.com/ouvrage/les-luttes-de-classes-en-france-au-xxie-siecle-emmanuel-todd/9782021426823http://www.seuil.com/ouvrage/les-luttes-de-classes-en-france-au-xxie-siecle-emmanuel-todd/9782021426823">La lutte des classes au 21e siècle »</a> (2), Emmanuel Todd évoque la dérive fascistoïde du gouvernement Macron. Nous y sommes !</p>

<p align="JUSTIFY"><strong>L’union nationale : vous avez aimé « Je suis Charlie » ? Vous allez adorer COVID-19 !</strong></p>

<p align="JUSTIFY">« Nous sommes en guerre », a déclamé sept fois Macron. Invisible, diffus, insaisissable l’ennemi combattu ? Qu’importe ! Car désigner un ennemi, a fortiori invisible, c’est faire taire tous les désaccords, au nom de l’union sacrée ! Si l’éducation populaire consiste à comprendre les systèmes à l’œuvre dans un événement, et à déjouer les effets de propagande en traquant les biais de pensée, il convient de s’alerter collectivement sur cet appel à l’union nationale : « Plus de place pour la division », ressassent les chroniqueurs. Mais rien n’est plus étranger à l’éducation populaire qu’une union sacrée renonçant à toute critique derrière un chef autoritaire ! Refuser cette injonction au consensus et à l’enrouement du débat rend alors nécessaire d’apporter notre voix à l’analyse de la situation…</p>

<p align="JUSTIFY">La seule guerre à laquelle nous assistons est celle que le capitalisme mène sur nos existences. Dans cette crise sanitaire, que peut-on attendre d’un pouvoir qui a si férocement et si continûment attaqué la protection sociale de sa population, démoli l’hôpital, les retraites, le chômage, la formation continue, qui a rivalisé de suppressions de fonctionnaires avec les autres candidats à la présidentielle (moi 200 000 ! Non… moi 500 000 ! ) ? Rien !</p>

<p align="JUSTIFY">Macron n’existe pas. La démolition de l’hôpital public a commencé avec Mitterrand et Bérégovoy dès le départ des ministres communistes en 1983, et s’est poursuivie avec les autres présidents. Macron lui-même n’a été fabriqué que pour prendre la suite des serviteurs du capital qui l’ont précédé à ce poste, et choisi pour sa capacité de nuisance… Car, privé de toute marge de manœuvre économique ou monétaire dans le cadre de l’UE, il n’a aucun autre pouvoir que celui de nous nuire. En s’affichant sans honte dans un hôpital saturé pour combattre les effets d’une situation dont il a fabriqué les causes, lui qui a supprimé plus de 4 000 lits d’hôpitaux sur la seule année 2018 et a charcuté plusieurs centaines de millions d’euros de moyens alloués aux personnels médicaux… Macron ne saurait nous rendre dupes : il n’est pas, et ne sera jamais, notre sauveur. Fidèle à son programme électoral exigé par le Medef, il se saisira de cette crise sanitaire pour renforcer la dévastatrice emprise du capitalisme sur nos existences. À l’heure où beaucoup se remettent à lire <a href="https://www.youtube.com/watch?v=4a5gyL7aHW8">La stratégie du choc de Naomi Klein</a> (3)<a href="#sdfootnote3sym" name="sdfootnote3anc"/> et font l’expérience en grandeur nature d’un capitalisme qui déploie sa nuisance par crises successives, on peut s’attendre – « crise » et « union nationale » obligent – à une démolition accélérée du droit du travail, à une politique accrue d’austérité et de réduction des dépenses publiques.</p>

<p align="JUSTIFY">Interrogé sur France Inter sur le fait de savoir si cette épidémie le ferait revenir sur sa proposition de 500 000 suppressions de postes de fonctionnaires, Bruno Retailleau (qui bien que dans l’opposition parlementaire n’a d’opposition à la politique du gouvernement que l’apparence) affirme sans sourciller qu’il ne sera pas question de ralentir les réformes ! Ces gens-là ne tireront aucune leçon. Au contraire. Cette crise sera pour eux l’opportunité d’une accélération des destructions, notamment celle des services publics. Noam Chomsky nous a prévenu·e·s : « Comment détruire un service public ? Commencez par baisser son financement. Il ne fonctionnera plus. Les gens s’énerveront, ils voudront autre chose. C’est la technique de base pour privatiser un service public »… et seule une insurrection ou une grève générale les arrêtera.</p>

<p align="JUSTIFY">Car avec le COVID-19, c’est la guerre des classes qui va se durcir par un enchaînement trop prévisible pour ne pas être annoncé : crise sanitaire, crise économique, crise financière et, en bout de course, crise sociale ! Quand le COVID-19 aura mis sur le carreau un ou deux millions de chômeur·se·s supplémentaires, on pourra compter sur ce gouvernement, qui a déjà fait la démonstration de son amour de la protection sociale, pour nous concocter quelques exonérations de cotisations, dégrèvements, allègements fiscaux supplémentaires pour les patrons, bonus records pour les traders les plus malins, dont le job n’est pas de financer l’économie mais de jouer à la baisse ou à la hausse les fluctuations de l’économie… Pour eux, cette crise est un cadeau, qui comme, toutes les crises financières avant elle, ne sera rien d’autre qu’une banale crise cyclique de la surproduction qui permet au capital de se concentrer encore un peu plus en liquidant les maillons faibles des petites entreprises et en écrabouillant les travailleurs sous l’œil docile des lanceurs de LBD et des médias. Le capitalisme est le seul mode de production dans lequel les crises prennent la forme d’une surproduction (<a href="https://wikirouge.net/Crise_de_surproduction">https://wikirouge.net/Crise_de_surproduction</a>).</p>

<p align="JUSTIFY"><strong>2 – Le test sécuritaire</strong></p>

<p align="JUSTIFY">16 mars (jour de l’annonce du confinement) : dans le département des Côtes d’Armor, 1 cas détecté (sur une population de 600 000 habitants). Le préfet fait survoler les plages par des hélicoptères de la gendarmerie.</p>

<p align="JUSTIFY">Si des mesures de prudence et confinement dans le cas d’une épidémie sont un choix compréhensible, encore peut-on s’interroger sur les différentes modalités possibles d’un tel confinement : total ou régional, par tranche d’âge, avec ou sans possibilité de s’aérer, etc. À l’exception d’un accident nucléaire majeur, ou d’un virus que l’on contracterait par simple respiration dans l’air, aucune crise sanitaire ne peut justifier l’interdiction de promenades solitaires en forêt, sur des plages, dans les rues… Aucune crise sanitaire ne peut justifier que l’on désigne les citoyen·ne·s comme des coupables en puissance (lorsqu’Édouard Philippe annonce que le gouvernement prend des mesures de confinement drastiques car les citoyens ne sont pas suffisamment dociles, il transforme tout un chacun en délinquant). Aucune crise sanitaire ne peut justifier une politique hyper répressive incluant le survol d’une plage par des hélicoptères, l’interdiction de sortir plus de 20 minutes de chez soi, de s’éloigner de plus de 1km. Aucune crise sanitaire ne peut justifier que l’on ferme les parcs et les jardins publics. Aucune crise sanitaire ne peut justifier que l’on punisse des citoyen·ne·s d’amendes lourdes (jusqu’à 3 500 €) et de prison (six mois) en cas de promenades solitaires. N’importe quel gouvernement soucieux du bien-être de la protection de sa population en cas de crise sanitaire devrait au contraire prendre acte des difficultés personnelles, familiales, psychologiques, sociales considérables qu’entraîne un confinement, et le rendre supportable en invitant largement la population à s’aérer et à sortir se promener, à condition de respecter les mêmes règles de gestes barrières qui sont demandées pour le travail qui, lui, non seulement n’est pas solitaire, non seulement est autorisé, mais est rendu obligatoire sur rappel du Medef.</p>

<p align="JUSTIFY">Au risque du sentiment d’une humiliation collective, aucune population ne peut comprendre qu’elle soit obligée d’utiliser les transports en commun pour aller travailler, à condition de respecter une distance d’un mètre, mais qu’elle risque la prison si elle va se promener sur une plage, en ne nuisant à personne, en ne mettant personne en danger dans la mesure où elle respecte les mêmes règles que celles imposées dans l’utilisation des transports en commun.</p>

<p align="JUSTIFY">Avec Emmanuel Todd, nous rappelons que « faute d’avoir prise sur l’Histoire, les gouvernants français sont passés « en mode aztèque ». Ils se vengent de leur impuissance au niveau international en martyrisant leurs concitoyens… ». Et ils peuvent compter pour cela sur le zèle d’une police inféodée qui s’empressera de matraquer les promeneurs isolés à coups d’amendes à 135 euros pour leur apprendre à obéir. Nous savons depuis un an de gilets jaunes que nous ne pouvons plus attendre aucune protection de la police. Que, comme dans toutes les périodes de crise, comme en 1940, elle choisit de servir le gouvernement, et non plus le droit. Et cela risque bien de se renforcer… Comme l’écrit Raphaël Kempf, avocat pénaliste, « <a href="https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/03/24/raphael-kempf-il-faut-denoncer-l-etat-d-urgence-sanitaire-pour-ce-qu-il-est-une-loi-scelerate_6034279_3232.html">il faut dénoncer l’état d’urgence sanitaire pour ce qu’il est : une loi scélérate</a> » ! Adopté à marche forcée pour une période soi-disant circonscrite, cet état d’urgence vise des objectifs à plus long terme : celui de violer les libertés élémentaires de tou·te·s, celui de donner à la police des pouvoirs illimités, celui de venir enterrer définitivement l’État de droit.</p>

<p align="JUSTIFY">La constitution de la 5e République avait bricolé un régime présidentiel sur mesure pour un général dans une situation de guerre en Algérie. Elle transformait le Parlement en une chambre d’enregistrement, à l’image des 308 pantins recrutés à la hâte sur entretien au printemps 2017 pour servir de paillasson au Medef. Entre les mains des Hollande, Sarkozy, Chirac ou Macron, cette 5e République est entre les mains de voyous caractériels et doit être abandonnée. Macron n’hésitera pas à se réfugier derrière le COVID-19 pour utiliser les pleins pouvoirs de l’article 16 et faire interdire la presse, les réseaux sociaux, et ce qu’il appelle déjà les fake news et les incitations à la haine. Sa position est une position de haine de classe, et son gouvernement suinte la haine de classe. L’intérêt des ateliers constituants qui se multiplient partout en France est de nous préparer à écrire nous-mêmes la constitution dont nous aurons besoin quand nous aurons chassé ce pouvoir.</p>

<p align="JUSTIFY">Cette guerre de classes, cette guerre au peuple, cette guerre aux pauvres, est lisible au niveau spatial, géographique. Dès les premiers jours, les médias ont évoqué le manque de « civisme » des habitant·e·s des quartiers populaires, épinglé.e.s pour leur inconscience face à la propagation et leur refus des contrôles : ainsi, le 19 mars, BFMTV dénonce des « violences urbaines malgré le confinement », des « rébellions et crachats sur des policiers » et même « des regroupements sur les toits d’immeuble » pour y faire des barbecues (jusqu’à quelle extrémité peuvent aller ces petits voyous de banlieue !). Depuis, des témoignages attestent d’interpellations policières violentes dans ces mêmes quartiers. Comme celle de Sofiane, 21 ans, habitant des Ulis (Essonne), qui, le 24 mars, a eu le grand tort de vouloir sortir de chez lui pour aller travailler (il est livreur pour Amazon !) : il a été rossé par les agents de la BAC pour avoir essayé d’échapper à leur contrôle (il n’avait pas son attestation de déplacement dérogatoire sur lui). Imagine-t-on les mêmes scènes à Neuilly ou à Passy ? Et, comme ce fut le cas pour les gilets jaunes, ces violences policières sont encore largement sous-médiatisées.</p>

<p align="JUSTIFY"><strong>3 – Des médias au garde-à-vous</strong></p>

<p align="JUSTIFY">En dehors des aspects proprement médicaux de la situation sur lesquels nous ne sommes pas compétent·e·s (nous ne sommes pas microbiologistes et il y a déjà suffisamment de vidéos sur le coronavirus, d’interviews et d’exposés de tous bords, de tous scientifiques pour ne pas inonder davantage le débat), il nous revient en revanche d’interroger les aspects politiques et en soumettre les contradictions à notre intelligence collective. Compter sur nous-mêmes en somme et sur notre intelligence critique que nous nie l’intégralité (ou presque) des médias, docilement regroupés autour du pouvoir exécutif.</p>

<p align="JUSTIFY">Le nombre de morts égrené chaque jour dans nos médias est profondément anxiogène. Le traitement médiatique de la situation nous rend inévitablement vulnérables et les conséquences sur nos citoyennetés sont dramatiques. On ne compte plus les exemples de personnes se faisant apostropher pour être sorties acheter du pain (franchement, a-t-on vraiment besoin de pain frais quotidien en cette période de catastrophe mondiale ?) ou pour avoir rendu visite à un proche. Tout le monde est en train de devenir le flic des autres. L’ambiance est à la dénonciation et aux milices de volontaires qui vont bientôt patrouiller dans les rues. Surtout si ces chiffres ne sont pas expliqués et qu’ils n’ont pour seule fonction que de créer un traumatisme sur fond de méfiance circulaire et nourrie de tous bords.</p>

<p align="JUSTIFY">Expliquer les chiffres, cela voudrait dire les contextualiser, les mettre en perspectives (historiques notamment), les comparer à d’autres… Un exemple : sans vouloir minimiser l’épidémie, il est intéressant de savoir que le nombre de morts faits par le COVID-19 en quatre mois (environ 30 000) est à peu près identique au nombre de personnes qui meurent de faim chaque jour. Ou que le paludisme cause encore plus de 450 000 décès chaque année. Sans qu’on ne s’alarme, dans ces deux cas, des mesures à mettre en place pour éviter pareilles hécatombes. Et que dire de cette information en boucle sur les Ehpad qui se confinent avec le personnel ? Il y a en France 610 000 décès chaque année (une personne toute les 50 secondes) dont 25 % en Ehpad. Les décès au sein des Ehpad représentent donc plus de 150 000 morts par an. Nous parler des décès en Ehpad, c’est nous les présenter comme un problème injuste et terrifiant. On se demande alors ce qu’est la représentation d’un Ehpad pour un chroniqueur de TF1 : une colonie de vacances ? Une thalassothérapie ? Ou un de ces mouroirs sans personnel vendu au privé, qu’on intègre de façon définitive mais dans lequel on vous garantit un placement à 11 % si vous achetez une chambre pour la louer aux résidents ? Pour rappel (car c’est aussi cela mettre les chiffres en perspectives), la moyenne d’âge des morts du coronavirus en France est de 81,2 ans ! Et si la mort du musicien Manu Dibango a suscité beaucoup d’émoi, précisons tout de même qu’il avait… 86 ans.</p>

<p align="JUSTIFY">La télé gouvernementale nous montre en boucle l’hôpital de Mulhouse saturé, l’armée qui évacue des malades en avion vers Toulon. Les tentes de médecine de guerre… terrible ! Mais elle se garde bien de questionner les odieux petits soldats des ARS (Agences régionales de santé) qui ont vidé l’hôpital de tous ses moyens, de tous ses personnels, qui ont mis cent directeurs en démission administrative il y a deux mois, et qui font fonctionner le matériel hospitalier en flux tendus .. Traduirons-nous un jour les ARS devant les tribunaux pour mise en danger délibérée à grande échelle de la vie d’autrui ?</p>

<p align="JUSTIFY">Et c’est probablement à la lecture des médias de gauche ou d’extrême gauche qu’on mesure la puissance de cette manipulation à grande échelle. C’est cela une union nationale : faire taire notre capacité critique, adhérer à l’autorité du pouvoir. La chaîne Youtube « Osons causer » qui, jusqu’à peu décryptait les différentes faces des politiques macronistes, est désormais réduite à répercuter les ordres gouvernementaux : « Restez chez vous ! ». Si nous voulons prendre des leçons de civisme, nous n’avons pas besoin d’ « Osons causer », nous avons déjà TF1 pour traiter quelques doux promeneurs de « délinquants des parcs ». Le philosophe Vladimir Jankelevitch écrivait : « Je serai toujours le gardien de tes droits et jamais le flic de tes devoirs ». Si « Osons causer » renonce à sa mission d’éducation populaire, la preuve est apportée que le test en grandeur nature de soumission des médias (y compris ceux censés critiquer l’ordre de la domination) fonctionne !</p>

<p align="JUSTIFY">S’il est si dur pour des médias, quels qu’ils soient, d’échapper à ces logiques manipulatrices, s’ils épousent si facilement la logique du pouvoir, c’est que les conditions de fabrication de l’information les ont déjà rendus structurellement perméables à cette logique.</p>

<p align="JUSTIFY">Et déjà, la place prise par les chaînes d’info en continu, avec sa conséquence : la course à l’information en « temps réel ». Temps réel ? Allons bon… Cela supposerait qu’existe un temps « irréel » ? Ne serait-ce pas justement ce temps qu’on nous vend pour du « réel » qui, en évacuant l’histoire et les processus d’émergence des phénomènes, constitue l’« irréel », un temps qui n’a pas de sens ? Dans ce monde-là, il faut occuper l’antenne et meubler les flux en permanence. Donc trouver du nouveau au fil des jours, au fil des heures… Heureusement, ce qu’il y a de nouveau, presque en permanence, ce sont les chiffres. Alors… bingo sur ces chiffres qui montent, qui viennent s’aligner de manière vertigineuse sur les écrans ! Chaque jour apporte son lot de « nouveau record », de « chiffre jamais atteint »… Puisqu’il s’agit d’une « pandémie » en plein essor, la probabilité que le nombre de nouveaux cas détectés ou de nouveaux décès à l’hôpital en 24 heures soit inférieur à celui de la veille est sans doute inférieure à 1 %, non ? Donc balancer cette info, ce n’est pas vraiment un scoop, on est d’accord ? Il y a d’ailleurs fort à parier que le journaliste qui l’a annoncée en martelant chaque mot sur un ton affolé, quand il rentre chez lui et retrouve son conjoint, il ne lui dit pas : « Tu sais, c’est incroyable : le chiffre a encore progressé ! ». Oui : il est probable que, dans sa vie privée, il reste quelqu’un d’à peu près censé. Mais quand il passe à l’antenne, il devient cet imbécile qui nous fait prendre des vessies pour des lanternes.</p>

<p align="JUSTIFY">C’est que, sur les ondes, il faut sacrifier aux rites de la dramatisation. Pour « vendre » et faire du « buzz », il faut maintenir le « suspense », « feuilletonner » l’information, avec, si possible, un bon « casting » et de « bons clients ». Autant de termes venus des mondes de la fiction et du commerce et qui se sont progressivement imposés dans les rédactions. C’est ainsi que se construit et se reconstruit le thème de la « vague » épidémique qui va déferler (sans qu’on ne sache jamais pourquoi le « pic » est attendu à tel moment). Avec sa conséquence inéluctable, en gros titre à la « une » de l’Est Républicain du 23 mars : « Vers un inévitable durcissement du confinement » (quatre semaines plus tôt, de nombreux médias titraient sur le « recours inévitable au 49.3 » à propos de la réforme des retraites !). Prophétie auto-réalisatrice dans laquelle les médias oublient – ou feignent d’oublier – le rôle qu’ils jouent eux-mêmes.</p>

<p align="JUSTIFY">Autre facteur structurant : la place prise dans les médias par un ballet d’experts où se succèdent hypothèses hâtives et contradictoires (sur les tests, le port de masques, l’efficacité du traitement par la chloroquine…), sans que les faux pronostics ne soient ensuite rectifiés et sans que l’on précise que « médecin » n’est pas un titre suffisant pour se qualifier d’expert en matière de COVID-19. Mais avec cette certitude auto-proclamée : les fake news, c’est l’affaire des réseaux sociaux ; l’information sérieuse et vérifiée, celle des médias main stream.</p>

<p align="JUSTIFY"><strong>4 – La gouvernance « scientifique »</strong></p>

<p align="JUSTIFY">Dans un monde où les demandes de financement de la recherche publique sur les coronavirus sont restées lettre morte, où les multinationales de la pharmacie ont plus de pouvoirs que les États et où le vaccin de ce coronavirus engrangera des milliards de profits, qu’est-ce qu’un expert ? Qui sont les « scientifiques » qui « conseillent » un gouvernement entièrement dévoué aux multinationales ? (voir Monsanto-Macron, et les milliers de cancers liés au Roundup). Y aura-t-il des conflits d’intérêts ? Jupiter met ses pas dans ceux d’un « conseil scientifique », créé le 10 mars et invité à infléchir voire à dicter les décisions. Cette délégation de pouvoir à l’expertise « scientifique » présente de multiples dangers. Elle éteint toute contestation au nom de l’intérêt supérieur : elle gomme ce que nous, gesticulant·e·s et formateur·trice·s, militant·e·s de l’éducation populaire, avons appris et ne cessons de marteler : tout point de vue est nécessairement « situé », on ne parle toujours que de « quelque part », et avec une intention. Mais non : les experts, eux, échappent à cette condition humaine puisqu’ils parlent de nulle part et sans jamais aucune intention autre que de nous transmettre la vérité.</p>

<p align="JUSTIFY">C’est dire à quel point cette délégation va faciliter le passage à une société de contrainte…</p>

<p align="JUSTIFY"><strong>5 – Le COVID19, révélateur mais aussi accélérateur des inégalité</strong>s</p>

<p align="JUSTIFY">Isolement des plus vulnérables, exploitation des plus précaires, contamination des plus exposé.e.s, stigmatisation des classes populaires (car ce peuple que l’on doit confiner, c’est bien celui des classes populaires, celles qui pourraient désobéir, ces classes dangereuses…), entassement des plus pauvres dans des logements insalubres pendant que les bourgeois aisés des arrondissements parisiens fuient leur 200 m2 pour aller (exode sanitaire oblige !) se mettre au vert dans leur maison secondaire ou dans une villa louée pour l’occasion… cette crise sanitaire amplifie le développement des rapports de domination.</p>

<p align="JUSTIFY">Regardons du côté de la condition des femmes. Par leur position dans la société, les femmes représentent indéniablement une classe fragilisée par cette crise sanitaire et le confinement que celle-ci impose. La situation des femmes victimes de violences conjugales est alarmante. Les chiffres actuels montrent une augmentation de 32 % des cas depuis le début du confinement. Des situations où la présence permanente du mari violent rend les demandes d’aide et les moyens de protection extrêmement difficiles. 210 000 femmes sont violentées par leur mari chaque année en France. Le confinement porte donc ce chiffre à (au moins) 300 000. Belle réussite du confinement ! Toujours dans la sphère de l’intime, l’accès à l’avortement est fragilisé, notamment pour les adolescentes qui n’ont plus de prétexte pour sortir de chez elles.</p>

<p align="JUSTIFY">Et puisque, dans cette crise, c’est bien le monde du travail qui impose la marche à suivre, dans la sphère productive, l’exploitation des femmes se poursuit. Il y a les plus précaires, celles qui vivent sous le seuil de pauvreté, celles qui n’auront pas le choix d’accepter de travailler – quelles que soient les conditions sanitaires – pour pouvoir boucler la fin de mois. Il y a les femmes élevant seules leurs enfants, qui, faute d’école ou de nounou, subiront un chômage partiel qui les mettra à terre. À la fin de la crise, quelle sera la posture des banques envers ces femmes ?</p>

<p align="JUSTIFY">On le sait : parmi le travail dédié aux femmes, celui du soin. Le 12 mars dernier, Macron demandait au personnel hospitalier de « continuer à faire des sacrifices ». La division sexuelle du travail à l’œuvre dans notre société fait reposer ce « sacrifice » sur une large majorité de femmes : 90 % de femmes chez les aides-soignantes, 87 % de femmes chez les infirmières… Les postes prestigieux, eux, sont occupés par des hommes. Avec la pénurie de matériel de protection, entre l’aide-soignante et le chirurgien, qui aura le masque ?</p>

<p align="JUSTIFY">Le sacrifice se joue entre les classes sociales qui se côtoient à l’hôpital. Le sacrifice se joue entre les classes sociales tout court. Les femmes font partie des dominé·e·s, des exploité·e·s du système capitaliste, à qui l’on demande de continuer à faire marcher la machine économique à n’importe quel prix, et qui n’en obtiendront que du mépris (une prime de 1000 € ?) lorsque les puissants n’auront plus peur d’attraper la grippe.</p>

<p align="JUSTIFY"><strong>6 – Le COVID19, arme de guerre… contre l’école</strong></p>

<p align="JUSTIFY">La mise en place de l’école à distance est une aubaine pour qui s’acharne à détruire le service public. C’est une véritable expérimentation grandeur nature pour terminer la privatisation de l’école rêvée par l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) et mise en œuvre par les ministres successifs depuis Luc Ferry.</p>

<p align="JUSTIFY">Quoi de mieux que d’amener les enseignants à se penser comme des « facilitateurs pédagogiques » pour assurer la « continuité pédagogique » ? Le rêve ultime de l’idéologie libérale : l’enseignant·e est déchargé·e de toutes responsabilités éducatives, de tout désir de penser l’élève comme un être humain complet et complexe. L’enfant n’existe plus. Le sacro-saint programme construit autour des compétences n’a plus qu’à être digitalisé. Les enseignant·e·s deviennent des « intervenants à distance », pratiquant le « e-learning », surfant sur des plate-formes privées dont les contenus deviennent contrôlables et évaluables. Le contrôle : outil indispensable à la légitimité de la domination. Pour preuve ce mail envoyé ce jour, par une enseignante de maternelle, qui demande aux parents d’envoyer une photo de leur enfant en train de travailler : « Nous devons assurer la continuité pédagogique et l’inspection nous demande de vérifier qu’elle est bien mise en œuvre par les parents, sinon cela peut être considéré comme de l’absentéisme ». Pressions, contrôles et menaces… on y retrouve alors tous les ingrédients de la loi « pour la liberté de choisir son avenir professionnel », adoptée en 2018, qui permet d’imposer une « démarche qualité » à tous les organismes de formation. Calquée sur des procédures de rentabilité industrielle, la démarche qualité a réussi le tour de force de mettre tous les organismes de formation en concurrence, d’imposer un vocabulaire unique (celui de la langue de bois bien sûr), de récupérer tous les contenus pédagogiques, de dématérialiser au maximum en réduisant les liens humains au minimum. Une expérimentation grandeur nature de ce qui est déjà à l’œuvre dans l’éducation nationale !</p>

<p align="JUSTIFY">Alors on peut toujours penser que l’école par internet, c’est juste provisoire, que non cette loi n’est pas une étape intermédiaire pour finir de faire de l’école le réservoir de main d’œuvre du capital au détriment d’un lieu où penser la société de demain… si seulement cette expérimentation n’était pas déjà dans les tuyaux depuis plus de trente ans : baisse du nombre de fonctionnaires, privatisation de l’enseignement supérieur, décentralisation favorisant le lien avec le marché du travail local, emploi de directeurs devenus des managers, suppressions massives des postes éducatifs et de soins dans les établissements (psychologues scolaires, assistants sociaux, éducateurs, infirmiers…), mise en concurrence des établissements par l’attaque du statut d’enseignant (précarisation du métier, CDD, contractuel·le·s) et les enseignements de spécialités avec la loi Blanquer… Les bases sont posées, affirmées, assumées… Comment être naïfs au point de penser que cette période ne sera qu’une parenthèse ?</p>

<p align="JUSTIFY">Et le place des enf… des élèves pardon ! C’est simple : on remplace une heure de cours par une heure de travail personnel… La durée d’attention d’un élève en classe varie de 4 minutes en maternelle à 35 minutes par heure pour un adulte. Transformer alors une heure de cours en une heure de travail personnel, c’est multiplier l’exigence de productivité scolaire par deux au minimum pour les lycéens. De plus, cela ne tient pas compte de chaque élève. Là où l’enseignant·e va évaluer que, sur la classe d’âge concernée, le travail donné est faisable en une heure, la réalité sera que ce travail sera réalisé en 30 minutes par certains et en 1h30 par d’autres. Ajoutons à cela les conditions matérielles de chaque élève : chambre seule ou non, travail sur ordinateur ou sur smartphone, accès à une imprimante scanner ou pas, nombre de personnes dans la maison et en capacité d’aider scolairement ou pas… Sans oublier qu’actuellement, celles et ceux qui sont toujours au travail – et donc pas disponibles pour leurs enfants – sont les salarié·e·s les plus précaires : ouvrier·e·s, caissières, aides à domiciles …On voit bien à nouveau les réalités matérielles niées, on voit bien comment, au profit de la « continuité pédagogique », on enterre les enfants des classes populaires pour pouvoir applaudir les quelques autres à la fin du confinement… Bravo les enfants, vous voyez bien que c’était possible : quand on veut, on peut !</p>

<p align="JUSTIFY">Les ultra-libéraux de l’Union européenne et de l’OCDE l’ont rêvé, le COVID-19 l’a fait : la dématérialisation complète et totale de l’éducation nationale. Les requins de l’ordre capitaliste lorgnent sur ce ce marché éducatif mondial à conquérir (estimé à 20 000 milliards de dollars, dont 7 000 milliards d’euros pour l’Europe). Le fruit est mûr pour privatiser le système éducatif… Il ne restera plus qu’à Hachette édition (propriété du groupe Lagardère) à nous vendre par millions les logiciels que cet enseignement à distance, assuré par des « uber-profs », nécessitera. Et que feront les parents ? Dans le marasme de l’offre proposée, dans ce climat de compétition acharnée, les familles paieront bien sûr, enfin celles qui le pourront ! Pour le plus grand bonheur de la Bourse. L’OCDE l’a dit : les perspectives de profit pour les investisseurs institutionnels sur le marché éducatif mondial sont de 1 à 7 quand elles ne sont que de 1 à 2 sur le marché de la construction automobile.</p>

<p align="JUSTIFY">Et lorsqu’il faudra, une fois la mission éducative de l’éducation nationale piétinée, se charger de transmettre quelques « savoir-être » et « compétences relationnelles » aux enfants et adolescents, le marché du développement personnel viendra nous vendre sa came à grands coups de conférences, de cours de coaching et de slogans plus creux les uns que les autres : « Sois le monde que tu veux voir », « La confiance en soi est le premier secret du succès », etc. Comme l’a si bien montré Eva Illouz dans son livre Happycratie, le développement personnel est non seulement un marché juteux, mais surtout l’ami protecteur des dominants puisqu’il contribue à invisibiliser les rapports sociaux de domination (classe, race, genre) au profit d’un seul discours : « Tu as les ressources en toi pour t’en sortir », et autres outils de culpabilisation individuelle. Théorisée aux Etats-Unis, la « psychologie positive » est la condition de la domination capitaliste dans les entreprises et sur nos vies.</p>

<p align="JUSTIFY"><strong>7 – COVID19 et droit du travail</strong></p>

<p align="JUSTIFY">Pendant qu’on nous invite à nous laver inlassablement les mains, le patronat, lui, se les frotte ! Emmanuel Macron est définitivement l’ami des grands patrons. Et voilà la loi d’urgence face à l’épidémie qui autorise le gouvernement à agir par ordonnances. Le texte 52 de ces dernières permet à l’employeur d’imposer une durée de travail hebdomadaire portée à 60 heures, le travail le dimanche, des dates imposées de congés payés…</p>

<p align="JUSTIFY">Il est intéressant de comparer les intitulés de ces ordonnances. Ici : « Ordonnance portant mesures d’urgence en matière de congés payés, de durée du travail et de jours de repos » ; et là : « Ordonnance adaptant temporairement les conditions et modalités d’attribution de l’indemnité complémentaire » . Il n’est sans doute pas anodin de voir que, dans la seconde, apparaît le terme « temporairement », indication à laquelle Muriel Pénicaud s’est formellement opposée lorsqu’un amendement proposa de le faire figurer dans l’ordonnance « congés payés et autres… ». De là à penser que ces dérogations au code du travail soient destinées à perdurer…. Relance de l’économie oblige : 60 heures par semaine, réduction du repos quotidien de onze à neuf heures, soit quinze heures de travail-transport chaque jour ne font que nous renvoyer aux conditions de 1841, date de la première loi sur le travail. Cet « effort » qui va être imposé au monde du travail ne sera pas imposé à toutes les catégories sociales. Un amendement visant à relever le montant de la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus, faisant passer son taux de 3 % à 5 % des revenus supérieurs à 250 000 euros par an, a été sèchement rejeté.</p>

<p align="JUSTIFY">Dans un tweet du 24 mars, Bruno Le Maire demande aux entreprises, notamment les plus grandes, « de faire preuve de la plus grande modération sur le versement de dividendes. C’est un moment où tout l’argent doit être employé pour faire tourner les entreprises ». Une simple demande donc, pas d’ordonnance ici pour contraindre le capital à participer à l’effort collectif alors même que les entreprises européennes s’apprêtent à verser 359 milliards d’euros à leurs actionnaires au titre des dividendes de l’année 2019. Pourtant, malgré ces chiffres exorbitants, l’État, pour pallier à la suspension partielle de l’économie, va soutenir ces mêmes entreprises en prenant en charge une partie des salaires, à travers les mesures de chômage partiel, ainsi qu’en suspendant les obligations fiscales et sociales de ces mêmes entreprises.</p>

<p align="JUSTIFY">Au final, c’est bien aux travailleur·se·s que Macron s’en prend à nouveau pour « soutenir l’économie » en s’attaquant, non pas aux dettes sous lesquelles croulent les entreprises et dont il pourrait déclarer un moratoire, mais… aux cotisations sociales et aux impôts qu’elles versent, et au droit du travail.</p>

<p align="JUSTIFY">Voulons-nous que la « guerre » menée par une classe dirigeante qui a montré son impréparation absolue à faire face à la pandémie – parce qu’elle a organisé le démembrement des services publics et de la production en France de biens de première nécessité – soit à nouveau l’occasion d’une union sacrée pour « sauver l’économie » en s’attaquant aux travailleur·se·s et en soutenant les prêteurs capitalistes, comme cela s’est fait en 2007 avec les beaux résultats que l’on sait ? Nous faisons depuis plus de dix ans l’expérience amère de la potion capitaliste que Macron veut à nouveau nous faire avaler alors que c’est elle qui nous a conduits à une impasse dont il prétend nous faire sortir en en rajoutant une louche. C’est assez !</p>

<p align="JUSTIFY">Nous n’allons pas nous faire avoir à nouveau. Nous savons que nous ne pouvons attendre que le pire des « mobilisations générales » et de « l’union nationale » dans lesquelles nous enrôle la classe dirigeante sans nous demander notre avis, pour nous faire taire. Seule une mobilisation venue d’en-bas sera efficace contre le retour régulier de pandémies liées à une excessive division internationale du travail et à un rapport de plus en plus mortifère au vivant et à la nature dans la folle organisation capitaliste de la production.</p>

<p align="JUSTIFY">La médiocrité de la réponse à la pandémie fait prendre conscience de l’absurdité de faire dépendre notre production de groupes capitalistes indifférents au maintien d’un tissu productif équilibré sur un territoire, qu’il soit régional ou national : les exemples d’entreprises neuves fermées alors qu’elles produisent des masques ou des bouteilles d’oxygène ont fait le tour des réseaux sociaux. Les travailleur·se·s (pas l’État !) doivent devenir propriétaires de tout outil de production de biens communs, les actionnaires doivent être évincés sans indemnisation, et les prêteurs non remboursés.</p>

<p align="JUSTIFY">Autre prise de conscience : les ressources des personnes ne doivent pas dépendre de l’aléa de leur activité. Le confinement laisse nus tous les indépendants et génère un chômage partiel plein de trous qui vont notablement réduire les ressources d’employés du privé ou de contractuels de l’État. Alors que les fonctionnaires, eux, conservent leur salaire, qui est lié à leur grade et non à leur emploi. Seul le salaire lié à la personne (celui des fonctionnaires, celui des salariés à statut, celui des retraités… bref celui qu’attaquent avec détermination tous les gouvernements de l’Union européenne) nous permet de sortir de la forme capitaliste de la rémunération, qui la lie à la mesure d’activités aléatoires avec le filet de sécurité d’un revenu de base. Nos personnes doivent être libérées de cet aléa et reconnues, de 18 ans à la mort, par un salaire posé comme un droit politique et qu’il serait raisonnable d’inscrire dans une fourchette de 1 à 3. Chacun·e, à sa majorité, quels que soient son passé scolaire et son handicap, est doté·e du premier niveau de qualification, et donc des 1700 euros nets du Smic revendiqué, et peut, par des épreuves de qualification, progresser jusqu’à un salaire plafond de 5000 euros nets : au-delà, les rémunérations n’ont aucun sens. Droit politique de tout adulte vivant sur le territoire national, le salaire peut stagner, mais jamais diminuer ou être supprimé.</p>

<p align="JUSTIFY">La propriété de tout l’outil par les travailleur·se·s et le salaire lié à la personne supposent une forte socialisation du PIB. Déjà, plus de la moitié est socialisée dans les impôts et cotisations sociales. Il faut aller encore plus loin. La valeur ajoutée des entreprises doit être affectée non plus à des rémunérations directes et à du profit, mais à des caisses gérées par les travailleur·se·s comme l’a été le régime général de 1947 à 1967. Elles verseront les salaires et subventionneront l’investissement, y compris par création monétaire. Alors nous pourrons libérer du capital nos vies et notre pays.</p>

<p align="JUSTIFY">La survenue de l’épidémie de coronavirus a mis en évidence l’état de délabrement de l’hôpital public après quarante années de politiques libérales qui lui ont été imposées. Hasard du calendrier, cette épidémie a conduit le gouvernement à suspendre son projet de réforme des retraites. Maladie, vieillesse : deux branches de la sécurité sociale réunies par les événements.</p>

<p align="JUSTIFY">Comme Ambroise Croizat et ses co-détenus au bagne de « Maison carrée » à Alger préparèrent un plan complet de sécurité sociale, mettrons-nous à profit cette période pour réfléchir aux revendications à porter dès la fin de la période de confinement ? Parmi celles-ci, une reconstruction de la sécurité sociale dans ses structures révolutionnaires de 1946, en revenant non seulement sur les exonérations de cotisations patronales, mais en revendiquant leur augmentation. Car c’est bien l’augmentation de ces cotisations qui permit à la sécurité sociale de subventionner la mise en place des Centres hospitaliers universitaires (CHU) au début de années 1960, transformant des mouroirs en usines de santé. Des plans de nationalisation de l’industrie pharmaceutique et de la recherche scientifique seraient également des revendications incontournables. Profiter de cette épidémie pour obtenir la reconquête de droits précédemment conquis représenterait en quelque sorte un renversement de la « stratégie du choc ».</p>

<h6><a href="#sdfootnote2anc" name="sdfootnote2sym">2</a> Emmanuel Todd : La lutte des classes en France au 21e siècle. Ed Seuil</h6>
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<p align="JUSTIFY"><strong>COVID-19, l’ami des dominants : un texte écrit par <a href="http://www.ardeur.net/nos-coordonnees/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">l’équipe de L’ardeur</a>, association d’éducation populaire politique</strong></p>
<p align="JUSTIFY">Pour ce gouvernement anti-populaire, engagé dans une politique de destruction de la protection sociale et de répression policière des colères, des mobilisations et des insurrections qui en découlent, le COVID-19 permet de réaliser plusieurs tests en grandeur nature :</p>
<p align="JUSTIFY">– Test de contrôle de la population (répression, prison, hélicoptères, drones, communications).</p>
<p align="JUSTIFY">– Test d’obéissance de la police dans ce contrôle des populations.</p>
<p align="JUSTIFY">– Test de privatisation-dislocation de l’éducation nationale transférée en e-learning.</p>
<p align="JUSTIFY">– Test d’avancement de la vidéo-médecine à distance.</p>
<p align="JUSTIFY">– Test de soumission des médias, de la population et des gauches (union nationale oblige).</p>
<p align="JUSTIFY">– Test de démolition avancée du droit du travail.</p>
<p align="JUSTIFY"><strong>1 – Le contexte</strong></p>
<p align="JUSTIFY">Depuis les années 1980, l’effacement de l’hypothèse communiste (1) laisse le capitalisme en roue libre et l’humanité livrée aux inégalités monstrueuses qui l’accompagnent. Or les profits ne se réalisent plus sur la fabrication et la vente de marchandises qui sont en surproduction (les voitures de 2018 ne sont toujours pas écoulées) mais sur la financiarisation-casino de l’économie et les réductions de dépenses publiques dans le cadre de politiques d’austérité. Si le capitalisme européen s’est assuré tout un temps de l’ordre social en échange de politiques de protection sociale, il s’aligne (dès 1983 en France) sur le capitalisme américain et s’engage dans la voie d’une privatisation-marchandisation de la société et d’une destruction des services publics. Ces dernières se réalisent dès Maastricht, puis dans l’imposition de la « Constitution » de l’Union Européenne et de sa monnaie unique interdisant aux États d’agir sur la protection sociale par des dépenses publiques, lesquelles sont désormais soumises à l’impératif de non-inflation, d’interdiction des augmentations de salaires pour maintenir le taux de profit des dominants, propriétaires d’entreprises ou traders. Mais réduire la protection sociale, réduire et supprimer les allocations chômage, démanteler les soins de santé, démolir la recherche, supprimer des postes à l’éducation nationale, vendre les barrages et les aéroports, baisser puis écraser les retraites… tout cela génère des mouvements de population insurrectionnels et incontrôlables (les gilets jaunes en sont un exemple) qui supposent que l’État se prépare à la guerre sociale en armant son dispositif policier vers le contrôle des mouvements insurrectionnels. Après les LBD, voici les drones et le suivi des smartphones. Dans son dernier ouvrage « <a href="http://www.seuil.com/ouvrage/les-luttes-de-classes-en-france-au-xxie-siecle-emmanuel-todd/9782021426823http://www.seuil.com/ouvrage/les-luttes-de-classes-en-france-au-xxie-siecle-emmanuel-todd/9782021426823">La lutte des classes au 21e siècle »</a> (2), Emmanuel Todd évoque la dérive fascistoïde du gouvernement Macron. Nous y sommes !</p>
<p align="JUSTIFY"><strong>L’union nationale : vous avez aimé « Je suis Charlie » ? Vous allez adorer COVID-19 !</strong></p>
<p align="JUSTIFY">« Nous sommes en guerre », a déclamé sept fois Macron. Invisible, diffus, insaisissable l’ennemi combattu ? Qu’importe ! Car désigner un ennemi, a fortiori invisible, c’est faire taire tous les désaccords, au nom de l’union sacrée ! Si l’éducation populaire consiste à comprendre les systèmes à l’œuvre dans un événement, et à déjouer les effets de propagande en traquant les biais de pensée, il convient de s’alerter collectivement sur cet appel à l’union nationale : « Plus de place pour la division », ressassent les chroniqueurs. Mais rien n’est plus étranger à l’éducation populaire qu’une union sacrée renonçant à toute critique derrière un chef autoritaire ! Refuser cette injonction au consensus et à l’enrouement du débat rend alors nécessaire d’apporter notre voix à l’analyse de la situation…</p>
<p align="JUSTIFY">La seule guerre à laquelle nous assistons est celle que le capitalisme mène sur nos existences. Dans cette crise sanitaire, que peut-on attendre d’un pouvoir qui a si férocement et si continûment attaqué la protection sociale de sa population, démoli l’hôpital, les retraites, le chômage, la formation continue, qui a rivalisé de suppressions de fonctionnaires avec les autres candidats à la présidentielle (moi 200 000 ! Non… moi 500 000 ! ) ? Rien !</p>
<p align="JUSTIFY">Macron n’existe pas. La démolition de l’hôpital public a commencé avec Mitterrand et Bérégovoy dès le départ des ministres communistes en 1983, et s’est poursuivie avec les autres présidents. Macron lui-même n’a été fabriqué que pour prendre la suite des serviteurs du capital qui l’ont précédé à ce poste, et choisi pour sa capacité de nuisance… Car, privé de toute marge de manœuvre économique ou monétaire dans le cadre de l’UE, il n’a aucun autre pouvoir que celui de nous nuire. En s’affichant sans honte dans un hôpital saturé pour combattre les effets d’une situation dont il a fabriqué les causes, lui qui a supprimé plus de 4 000 lits d’hôpitaux sur la seule année 2018 et a charcuté plusieurs centaines de millions d’euros de moyens alloués aux personnels médicaux… Macron ne saurait nous rendre dupes : il n’est pas, et ne sera jamais, notre sauveur. Fidèle à son programme électoral exigé par le Medef, il se saisira de cette crise sanitaire pour renforcer la dévastatrice emprise du capitalisme sur nos existences. À l’heure où beaucoup se remettent à lire <a href="https://www.youtube.com/watch?v=4a5gyL7aHW8">La stratégie du choc de Naomi Klein</a> (3)<a href="#sdfootnote3sym" name="sdfootnote3anc"/> et font l’expérience en grandeur nature d’un capitalisme qui déploie sa nuisance par crises successives, on peut s’attendre – « crise » et « union nationale » obligent – à une démolition accélérée du droit du travail, à une politique accrue d’austérité et de réduction des dépenses publiques.</p>
<p align="JUSTIFY">Interrogé sur France Inter sur le fait de savoir si cette épidémie le ferait revenir sur sa proposition de 500 000 suppressions de postes de fonctionnaires, Bruno Retailleau (qui bien que dans l’opposition parlementaire n’a d’opposition à la politique du gouvernement que l’apparence) affirme sans sourciller qu’il ne sera pas question de ralentir les réformes ! Ces gens-là ne tireront aucune leçon. Au contraire. Cette crise sera pour eux l’opportunité d’une accélération des destructions, notamment celle des services publics. Noam Chomsky nous a prévenu·e·s : « Comment détruire un service public ? Commencez par baisser son financement. Il ne fonctionnera plus. Les gens s’énerveront, ils voudront autre chose. C’est la technique de base pour privatiser un service public »… et seule une insurrection ou une grève générale les arrêtera.</p>
<p align="JUSTIFY">Car avec le COVID-19, c’est la guerre des classes qui va se durcir par un enchaînement trop prévisible pour ne pas être annoncé : crise sanitaire, crise économique, crise financière et, en bout de course, crise sociale ! Quand le COVID-19 aura mis sur le carreau un ou deux millions de chômeur·se·s supplémentaires, on pourra compter sur ce gouvernement, qui a déjà fait la démonstration de son amour de la protection sociale, pour nous concocter quelques exonérations de cotisations, dégrèvements, allègements fiscaux supplémentaires pour les patrons, bonus records pour les traders les plus malins, dont le job n’est pas de financer l’économie mais de jouer à la baisse ou à la hausse les fluctuations de l’économie… Pour eux, cette crise est un cadeau, qui comme, toutes les crises financières avant elle, ne sera rien d’autre qu’une banale crise cyclique de la surproduction qui permet au capital de se concentrer encore un peu plus en liquidant les maillons faibles des petites entreprises et en écrabouillant les travailleurs sous l’œil docile des lanceurs de LBD et des médias. Le capitalisme est le seul mode de production dans lequel les crises prennent la forme d’une surproduction (<a href="https://wikirouge.net/Crise_de_surproduction">https://wikirouge.net/Crise_de_surproduction</a>).</p>
<p align="JUSTIFY"><strong>2 – Le test sécuritaire</strong></p>
<p align="JUSTIFY">16 mars (jour de l’annonce du confinement) : dans le département des Côtes d’Armor, 1 cas détecté (sur une population de 600 000 habitants). Le préfet fait survoler les plages par des hélicoptères de la gendarmerie.</p>
<p align="JUSTIFY">Si des mesures de prudence et confinement dans le cas d’une épidémie sont un choix compréhensible, encore peut-on s’interroger sur les différentes modalités possibles d’un tel confinement : total ou régional, par tranche d’âge, avec ou sans possibilité de s’aérer, etc. À l’exception d’un accident nucléaire majeur, ou d’un virus que l’on contracterait par simple respiration dans l’air, aucune crise sanitaire ne peut justifier l’interdiction de promenades solitaires en forêt, sur des plages, dans les rues… Aucune crise sanitaire ne peut justifier que l’on désigne les citoyen·ne·s comme des coupables en puissance (lorsqu’Édouard Philippe annonce que le gouvernement prend des mesures de confinement drastiques car les citoyens ne sont pas suffisamment dociles, il transforme tout un chacun en délinquant). Aucune crise sanitaire ne peut justifier une politique hyper répressive incluant le survol d’une plage par des hélicoptères, l’interdiction de sortir plus de 20 minutes de chez soi, de s’éloigner de plus de 1km. Aucune crise sanitaire ne peut justifier que l’on ferme les parcs et les jardins publics. Aucune crise sanitaire ne peut justifier que l’on punisse des citoyen·ne·s d’amendes lourdes (jusqu’à 3 500 €) et de prison (six mois) en cas de promenades solitaires. N’importe quel gouvernement soucieux du bien-être de la protection de sa population en cas de crise sanitaire devrait au contraire prendre acte des difficultés personnelles, familiales, psychologiques, sociales considérables qu’entraîne un confinement, et le rendre supportable en invitant largement la population à s’aérer et à sortir se promener, à condition de respecter les mêmes règles de gestes barrières qui sont demandées pour le travail qui, lui, non seulement n’est pas solitaire, non seulement est autorisé, mais est rendu obligatoire sur rappel du Medef.</p>
<p align="JUSTIFY">Au risque du sentiment d’une humiliation collective, aucune population ne peut comprendre qu’elle soit obligée d’utiliser les transports en commun pour aller travailler, à condition de respecter une distance d’un mètre, mais qu’elle risque la prison si elle va se promener sur une plage, en ne nuisant à personne, en ne mettant personne en danger dans la mesure où elle respecte les mêmes règles que celles imposées dans l’utilisation des transports en commun.</p>
<p align="JUSTIFY">Avec Emmanuel Todd, nous rappelons que « faute d’avoir prise sur l’Histoire, les gouvernants français sont passés « en mode aztèque ». Ils se vengent de leur impuissance au niveau international en martyrisant leurs concitoyens… ». Et ils peuvent compter pour cela sur le zèle d’une police inféodée qui s’empressera de matraquer les promeneurs isolés à coups d’amendes à 135 euros pour leur apprendre à obéir. Nous savons depuis un an de gilets jaunes que nous ne pouvons plus attendre aucune protection de la police. Que, comme dans toutes les périodes de crise, comme en 1940, elle choisit de servir le gouvernement, et non plus le droit. Et cela risque bien de se renforcer… Comme l’écrit Raphaël Kempf, avocat pénaliste, « <a href="https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/03/24/raphael-kempf-il-faut-denoncer-l-etat-d-urgence-sanitaire-pour-ce-qu-il-est-une-loi-scelerate_6034279_3232.html">il faut dénoncer l’état d’urgence sanitaire pour ce qu’il est : une loi scélérate</a> » ! Adopté à marche forcée pour une période soi-disant circonscrite, cet état d’urgence vise des objectifs à plus long terme : celui de violer les libertés élémentaires de tou·te·s, celui de donner à la police des pouvoirs illimités, celui de venir enterrer définitivement l’État de droit.</p>
<p align="JUSTIFY">La constitution de la 5e République avait bricolé un régime présidentiel sur mesure pour un général dans une situation de guerre en Algérie. Elle transformait le Parlement en une chambre d’enregistrement, à l’image des 308 pantins recrutés à la hâte sur entretien au printemps 2017 pour servir de paillasson au Medef. Entre les mains des Hollande, Sarkozy, Chirac ou Macron, cette 5e République est entre les mains de voyous caractériels et doit être abandonnée. Macron n’hésitera pas à se réfugier derrière le COVID-19 pour utiliser les pleins pouvoirs de l’article 16 et faire interdire la presse, les réseaux sociaux, et ce qu’il appelle déjà les fake news et les incitations à la haine. Sa position est une position de haine de classe, et son gouvernement suinte la haine de classe. L’intérêt des ateliers constituants qui se multiplient partout en France est de nous préparer à écrire nous-mêmes la constitution dont nous aurons besoin quand nous aurons chassé ce pouvoir.</p>
<p align="JUSTIFY">Cette guerre de classes, cette guerre au peuple, cette guerre aux pauvres, est lisible au niveau spatial, géographique. Dès les premiers jours, les médias ont évoqué le manque de « civisme » des habitant·e·s des quartiers populaires, épinglé.e.s pour leur inconscience face à la propagation et leur refus des contrôles : ainsi, le 19 mars, BFMTV dénonce des « violences urbaines malgré le confinement », des « rébellions et crachats sur des policiers » et même « des regroupements sur les toits d’immeuble » pour y faire des barbecues (jusqu’à quelle extrémité peuvent aller ces petits voyous de banlieue !). Depuis, des témoignages attestent d’interpellations policières violentes dans ces mêmes quartiers. Comme celle de Sofiane, 21 ans, habitant des Ulis (Essonne), qui, le 24 mars, a eu le grand tort de vouloir sortir de chez lui pour aller travailler (il est livreur pour Amazon !) : il a été rossé par les agents de la BAC pour avoir essayé d’échapper à leur contrôle (il n’avait pas son attestation de déplacement dérogatoire sur lui). Imagine-t-on les mêmes scènes à Neuilly ou à Passy ? Et, comme ce fut le cas pour les gilets jaunes, ces violences policières sont encore largement sous-médiatisées.</p>
<p align="JUSTIFY"><strong>3 – Des médias au garde-à-vous</strong></p>
<p align="JUSTIFY">En dehors des aspects proprement médicaux de la situation sur lesquels nous ne sommes pas compétent·e·s (nous ne sommes pas microbiologistes et il y a déjà suffisamment de vidéos sur le coronavirus, d’interviews et d’exposés de tous bords, de tous scientifiques pour ne pas inonder davantage le débat), il nous revient en revanche d’interroger les aspects politiques et en soumettre les contradictions à notre intelligence collective. Compter sur nous-mêmes en somme et sur notre intelligence critique que nous nie l’intégralité (ou presque) des médias, docilement regroupés autour du pouvoir exécutif.</p>
<p align="JUSTIFY">Le nombre de morts égrené chaque jour dans nos médias est profondément anxiogène. Le traitement médiatique de la situation nous rend inévitablement vulnérables et les conséquences sur nos citoyennetés sont dramatiques. On ne compte plus les exemples de personnes se faisant apostropher pour être sorties acheter du pain (franchement, a-t-on vraiment besoin de pain frais quotidien en cette période de catastrophe mondiale ?) ou pour avoir rendu visite à un proche. Tout le monde est en train de devenir le flic des autres. L’ambiance est à la dénonciation et aux milices de volontaires qui vont bientôt patrouiller dans les rues. Surtout si ces chiffres ne sont pas expliqués et qu’ils n’ont pour seule fonction que de créer un traumatisme sur fond de méfiance circulaire et nourrie de tous bords.</p>
<p align="JUSTIFY">Expliquer les chiffres, cela voudrait dire les contextualiser, les mettre en perspectives (historiques notamment), les comparer à d’autres… Un exemple : sans vouloir minimiser l’épidémie, il est intéressant de savoir que le nombre de morts faits par le COVID-19 en quatre mois (environ 30 000) est à peu près identique au nombre de personnes qui meurent de faim chaque jour. Ou que le paludisme cause encore plus de 450 000 décès chaque année. Sans qu’on ne s’alarme, dans ces deux cas, des mesures à mettre en place pour éviter pareilles hécatombes. Et que dire de cette information en boucle sur les Ehpad qui se confinent avec le personnel ? Il y a en France 610 000 décès chaque année (une personne toute les 50 secondes) dont 25 % en Ehpad. Les décès au sein des Ehpad représentent donc plus de 150 000 morts par an. Nous parler des décès en Ehpad, c’est nous les présenter comme un problème injuste et terrifiant. On se demande alors ce qu’est la représentation d’un Ehpad pour un chroniqueur de TF1 : une colonie de vacances ? Une thalassothérapie ? Ou un de ces mouroirs sans personnel vendu au privé, qu’on intègre de façon définitive mais dans lequel on vous garantit un placement à 11 % si vous achetez une chambre pour la louer aux résidents ? Pour rappel (car c’est aussi cela mettre les chiffres en perspectives), la moyenne d’âge des morts du coronavirus en France est de 81,2 ans ! Et si la mort du musicien Manu Dibango a suscité beaucoup d’émoi, précisons tout de même qu’il avait… 86 ans.</p>
<p align="JUSTIFY">La télé gouvernementale nous montre en boucle l’hôpital de Mulhouse saturé, l’armée qui évacue des malades en avion vers Toulon. Les tentes de médecine de guerre… terrible ! Mais elle se garde bien de questionner les odieux petits soldats des ARS (Agences régionales de santé) qui ont vidé l’hôpital de tous ses moyens, de tous ses personnels, qui ont mis cent directeurs en démission administrative il y a deux mois, et qui font fonctionner le matériel hospitalier en flux tendus .. Traduirons-nous un jour les ARS devant les tribunaux pour mise en danger délibérée à grande échelle de la vie d’autrui ?</p>
<p align="JUSTIFY">Et c’est probablement à la lecture des médias de gauche ou d’extrême gauche qu’on mesure la puissance de cette manipulation à grande échelle. C’est cela une union nationale : faire taire notre capacité critique, adhérer à l’autorité du pouvoir. La chaîne Youtube « Osons causer » qui, jusqu’à peu décryptait les différentes faces des politiques macronistes, est désormais réduite à répercuter les ordres gouvernementaux : « Restez chez vous ! ». Si nous voulons prendre des leçons de civisme, nous n’avons pas besoin d’ « Osons causer », nous avons déjà TF1 pour traiter quelques doux promeneurs de « délinquants des parcs ». Le philosophe Vladimir Jankelevitch écrivait : « Je serai toujours le gardien de tes droits et jamais le flic de tes devoirs ». Si « Osons causer » renonce à sa mission d’éducation populaire, la preuve est apportée que le test en grandeur nature de soumission des médias (y compris ceux censés critiquer l’ordre de la domination) fonctionne !</p>
<p align="JUSTIFY">S’il est si dur pour des médias, quels qu’ils soient, d’échapper à ces logiques manipulatrices, s’ils épousent si facilement la logique du pouvoir, c’est que les conditions de fabrication de l’information les ont déjà rendus structurellement perméables à cette logique.</p>
<p align="JUSTIFY">Et déjà, la place prise par les chaînes d’info en continu, avec sa conséquence : la course à l’information en « temps réel ». Temps réel ? Allons bon… Cela supposerait qu’existe un temps « irréel » ? Ne serait-ce pas justement ce temps qu’on nous vend pour du « réel » qui, en évacuant l’histoire et les processus d’émergence des phénomènes, constitue l’« irréel », un temps qui n’a pas de sens ? Dans ce monde-là, il faut occuper l’antenne et meubler les flux en permanence. Donc trouver du nouveau au fil des jours, au fil des heures… Heureusement, ce qu’il y a de nouveau, presque en permanence, ce sont les chiffres. Alors… bingo sur ces chiffres qui montent, qui viennent s’aligner de manière vertigineuse sur les écrans ! Chaque jour apporte son lot de « nouveau record », de « chiffre jamais atteint »… Puisqu’il s’agit d’une « pandémie » en plein essor, la probabilité que le nombre de nouveaux cas détectés ou de nouveaux décès à l’hôpital en 24 heures soit inférieur à celui de la veille est sans doute inférieure à 1 %, non ? Donc balancer cette info, ce n’est pas vraiment un scoop, on est d’accord ? Il y a d’ailleurs fort à parier que le journaliste qui l’a annoncée en martelant chaque mot sur un ton affolé, quand il rentre chez lui et retrouve son conjoint, il ne lui dit pas : « Tu sais, c’est incroyable : le chiffre a encore progressé ! ». Oui : il est probable que, dans sa vie privée, il reste quelqu’un d’à peu près censé. Mais quand il passe à l’antenne, il devient cet imbécile qui nous fait prendre des vessies pour des lanternes.</p>
<p align="JUSTIFY">C’est que, sur les ondes, il faut sacrifier aux rites de la dramatisation. Pour « vendre » et faire du « buzz », il faut maintenir le « suspense », « feuilletonner » l’information, avec, si possible, un bon « casting » et de « bons clients ». Autant de termes venus des mondes de la fiction et du commerce et qui se sont progressivement imposés dans les rédactions. C’est ainsi que se construit et se reconstruit le thème de la « vague » épidémique qui va déferler (sans qu’on ne sache jamais pourquoi le « pic » est attendu à tel moment). Avec sa conséquence inéluctable, en gros titre à la « une » de l’Est Républicain du 23 mars : « Vers un inévitable durcissement du confinement » (quatre semaines plus tôt, de nombreux médias titraient sur le « recours inévitable au 49.3 » à propos de la réforme des retraites !). Prophétie auto-réalisatrice dans laquelle les médias oublient – ou feignent d’oublier – le rôle qu’ils jouent eux-mêmes.</p>
<p align="JUSTIFY">Autre facteur structurant : la place prise dans les médias par un ballet d’experts où se succèdent hypothèses hâtives et contradictoires (sur les tests, le port de masques, l’efficacité du traitement par la chloroquine…), sans que les faux pronostics ne soient ensuite rectifiés et sans que l’on précise que « médecin » n’est pas un titre suffisant pour se qualifier d’expert en matière de COVID-19. Mais avec cette certitude auto-proclamée : les fake news, c’est l’affaire des réseaux sociaux ; l’information sérieuse et vérifiée, celle des médias main stream.</p>
<p align="JUSTIFY"><strong>4 – La gouvernance « scientifique »</strong></p>
<p align="JUSTIFY">Dans un monde où les demandes de financement de la recherche publique sur les coronavirus sont restées lettre morte, où les multinationales de la pharmacie ont plus de pouvoirs que les États et où le vaccin de ce coronavirus engrangera des milliards de profits, qu’est-ce qu’un expert ? Qui sont les « scientifiques » qui « conseillent » un gouvernement entièrement dévoué aux multinationales ? (voir Monsanto-Macron, et les milliers de cancers liés au Roundup). Y aura-t-il des conflits d’intérêts ? Jupiter met ses pas dans ceux d’un « conseil scientifique », créé le 10 mars et invité à infléchir voire à dicter les décisions. Cette délégation de pouvoir à l’expertise « scientifique » présente de multiples dangers. Elle éteint toute contestation au nom de l’intérêt supérieur : elle gomme ce que nous, gesticulant·e·s et formateur·trice·s, militant·e·s de l’éducation populaire, avons appris et ne cessons de marteler : tout point de vue est nécessairement « situé », on ne parle toujours que de « quelque part », et avec une intention. Mais non : les experts, eux, échappent à cette condition humaine puisqu’ils parlent de nulle part et sans jamais aucune intention autre que de nous transmettre la vérité.</p>
<p align="JUSTIFY">C’est dire à quel point cette délégation va faciliter le passage à une société de contrainte…</p>
<p align="JUSTIFY"><strong>5 – Le COVID19, révélateur mais aussi accélérateur des inégalité</strong>s</p>
<p align="JUSTIFY">Isolement des plus vulnérables, exploitation des plus précaires, contamination des plus exposé.e.s, stigmatisation des classes populaires (car ce peuple que l’on doit confiner, c’est bien celui des classes populaires, celles qui pourraient désobéir, ces classes dangereuses…), entassement des plus pauvres dans des logements insalubres pendant que les bourgeois aisés des arrondissements parisiens fuient leur 200 m2 pour aller (exode sanitaire oblige !) se mettre au vert dans leur maison secondaire ou dans une villa louée pour l’occasion… cette crise sanitaire amplifie le développement des rapports de domination.</p>
<p align="JUSTIFY">Regardons du côté de la condition des femmes. Par leur position dans la société, les femmes représentent indéniablement une classe fragilisée par cette crise sanitaire et le confinement que celle-ci impose. La situation des femmes victimes de violences conjugales est alarmante. Les chiffres actuels montrent une augmentation de 32 % des cas depuis le début du confinement. Des situations où la présence permanente du mari violent rend les demandes d’aide et les moyens de protection extrêmement difficiles. 210 000 femmes sont violentées par leur mari chaque année en France. Le confinement porte donc ce chiffre à (au moins) 300 000. Belle réussite du confinement ! Toujours dans la sphère de l’intime, l’accès à l’avortement est fragilisé, notamment pour les adolescentes qui n’ont plus de prétexte pour sortir de chez elles.</p>
<p align="JUSTIFY">Et puisque, dans cette crise, c’est bien le monde du travail qui impose la marche à suivre, dans la sphère productive, l’exploitation des femmes se poursuit. Il y a les plus précaires, celles qui vivent sous le seuil de pauvreté, celles qui n’auront pas le choix d’accepter de travailler – quelles que soient les conditions sanitaires – pour pouvoir boucler la fin de mois. Il y a les femmes élevant seules leurs enfants, qui, faute d’école ou de nounou, subiront un chômage partiel qui les mettra à terre. À la fin de la crise, quelle sera la posture des banques envers ces femmes ?</p>
<p align="JUSTIFY">On le sait : parmi le travail dédié aux femmes, celui du soin. Le 12 mars dernier, Macron demandait au personnel hospitalier de « continuer à faire des sacrifices ». La division sexuelle du travail à l’œuvre dans notre société fait reposer ce « sacrifice » sur une large majorité de femmes : 90 % de femmes chez les aides-soignantes, 87 % de femmes chez les infirmières… Les postes prestigieux, eux, sont occupés par des hommes. Avec la pénurie de matériel de protection, entre l’aide-soignante et le chirurgien, qui aura le masque ?</p>
<p align="JUSTIFY">Le sacrifice se joue entre les classes sociales qui se côtoient à l’hôpital. Le sacrifice se joue entre les classes sociales tout court. Les femmes font partie des dominé·e·s, des exploité·e·s du système capitaliste, à qui l’on demande de continuer à faire marcher la machine économique à n’importe quel prix, et qui n’en obtiendront que du mépris (une prime de 1000 € ?) lorsque les puissants n’auront plus peur d’attraper la grippe.</p>
<p align="JUSTIFY"><strong>6 – Le COVID19, arme de guerre… contre l’école</strong></p>
<p align="JUSTIFY">La mise en place de l’école à distance est une aubaine pour qui s’acharne à détruire le service public. C’est une véritable expérimentation grandeur nature pour terminer la privatisation de l’école rêvée par l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) et mise en œuvre par les ministres successifs depuis Luc Ferry.</p>
<p align="JUSTIFY">Quoi de mieux que d’amener les enseignants à se penser comme des « facilitateurs pédagogiques » pour assurer la « continuité pédagogique » ? Le rêve ultime de l’idéologie libérale : l’enseignant·e est déchargé·e de toutes responsabilités éducatives, de tout désir de penser l’élève comme un être humain complet et complexe. L’enfant n’existe plus. Le sacro-saint programme construit autour des compétences n’a plus qu’à être digitalisé. Les enseignant·e·s deviennent des « intervenants à distance », pratiquant le « e-learning », surfant sur des plate-formes privées dont les contenus deviennent contrôlables et évaluables. Le contrôle : outil indispensable à la légitimité de la domination. Pour preuve ce mail envoyé ce jour, par une enseignante de maternelle, qui demande aux parents d’envoyer une photo de leur enfant en train de travailler : « Nous devons assurer la continuité pédagogique et l’inspection nous demande de vérifier qu’elle est bien mise en œuvre par les parents, sinon cela peut être considéré comme de l’absentéisme ». Pressions, contrôles et menaces… on y retrouve alors tous les ingrédients de la loi « pour la liberté de choisir son avenir professionnel », adoptée en 2018, qui permet d’imposer une « démarche qualité » à tous les organismes de formation. Calquée sur des procédures de rentabilité industrielle, la démarche qualité a réussi le tour de force de mettre tous les organismes de formation en concurrence, d’imposer un vocabulaire unique (celui de la langue de bois bien sûr), de récupérer tous les contenus pédagogiques, de dématérialiser au maximum en réduisant les liens humains au minimum. Une expérimentation grandeur nature de ce qui est déjà à l’œuvre dans l’éducation nationale !</p>
<p align="JUSTIFY">Alors on peut toujours penser que l’école par internet, c’est juste provisoire, que non cette loi n’est pas une étape intermédiaire pour finir de faire de l’école le réservoir de main d’œuvre du capital au détriment d’un lieu où penser la société de demain… si seulement cette expérimentation n’était pas déjà dans les tuyaux depuis plus de trente ans : baisse du nombre de fonctionnaires, privatisation de l’enseignement supérieur, décentralisation favorisant le lien avec le marché du travail local, emploi de directeurs devenus des managers, suppressions massives des postes éducatifs et de soins dans les établissements (psychologues scolaires, assistants sociaux, éducateurs, infirmiers…), mise en concurrence des établissements par l’attaque du statut d’enseignant (précarisation du métier, CDD, contractuel·le·s) et les enseignements de spécialités avec la loi Blanquer… Les bases sont posées, affirmées, assumées… Comment être naïfs au point de penser que cette période ne sera qu’une parenthèse ?</p>
<p align="JUSTIFY">Et le place des enf… des élèves pardon ! C’est simple : on remplace une heure de cours par une heure de travail personnel… La durée d’attention d’un élève en classe varie de 4 minutes en maternelle à 35 minutes par heure pour un adulte. Transformer alors une heure de cours en une heure de travail personnel, c’est multiplier l’exigence de productivité scolaire par deux au minimum pour les lycéens. De plus, cela ne tient pas compte de chaque élève. Là où l’enseignant·e va évaluer que, sur la classe d’âge concernée, le travail donné est faisable en une heure, la réalité sera que ce travail sera réalisé en 30 minutes par certains et en 1h30 par d’autres. Ajoutons à cela les conditions matérielles de chaque élève : chambre seule ou non, travail sur ordinateur ou sur smartphone, accès à une imprimante scanner ou pas, nombre de personnes dans la maison et en capacité d’aider scolairement ou pas… Sans oublier qu’actuellement, celles et ceux qui sont toujours au travail – et donc pas disponibles pour leurs enfants – sont les salarié·e·s les plus précaires : ouvrier·e·s, caissières, aides à domiciles …On voit bien à nouveau les réalités matérielles niées, on voit bien comment, au profit de la « continuité pédagogique », on enterre les enfants des classes populaires pour pouvoir applaudir les quelques autres à la fin du confinement… Bravo les enfants, vous voyez bien que c’était possible : quand on veut, on peut !</p>
<p align="JUSTIFY">Les ultra-libéraux de l’Union européenne et de l’OCDE l’ont rêvé, le COVID-19 l’a fait : la dématérialisation complète et totale de l’éducation nationale. Les requins de l’ordre capitaliste lorgnent sur ce ce marché éducatif mondial à conquérir (estimé à 20 000 milliards de dollars, dont 7 000 milliards d’euros pour l’Europe). Le fruit est mûr pour privatiser le système éducatif… Il ne restera plus qu’à Hachette édition (propriété du groupe Lagardère) à nous vendre par millions les logiciels que cet enseignement à distance, assuré par des « uber-profs », nécessitera. Et que feront les parents ? Dans le marasme de l’offre proposée, dans ce climat de compétition acharnée, les familles paieront bien sûr, enfin celles qui le pourront ! Pour le plus grand bonheur de la Bourse. L’OCDE l’a dit : les perspectives de profit pour les investisseurs institutionnels sur le marché éducatif mondial sont de 1 à 7 quand elles ne sont que de 1 à 2 sur le marché de la construction automobile.</p>
<p align="JUSTIFY">Et lorsqu’il faudra, une fois la mission éducative de l’éducation nationale piétinée, se charger de transmettre quelques « savoir-être » et « compétences relationnelles » aux enfants et adolescents, le marché du développement personnel viendra nous vendre sa came à grands coups de conférences, de cours de coaching et de slogans plus creux les uns que les autres : « Sois le monde que tu veux voir », « La confiance en soi est le premier secret du succès », etc. Comme l’a si bien montré Eva Illouz dans son livre Happycratie, le développement personnel est non seulement un marché juteux, mais surtout l’ami protecteur des dominants puisqu’il contribue à invisibiliser les rapports sociaux de domination (classe, race, genre) au profit d’un seul discours : « Tu as les ressources en toi pour t’en sortir », et autres outils de culpabilisation individuelle. Théorisée aux Etats-Unis, la « psychologie positive » est la condition de la domination capitaliste dans les entreprises et sur nos vies.</p>
<p align="JUSTIFY"><strong>7 – COVID19 et droit du travail</strong></p>
<p align="JUSTIFY">Pendant qu’on nous invite à nous laver inlassablement les mains, le patronat, lui, se les frotte ! Emmanuel Macron est définitivement l’ami des grands patrons. Et voilà la loi d’urgence face à l’épidémie qui autorise le gouvernement à agir par ordonnances. Le texte 52 de ces dernières permet à l’employeur d’imposer une durée de travail hebdomadaire portée à 60 heures, le travail le dimanche, des dates imposées de congés payés…</p>
<p align="JUSTIFY">Il est intéressant de comparer les intitulés de ces ordonnances. Ici : « Ordonnance portant mesures d’urgence en matière de congés payés, de durée du travail et de jours de repos » ; et là : « Ordonnance adaptant temporairement les conditions et modalités d’attribution de l’indemnité complémentaire » . Il n’est sans doute pas anodin de voir que, dans la seconde, apparaît le terme « temporairement », indication à laquelle Muriel Pénicaud s’est formellement opposée lorsqu’un amendement proposa de le faire figurer dans l’ordonnance « congés payés et autres… ». De là à penser que ces dérogations au code du travail soient destinées à perdurer…. Relance de l’économie oblige : 60 heures par semaine, réduction du repos quotidien de onze à neuf heures, soit quinze heures de travail-transport chaque jour ne font que nous renvoyer aux conditions de 1841, date de la première loi sur le travail. Cet « effort » qui va être imposé au monde du travail ne sera pas imposé à toutes les catégories sociales. Un amendement visant à relever le montant de la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus, faisant passer son taux de 3 % à 5 % des revenus supérieurs à 250 000 euros par an, a été sèchement rejeté.</p>
<p align="JUSTIFY">Dans un tweet du 24 mars, Bruno Le Maire demande aux entreprises, notamment les plus grandes, « de faire preuve de la plus grande modération sur le versement de dividendes. C’est un moment où tout l’argent doit être employé pour faire tourner les entreprises ». Une simple demande donc, pas d’ordonnance ici pour contraindre le capital à participer à l’effort collectif alors même que les entreprises européennes s’apprêtent à verser 359 milliards d’euros à leurs actionnaires au titre des dividendes de l’année 2019. Pourtant, malgré ces chiffres exorbitants, l’État, pour pallier à la suspension partielle de l’économie, va soutenir ces mêmes entreprises en prenant en charge une partie des salaires, à travers les mesures de chômage partiel, ainsi qu’en suspendant les obligations fiscales et sociales de ces mêmes entreprises.</p>
<p align="JUSTIFY">Au final, c’est bien aux travailleur·se·s que Macron s’en prend à nouveau pour « soutenir l’économie » en s’attaquant, non pas aux dettes sous lesquelles croulent les entreprises et dont il pourrait déclarer un moratoire, mais… aux cotisations sociales et aux impôts qu’elles versent, et au droit du travail.</p>
<p align="JUSTIFY">Voulons-nous que la « guerre » menée par une classe dirigeante qui a montré son impréparation absolue à faire face à la pandémie – parce qu’elle a organisé le démembrement des services publics et de la production en France de biens de première nécessité – soit à nouveau l’occasion d’une union sacrée pour « sauver l’économie » en s’attaquant aux travailleur·se·s et en soutenant les prêteurs capitalistes, comme cela s’est fait en 2007 avec les beaux résultats que l’on sait ? Nous faisons depuis plus de dix ans l’expérience amère de la potion capitaliste que Macron veut à nouveau nous faire avaler alors que c’est elle qui nous a conduits à une impasse dont il prétend nous faire sortir en en rajoutant une louche. C’est assez !</p>
<p align="JUSTIFY">Nous n’allons pas nous faire avoir à nouveau. Nous savons que nous ne pouvons attendre que le pire des « mobilisations générales » et de « l’union nationale » dans lesquelles nous enrôle la classe dirigeante sans nous demander notre avis, pour nous faire taire. Seule une mobilisation venue d’en-bas sera efficace contre le retour régulier de pandémies liées à une excessive division internationale du travail et à un rapport de plus en plus mortifère au vivant et à la nature dans la folle organisation capitaliste de la production.</p>
<p align="JUSTIFY">La médiocrité de la réponse à la pandémie fait prendre conscience de l’absurdité de faire dépendre notre production de groupes capitalistes indifférents au maintien d’un tissu productif équilibré sur un territoire, qu’il soit régional ou national : les exemples d’entreprises neuves fermées alors qu’elles produisent des masques ou des bouteilles d’oxygène ont fait le tour des réseaux sociaux. Les travailleur·se·s (pas l’État !) doivent devenir propriétaires de tout outil de production de biens communs, les actionnaires doivent être évincés sans indemnisation, et les prêteurs non remboursés.</p>
<p align="JUSTIFY">Autre prise de conscience : les ressources des personnes ne doivent pas dépendre de l’aléa de leur activité. Le confinement laisse nus tous les indépendants et génère un chômage partiel plein de trous qui vont notablement réduire les ressources d’employés du privé ou de contractuels de l’État. Alors que les fonctionnaires, eux, conservent leur salaire, qui est lié à leur grade et non à leur emploi. Seul le salaire lié à la personne (celui des fonctionnaires, celui des salariés à statut, celui des retraités… bref celui qu’attaquent avec détermination tous les gouvernements de l’Union européenne) nous permet de sortir de la forme capitaliste de la rémunération, qui la lie à la mesure d’activités aléatoires avec le filet de sécurité d’un revenu de base. Nos personnes doivent être libérées de cet aléa et reconnues, de 18 ans à la mort, par un salaire posé comme un droit politique et qu’il serait raisonnable d’inscrire dans une fourchette de 1 à 3. Chacun·e, à sa majorité, quels que soient son passé scolaire et son handicap, est doté·e du premier niveau de qualification, et donc des 1700 euros nets du Smic revendiqué, et peut, par des épreuves de qualification, progresser jusqu’à un salaire plafond de 5000 euros nets : au-delà, les rémunérations n’ont aucun sens. Droit politique de tout adulte vivant sur le territoire national, le salaire peut stagner, mais jamais diminuer ou être supprimé.</p>
<p align="JUSTIFY">La propriété de tout l’outil par les travailleur·se·s et le salaire lié à la personne supposent une forte socialisation du PIB. Déjà, plus de la moitié est socialisée dans les impôts et cotisations sociales. Il faut aller encore plus loin. La valeur ajoutée des entreprises doit être affectée non plus à des rémunérations directes et à du profit, mais à des caisses gérées par les travailleur·se·s comme l’a été le régime général de 1947 à 1967. Elles verseront les salaires et subventionneront l’investissement, y compris par création monétaire. Alors nous pourrons libérer du capital nos vies et notre pays.</p>
<p align="JUSTIFY">La survenue de l’épidémie de coronavirus a mis en évidence l’état de délabrement de l’hôpital public après quarante années de politiques libérales qui lui ont été imposées. Hasard du calendrier, cette épidémie a conduit le gouvernement à suspendre son projet de réforme des retraites. Maladie, vieillesse : deux branches de la sécurité sociale réunies par les événements.</p>
<p align="JUSTIFY">Comme Ambroise Croizat et ses co-détenus au bagne de « Maison carrée » à Alger préparèrent un plan complet de sécurité sociale, mettrons-nous à profit cette période pour réfléchir aux revendications à porter dès la fin de la période de confinement ? Parmi celles-ci, une reconstruction de la sécurité sociale dans ses structures révolutionnaires de 1946, en revenant non seulement sur les exonérations de cotisations patronales, mais en revendiquant leur augmentation. Car c’est bien l’augmentation de ces cotisations qui permit à la sécurité sociale de subventionner la mise en place des Centres hospitaliers universitaires (CHU) au début de années 1960, transformant des mouroirs en usines de santé. Des plans de nationalisation de l’industrie pharmaceutique et de la recherche scientifique seraient également des revendications incontournables. Profiter de cette épidémie pour obtenir la reconquête de droits précédemment conquis représenterait en quelque sorte un renversement de la « stratégie du choc ».</p>

<h6><a href="#sdfootnote2anc" name="sdfootnote2sym">2</a> Emmanuel Todd : La lutte des classes en France au 21e siècle. Ed Seuil</h6>

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<title>Building with Friction (archive) — David Larlet</title>
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<article>
<h1>Building with Friction</h1>
<h2><a href="https://timkadlec.com/remembers/2020-03-18-building-with-friction/">Source originale du contenu</a></h2>
<p>I <a href="https://timkadlec.com/remembers/2020-01-02-making-the-right-thing-easy/">recently wrote about how important it is to make the right thing easy</a>. The opposite is also true: it’s important to make the wrong things difficult. I did allude to it in that post a little bit, but I thought it was worth calling out explicitly. It’s important to introduce some friction in our workflow to help prevent the wrong actions.</p>

<p>Continuing on the health-related analogies, friction is a big part of how I manage my sweet tooth. I work by myself in a small office. Nothing is preventing me from constantly snacking on a bunch of sweets, and <em>wow</em> would I ever love to. I’m a sucker for just about anything with sugar.</p>

<p>But I discovered something else about myself: I’m also kinda lazy. So I take a two-part approach. The first is to make the right thing easy. I have apples, oranges, almonds, dried cranberries, and all sorts of healthier snacking options right next to my desk. If I’m hungry, I don’t even have to move. I reach out my arm, and there they are.</p>

<p>But the second part of that process is just as important. I make the wrong thing harder. I do have some sweets, but they’re tucked away in an adjacent room. It’s not difficult to get to them, but it does require more effort than the healthy alternatives right next to me. It doesn’t stop me from having sweets, but it means that reaching for that chocolate involves a conscious decision to put in more work than if I decide to have an apple. It’s just enough friction to change the way I snack.</p>

<p>A lot of modern workflow improvements have been around <em>removing</em> friction. We want to make it easier to deploy rapidly. Tools like npm make it <em>very</em> easy to gain access to any and all modules we could think of. Tag management enables folks to very quickly add another third-party service.</p>

<p>All of these things, on the surface, provide some value, but the consequences are tremendous. Because these processes remove friction, they don’t ever really give us a chance to pause and consider what we’re doing.</p>

<p>Re-introducing some healthy friction, some moments of pause, in our processes is critical to ensuring a higher level of quality overall.</p>

<p>For example, let’s tackle the trouble with <a href="https://www.npmjs.com/">npm</a>.</p>

<p>npm transformed the way we build, but I don’t think anyone can argue that it hasn’t wreaked some serious havoc in the process. The ready availability of a JavaScript module for pretty much anything you can imagine has lead to security issues, accessibility concerns and overall bloat. It’s made it <em>too easy</em> to add more code to our sites without ever considering the trade-offs.</p>

<p>I’m with <a href="https://twitter.com/slightlylate/status/1239404640656998400">Alex on this one</a>. Adding more code should be a very intentional decision:</p>

<blockquote>
<p>JavaScript should be a *deeply” intentional choice on the client. Tools that remove intentionality, whatever else they may have done for your team, probably sunk your perf battleship.</p>
</blockquote>

<p>Here’s an example of how we could introduce some friction into the process to help with the performance challenges by focusing on two critical points in our workflow: install and build/deploy.</p>

<h2 id="during-install">During install</h2>

<p>The first thing we can do is introduce some friction when we first install a script. After all, the easiest issues to fix are the ones that haven’t happened yet.</p>

<p>I like <a href="https://github.com/AdrieanKhisbe/bundle-phobia-cli#bundle-phobia-install"><code>bundle-phobia-install</code></a> for this. <code>bundle-phobia-install</code> is a wrapper around <code>npm install</code> that uses information from <a href="https://bundlephobia.com/">Bundlephobia</a> to conditionally install npm modules. It does this by comparing the size of the package against some predetermined limits. It defaults to a size limit of 100kB overall (as in, the total of all dependencies), but you can configure that however you would like.</p>

<p>You can also set up limits on individual packages.</p>

<p>For example, the following settings (configured in a <code>package.json</code> file) would ensure that no individual package with a size of over 20kB could be installed, and that the total size of all dependencies can be no more than 100kB.</p>

<div class="highlight"><pre><code class="language-javascript" data-lang="javascript">...
<span>"bundle-phobia"</span><span>:</span> {
<span>"max-size"</span><span>:</span> <span>"20kB"</span>,
<span>"max-overall-size"</span><span>:</span> <span>"100kB"</span>
},
...
</code></pre></div>

<p>Now, if we were to try to install, say, <code>lodash</code>, the install would fail because <code>lodash</code> exceeds our individual package size limit.</p>

<figure class="banner">
<img src="https://timkadlec.com/images/friction-bundle-phobia.png" alt="Running bundle-phobia-install instead of npm install lets us enforce size limits on npm modules, preventing us from adding significantly heavy dependencies to our site."/> <figcaption>
<p>Running <code>bundle-phobia-install</code> instead of <code>npm install</code> lets us enforce size limits on npm modules, preventing us from adding significantly heavy dependencies to our site.</p>
</figcaption>
</figure>

<p>You could still install <code>lodash</code>, but that now requires you to run <code>bundle-phobia-install</code> with the interactive flag (<code>-i</code>) and manually approve the install despite the fact that it exceeds your limits. It turns an unconscious decision into a conscious one.</p>

<h2 id="during-build-deploy">During build/deploy</h2>

<p>By having some friction on the install process, we help to provide a better base for size of our JavaScript. It’s still critical to put some friction on the build and deploy process, though. For one, our install approach is only limiting npm modules, not really our own code. We also don’t really know the exact shape of our bundles at install—that comes later.</p>

<p>For webpack-driven projects, you can take advantage of webpack’s <a href="https://webpack.js.org/configuration/performance/">performance hints</a>. There are two hints available to us: <code>performance.maxEntrypointSize</code> and <code>performance.maxAssetSize</code>. <code>performance.maxEntrypointSize</code> lets us set a limit for all webpack produced assets for a given route. <code>performance.maxAssetSize</code> lets us set a limit for any individual webpack produced assets.</p>

<p>By default, the hints are just that—hints. They show up as warnings but don’t do anything concrete. You can change that by setting the <code>peformance.hints</code> property to <code>error</code>.</p>

<p>So, given the following configuration, webpack would throw errors whenever an individual asset exceeds 100kB or all total assets for a given route exceed 150kB.</p>

<div class="highlight"><pre><code class="language-javascript" data-lang="javascript"><span>module</span>.<span>exports</span> <span>=</span> {
<span>//...
</span><span/> <span>performance</span><span>:</span> {
<span>hints</span><span>:</span> <span>'error'</span>,
<span>maxEntrypointSize</span><span>:</span> <span>100000</span>,
<span>maxAssetSize</span><span>:</span> <span>150000</span>
}
};
</code></pre></div>

<figure class="banner">
<img src="https://timkadlec.com/images/friction-webpack.png" alt="webpack&amp;rsquo;s performance hints let us throw errors if individual assets are too large, or if all assets for a given route get too heavy."/> <figcaption>
<p>webpack’s performance hints let us throw errors if individual assets are too large, or if all assets for a given route get too heavy.</p>
</figcaption>
</figure>

<p>If you’re not using webpack, or if you are and still want to augment these hints, we can also introduce some bundle size checking at the pull request or deploy levels. <a href="https://github.com/siddharthkp/bundlesize">Bundlesize</a> is a common choice here.</p>

<p>With Bundlesize, we setup maximum sizes for each bundle we want to track. Then we can run Bundlesize against those limits on every pull request or during our continuous integration process to stop us from deploying if any of those bundle sizes have been exceeded.</p>

<figure class="banner">
<img src="https://timkadlec.com/images/friction-bundlesize.png" alt="Bundlesize will check each bundle against the limits we set so that we can break the build if any of those limits are exceeded."/> <figcaption>
<p>Bundlesize will check each bundle against the limits we set so that we can break the build if any of those limits are exceeded.</p>
</figcaption>
</figure>

<h2 id="building-with-friction">Building with friction</h2>

<p>Healthy friction in our processes, paired with automation and reporting where appropriate, can have a substantial impact on what we ship. When we force ourselves to take these moments to consider the implications of what we’re about to add to our codebase, when we make it hard to add more bloat to our applications by default, we not only change the way we build, but we change the way we <em>think</em> about building. It’s the observer effect applied to the way we code.</p>

<p>When we have to consider the weight of every module we add to our project (or which vulnerabilities are included or what accessibility concerns they bring along), we start to inherently pay a little more attention to at least a part of performance every single day. It won’t magically fix all our performance woes by itself, but it certainly gets us pointed in the right direction.</p>
</article>


<hr>

<footer>
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title: Building with Friction
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<p>I <a href="https://timkadlec.com/remembers/2020-01-02-making-the-right-thing-easy/">recently wrote about how important it is to make the right thing easy</a>. The opposite is also true: it’s important to make the wrong things difficult. I did allude to it in that post a little bit, but I thought it was worth calling out explicitly. It’s important to introduce some friction in our workflow to help prevent the wrong actions.</p>

<p>Continuing on the health-related analogies, friction is a big part of how I manage my sweet tooth. I work by myself in a small office. Nothing is preventing me from constantly snacking on a bunch of sweets, and <em>wow</em> would I ever love to. I’m a sucker for just about anything with sugar.</p>

<p>But I discovered something else about myself: I’m also kinda lazy. So I take a two-part approach. The first is to make the right thing easy. I have apples, oranges, almonds, dried cranberries, and all sorts of healthier snacking options right next to my desk. If I’m hungry, I don’t even have to move. I reach out my arm, and there they are.</p>

<p>But the second part of that process is just as important. I make the wrong thing harder. I do have some sweets, but they’re tucked away in an adjacent room. It’s not difficult to get to them, but it does require more effort than the healthy alternatives right next to me. It doesn’t stop me from having sweets, but it means that reaching for that chocolate involves a conscious decision to put in more work than if I decide to have an apple. It’s just enough friction to change the way I snack.</p>

<p>A lot of modern workflow improvements have been around <em>removing</em> friction. We want to make it easier to deploy rapidly. Tools like npm make it <em>very</em> easy to gain access to any and all modules we could think of. Tag management enables folks to very quickly add another third-party service.</p>

<p>All of these things, on the surface, provide some value, but the consequences are tremendous. Because these processes remove friction, they don’t ever really give us a chance to pause and consider what we’re doing.</p>

<p>Re-introducing some healthy friction, some moments of pause, in our processes is critical to ensuring a higher level of quality overall.</p>

<p>For example, let’s tackle the trouble with <a href="https://www.npmjs.com/">npm</a>.</p>

<p>npm transformed the way we build, but I don’t think anyone can argue that it hasn’t wreaked some serious havoc in the process. The ready availability of a JavaScript module for pretty much anything you can imagine has lead to security issues, accessibility concerns and overall bloat. It’s made it <em>too easy</em> to add more code to our sites without ever considering the trade-offs.</p>

<p>I’m with <a href="https://twitter.com/slightlylate/status/1239404640656998400">Alex on this one</a>. Adding more code should be a very intentional decision:</p>

<blockquote>
<p>JavaScript should be a *deeply” intentional choice on the client. Tools that remove intentionality, whatever else they may have done for your team, probably sunk your perf battleship.</p>
</blockquote>

<p>Here’s an example of how we could introduce some friction into the process to help with the performance challenges by focusing on two critical points in our workflow: install and build/deploy.</p>

<h2 id="during-install">During install</h2>

<p>The first thing we can do is introduce some friction when we first install a script. After all, the easiest issues to fix are the ones that haven’t happened yet.</p>

<p>I like <a href="https://github.com/AdrieanKhisbe/bundle-phobia-cli#bundle-phobia-install"><code>bundle-phobia-install</code></a> for this. <code>bundle-phobia-install</code> is a wrapper around <code>npm install</code> that uses information from <a href="https://bundlephobia.com/">Bundlephobia</a> to conditionally install npm modules. It does this by comparing the size of the package against some predetermined limits. It defaults to a size limit of 100kB overall (as in, the total of all dependencies), but you can configure that however you would like.</p>

<p>You can also set up limits on individual packages.</p>

<p>For example, the following settings (configured in a <code>package.json</code> file) would ensure that no individual package with a size of over 20kB could be installed, and that the total size of all dependencies can be no more than 100kB.</p>

<div class="highlight"><pre><code class="language-javascript" data-lang="javascript">...
<span>"bundle-phobia"</span><span>:</span> {
<span>"max-size"</span><span>:</span> <span>"20kB"</span>,
<span>"max-overall-size"</span><span>:</span> <span>"100kB"</span>
},
...
</code></pre></div>

<p>Now, if we were to try to install, say, <code>lodash</code>, the install would fail because <code>lodash</code> exceeds our individual package size limit.</p>

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<img src="https://timkadlec.com/images/friction-bundle-phobia.png" alt="Running bundle-phobia-install instead of npm install lets us enforce size limits on npm modules, preventing us from adding significantly heavy dependencies to our site."/> <figcaption>
<p>Running <code>bundle-phobia-install</code> instead of <code>npm install</code> lets us enforce size limits on npm modules, preventing us from adding significantly heavy dependencies to our site.</p>
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<p>You could still install <code>lodash</code>, but that now requires you to run <code>bundle-phobia-install</code> with the interactive flag (<code>-i</code>) and manually approve the install despite the fact that it exceeds your limits. It turns an unconscious decision into a conscious one.</p>

<h2 id="during-build-deploy">During build/deploy</h2>

<p>By having some friction on the install process, we help to provide a better base for size of our JavaScript. It’s still critical to put some friction on the build and deploy process, though. For one, our install approach is only limiting npm modules, not really our own code. We also don’t really know the exact shape of our bundles at install—that comes later.</p>

<p>For webpack-driven projects, you can take advantage of webpack’s <a href="https://webpack.js.org/configuration/performance/">performance hints</a>. There are two hints available to us: <code>performance.maxEntrypointSize</code> and <code>performance.maxAssetSize</code>. <code>performance.maxEntrypointSize</code> lets us set a limit for all webpack produced assets for a given route. <code>performance.maxAssetSize</code> lets us set a limit for any individual webpack produced assets.</p>

<p>By default, the hints are just that—hints. They show up as warnings but don’t do anything concrete. You can change that by setting the <code>peformance.hints</code> property to <code>error</code>.</p>

<p>So, given the following configuration, webpack would throw errors whenever an individual asset exceeds 100kB or all total assets for a given route exceed 150kB.</p>

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</span><span/> <span>performance</span><span>:</span> {
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<span>maxEntrypointSize</span><span>:</span> <span>100000</span>,
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<p>webpack’s performance hints let us throw errors if individual assets are too large, or if all assets for a given route get too heavy.</p>
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<p>If you’re not using webpack, or if you are and still want to augment these hints, we can also introduce some bundle size checking at the pull request or deploy levels. <a href="https://github.com/siddharthkp/bundlesize">Bundlesize</a> is a common choice here.</p>

<p>With Bundlesize, we setup maximum sizes for each bundle we want to track. Then we can run Bundlesize against those limits on every pull request or during our continuous integration process to stop us from deploying if any of those bundle sizes have been exceeded.</p>

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<img src="https://timkadlec.com/images/friction-bundlesize.png" alt="Bundlesize will check each bundle against the limits we set so that we can break the build if any of those limits are exceeded."/> <figcaption>
<p>Bundlesize will check each bundle against the limits we set so that we can break the build if any of those limits are exceeded.</p>
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</figure>


<h2 id="building-with-friction">Building with friction</h2>

<p>Healthy friction in our processes, paired with automation and reporting where appropriate, can have a substantial impact on what we ship. When we force ourselves to take these moments to consider the implications of what we’re about to add to our codebase, when we make it hard to add more bloat to our applications by default, we not only change the way we build, but we change the way we <em>think</em> about building. It’s the observer effect applied to the way we code.</p>

<p>When we have to consider the weight of every module we add to our project (or which vulnerabilities are included or what accessibility concerns they bring along), we start to inherently pay a little more attention to at least a part of performance every single day. It won’t magically fix all our performance woes by itself, but it certainly gets us pointed in the right direction.</p>

+ 164
- 0
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<!doctype html><!-- This is a valid HTML5 document. -->
<!-- Screen readers, SEO, extensions and so on. -->
<html lang="fr">
<!-- Has to be within the first 1024 bytes, hence before the <title>
See: https://www.w3.org/TR/2012/CR-html5-20121217/document-metadata.html#charset -->
<meta charset="utf-8">
<!-- Why no `X-UA-Compatible` meta: https://stackoverflow.com/a/6771584 -->
<!-- The viewport meta is quite crowded and we are responsible for that.
See: https://codepen.io/tigt/post/meta-viewport-for-2015 -->
<meta name="viewport" content="width=device-width,initial-scale=1">
<!-- Required to make a valid HTML5 document. -->
<title>App Assisted Contact Tracing (archive) — David Larlet</title>
<!-- Generated from https://realfavicongenerator.net/ such a mess. -->
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<link rel="shortcut icon" href="/static/david/icons2/favicon.ico">
<meta name="msapplication-TileColor" content="#f0f0ea">
<meta name="msapplication-config" content="/static/david/icons2/browserconfig.xml">
<meta name="theme-color" content="#f0f0ea">
<!-- Thank you Florens! -->
<link rel="stylesheet" href="/static/david/css/style_2020-02-24.css">
<!-- See https://www.zachleat.com/web/comprehensive-webfonts/ for the trade-off. -->
<link rel="preload" href="/static/david/css/fonts/triplicate_t4_poly_regular.woff2" as="font" type="font/woff2" crossorigin>
<link rel="preload" href="/static/david/css/fonts/triplicate_t4_poly_bold.woff2" as="font" type="font/woff2" crossorigin>
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<meta name="robots" content="noindex, nofollow">
<meta content="origin-when-cross-origin" name="referrer">
<!-- Canonical URL for SEO purposes -->
<link rel="canonical" href="https://lucumr.pocoo.org/2020/4/3/contact-tracing/">

<body class="remarkdown h1-underline h2-underline h3-underline hr-center ul-star pre-tick">

<article>
<h1>App Assisted Contact Tracing</h1>
<h2><a href="https://lucumr.pocoo.org/2020/4/3/contact-tracing/">Source originale du contenu</a></h2>
<p class=date>written on Friday, April 3, 2020
<p>I don't know how I thought the world would look like 10 years ago, but a
pandemic that prevents us from going outside was not what I was picturing.
It's about three weeks now that I and my family are spending at home in
Austria instead of going to work or having the kids at daycare, two of
those weeks were under mandatory social distancing because of SARS-CoV-2.</p>
<p>And as cute as <a class="reference external" href="https://en.wikipedia.org/wiki/Social_distancing">social distancing</a>
and “flattening the curve” sounds at first, the consequences to our daily
lives are beyond anything I could have imagined would happen in my
lifetime.</p>
<p>What is still conveniently forgotten is that the curve really only stays
flat if we're doing this for a very, very long time. And quite frankly,
I'm not sure for how long our society will be able to do this. Even just
closing restaurants is costing tens of thousands of jobs and closing
schools is going to set back the lives of many children growing up. Many
people are currently separated from their loved ones with no easy way to
get to them because international travel grinded to a halt.</p>
<div class="section" id="technology-to-the-rescue">
<h2>Technology to the Rescue</h2>
<p>So to cut a very long story short: we can get away without social
distancing with the help of technology. This is why: the most efficient
way to fight the outbreak of a pandemic is isolating cases. If you can
catch them before they can infect others you can starve the virus. Now
the issue with this is obviously that you have people running around with
the virus who can infect others but are not symptomatic. So we can only
do the second next best thing: if we can find all the people they had
contact with when they finally become symptomatic, we can narrow down the
search radius for tests.</p>
<p>So a very successful approach could be:</p>
<ol class="arabic simple">
<li>find a covid-19 suspect</li>
<li>test the person</li>
<li>when they are positive, test all of their close contacts</li>
</ol>
<p>So how do we find their cases? The tool of choice in many countries
already are apps. They send out a beacon signal and collect beacon
signals of other users around. When someone tests positive, healthcare
services can notice contacts.</p>
</div>
<div class="section" id="avoiding-orwell">
<h2>Avoiding Orwell</h2>
<p>Now this is where it gets interesting. Let's take Austria for instance
where I live. We have around 9 million residents here. Let's assume
we're aiming for 60% of resident using that app. That sounds like a
surveillance state and scalability nightmare for a country known for
building scalable apps.</p>
<p>But let's think for a moment what is actually necessary to achieve our
goal: it turns out we could largely achieve what we want without a
centralized infrastructure.</p>
<p>Let's set the window of people we care about to something like 5 days.
This means that if someone tests positive, that person's contacts of the
last 5 days ideally get informed about a covid case they had contact with.
How do we design such a system that it's not a privacy invading behemoth?</p>
<p>The app upon installation would roll a random ID and store it. Then it
encrypts the ID it just created with the public key of a central
governmental authority and broadcasts it to other people around via
bluetooth. It then cycles this ID in regular intervals.</p>
<p>When another device (the infected person) sees this ID it measures signal
strength and time observed. When enough time was spent with the other
person and that contact was “close enough” it records the broadcast
(encrypted ID) on the device. The device also just deletes records older
than 5 days.</p>
<p>When person is identified as infected they need to export the contacts
from their app and send it to the health ministry. They could use their
private key to decrypt the IDs and then get in contact with the
potential contacts.</p>
<p>How do they do that? One option does involve a system like a push
notification service. That would obviously require the device to register
their unique ID with a central server and a push notification channel but
this would not reveal much.</p>
<p>Another option could be to do the check in manually which would work for
non connected IoT type of solutions. You could implement such a system as
a token you need to regularly bring to a place to check if you are now
considered a contact person. For instance one could deploy check-in
stations at public transport hubs where you hold your token against and if
one of your contacts was infected it would beep.</p>
<p>Either way the central authority would not know who you are. Your only
point of contact would be when you become a covid case. Most importantly
this system could be created in a way where it's completely useless for
tracking people but still be useful for contact tracing.</p>
</div>
<div class="section" id="the-phone-in-your-pocket">
<h2>The Phone in your Pocket</h2>
<p>I had conversations with a lot of people over the last few days about
contact tracing apps and I noticed —&nbsp;particularly from technically minded
people — an aversion against the idea of contact tracing via apps. This
does not surprise me, because it's an emotional topic. However it does
hammer home a point that people are very good at misjudging data privacy.</p>
<p>Almost every person I know uses Google maps on their phone with location
history enabled. With that, they also participate in a large data
collection project where their location is constantly being transmitted to
Google. They use this information to judge how fluid traffic is on the
road, how many people are at stores, how busy public transit is etc. All
that data is highly valuable and people love to use this data. I know I
do. I'm also apparently entirely okay with that, even though I know there
is an associated risk.</p>
</div>
<div class="section" id="the-future">
<h2>The Future</h2>
<p>My point here is a simple one: contact tracing if done well is
significantly less privacy infringing than what many tech companies
already do where we're okay with.</p>
<p>I also believe that contact tracing via apps or hardware tokens is our
best chance to return to a largely normal life without giving up all our
civil liberties. I really hope that we're going to have informed and
reasonable technical discussions about how to do contact tracing right and
give this a fair chance.</p>
</div>
</article>


<hr>

<footer>
<p>
<a href="/david/" title="Aller à l’accueil">🏠</a> •
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</p>
</footer>
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</body>
</html>

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title: App Assisted Contact Tracing
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<p class=date>written on Friday, April 3, 2020
<p>I don't know how I thought the world would look like 10 years ago, but a
pandemic that prevents us from going outside was not what I was picturing.
It's about three weeks now that I and my family are spending at home in
Austria instead of going to work or having the kids at daycare, two of
those weeks were under mandatory social distancing because of SARS-CoV-2.</p>
<p>And as cute as <a class="reference external" href="https://en.wikipedia.org/wiki/Social_distancing">social distancing</a>
and “flattening the curve” sounds at first, the consequences to our daily
lives are beyond anything I could have imagined would happen in my
lifetime.</p>
<p>What is still conveniently forgotten is that the curve really only stays
flat if we're doing this for a very, very long time. And quite frankly,
I'm not sure for how long our society will be able to do this. Even just
closing restaurants is costing tens of thousands of jobs and closing
schools is going to set back the lives of many children growing up. Many
people are currently separated from their loved ones with no easy way to
get to them because international travel grinded to a halt.</p>
<div class="section" id="technology-to-the-rescue">
<h2>Technology to the Rescue</h2>
<p>So to cut a very long story short: we can get away without social
distancing with the help of technology. This is why: the most efficient
way to fight the outbreak of a pandemic is isolating cases. If you can
catch them before they can infect others you can starve the virus. Now
the issue with this is obviously that you have people running around with
the virus who can infect others but are not symptomatic. So we can only
do the second next best thing: if we can find all the people they had
contact with when they finally become symptomatic, we can narrow down the
search radius for tests.</p>
<p>So a very successful approach could be:</p>
<ol class="arabic simple">
<li>find a covid-19 suspect</li>
<li>test the person</li>
<li>when they are positive, test all of their close contacts</li>
</ol>
<p>So how do we find their cases? The tool of choice in many countries
already are apps. They send out a beacon signal and collect beacon
signals of other users around. When someone tests positive, healthcare
services can notice contacts.</p>
</div>
<div class="section" id="avoiding-orwell">
<h2>Avoiding Orwell</h2>
<p>Now this is where it gets interesting. Let's take Austria for instance
where I live. We have around 9 million residents here. Let's assume
we're aiming for 60% of resident using that app. That sounds like a
surveillance state and scalability nightmare for a country known for
building scalable apps.</p>
<p>But let's think for a moment what is actually necessary to achieve our
goal: it turns out we could largely achieve what we want without a
centralized infrastructure.</p>
<p>Let's set the window of people we care about to something like 5 days.
This means that if someone tests positive, that person's contacts of the
last 5 days ideally get informed about a covid case they had contact with.
How do we design such a system that it's not a privacy invading behemoth?</p>
<p>The app upon installation would roll a random ID and store it. Then it
encrypts the ID it just created with the public key of a central
governmental authority and broadcasts it to other people around via
bluetooth. It then cycles this ID in regular intervals.</p>
<p>When another device (the infected person) sees this ID it measures signal
strength and time observed. When enough time was spent with the other
person and that contact was “close enough” it records the broadcast
(encrypted ID) on the device. The device also just deletes records older
than 5 days.</p>
<p>When person is identified as infected they need to export the contacts
from their app and send it to the health ministry. They could use their
private key to decrypt the IDs and then get in contact with the
potential contacts.</p>
<p>How do they do that? One option does involve a system like a push
notification service. That would obviously require the device to register
their unique ID with a central server and a push notification channel but
this would not reveal much.</p>
<p>Another option could be to do the check in manually which would work for
non connected IoT type of solutions. You could implement such a system as
a token you need to regularly bring to a place to check if you are now
considered a contact person. For instance one could deploy check-in
stations at public transport hubs where you hold your token against and if
one of your contacts was infected it would beep.</p>
<p>Either way the central authority would not know who you are. Your only
point of contact would be when you become a covid case. Most importantly
this system could be created in a way where it's completely useless for
tracking people but still be useful for contact tracing.</p>
</div>
<div class="section" id="the-phone-in-your-pocket">
<h2>The Phone in your Pocket</h2>
<p>I had conversations with a lot of people over the last few days about
contact tracing apps and I noticed —&nbsp;particularly from technically minded
people — an aversion against the idea of contact tracing via apps. This
does not surprise me, because it's an emotional topic. However it does
hammer home a point that people are very good at misjudging data privacy.</p>
<p>Almost every person I know uses Google maps on their phone with location
history enabled. With that, they also participate in a large data
collection project where their location is constantly being transmitted to
Google. They use this information to judge how fluid traffic is on the
road, how many people are at stores, how busy public transit is etc. All
that data is highly valuable and people love to use this data. I know I
do. I'm also apparently entirely okay with that, even though I know there
is an associated risk.</p>
</div>
<div class="section" id="the-future">
<h2>The Future</h2>
<p>My point here is a simple one: contact tracing if done well is
significantly less privacy infringing than what many tech companies
already do where we're okay with.</p>
<p>I also believe that contact tracing via apps or hardware tokens is our
best chance to return to a largely normal life without giving up all our
civil liberties. I really hope that we're going to have informed and
reasonable technical discussions about how to do contact tracing right and
give this a fair chance.</p>
</div>

+ 139
- 0
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<title>10 prérequis pour l'évaluation d'applications de "suivi de contact Coronavirus" (archive) — David Larlet</title>
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<body class="remarkdown h1-underline h2-underline h3-underline hr-center ul-star pre-tick">

<article>
<h1>10 prérequis pour l'évaluation d'applications de "suivi de contact Coronavirus"</h1>
<h2><a href="https://blog.keiruaprod.fr/2020/04/08/prerequis-pour-appli-de-suivi-de-contacts.html">Source originale du contenu</a></h2>
<p>Cet article est la traduction d’<a href="https://www.ccc.de/en/updates/2020/contact-tracing-requirements">un article du 6 avril 2020</a> écrit par le <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Chaos_Computer_Club">Chaos Computer Club</a> sur les conditions que devraient respecter une application de suivi de contact dans le cadre du Covid-19. Les experts de la surveillance − <a href="https://standblog.org/blog/post/2020/04/08/Covid-19-et-la-surveillance">Tristan Nitot</a>, <a href="https://twitter.com/oliviertesquet/status/1247823274597404672">Olivier Tesquet</a>, <a href="https://twitter.com/amaelle_g/status/1247928366621167616">Amaelle Guiton</a>… − constatent tous la même chose. Les idées évoluent vite dans l’esprit du public et du gouvernement dans ce qu’il est tolérable d’accepter de changer pour sortir au plus vite de la crise sanitaire, et les risques de dérive sont majeurs. Si nous devons aller dans la direction d’une telle application, il faudra être très vigilant pour ne pas avancer un grand coup et dans la durée vers une société où la surveillance est encore plus marquée qu’aujourd’hui.</p>

<p>Les remarques du CCC me paraissent donc essentielles et j’aimerais qu’un maximum de gens les aient en tête au cours des discussions qui, en fait, ont déja démarré. Voici la traduction, l’<a href="https://www.ccc.de/en/updates/2020/contact-tracing-requirements">original est ici</a>. Ce texte étant open source (<a href="https://github.com/Keirua/blog.keiruaprod.fr/">là</a>), vous pouvez suggérer des améliorations.</p>

<hr/>

<p>Les «applications Corona» sont sur les lèvres de tout le monde comme un moyen de contenir l’épidémie du SARS-CoV-2. Le CCC publie 10 prérequis pour leur évaluation d’un point de vue technique et sociétal.</p>

<p>Actuellement, le «suivi de contact» supporté par la technologie est considéré comme un moyen de lutter contre la diffusion du SARS-CoV-2 d’une manière plus ciblée (ndt: que par le confinement global). L’idée générale est de permettre une plus grande liberté de mouvement pour la majorité de la société à travers un suivi et une interruption rapide des chaines d’infection. Les contacts des personnes infectées devraient être alertées plus rapidement et ainsi pouvoir se mettre en quarantaine plus rapidement. Cela permet, ensuite, de prévenir les avancées des contaminations. Une «appli Corona» ne nous protègerait ni nous, ni nos contacts: elle serait conçue pour casser des chaines d’infection en protégeant les contacts de nos contacts.</p>

<p>Il y a un grand nombre de suggestions pour l’implémentation technique de ce concept. Ces propositions vont de systèmes dystopiques de surveillance totale à des méthodes ciblées, complètement anonymes pour alerte des personnes potentiellement infectées sans connaitre spécifiquement qui que ce soit.</p>

<p>En principe, le concept d’une «appli Corona» implique une énorme risque à cause des données de contact et de santé qui sont collectées. En même temps, c’est une opportunité pour les concepts et les technologies de «vie privée par design» (privacy-by-design), développés par les communauté crypto et vie privée au cours des dernières décennies. Avec l’aide de ces technologies, il est possible de gérer le potentiel épidémiologique du suivi de contacts sans créer un désastre pour la vie privée. Pour cette raison seule, tous les concepts qui brisent ou même mettent en danger la vie privée doivent être strictement rejetés.</p>

<p>Dans ce qui suit, nous soulignons les prérequis minimum sociaux et technologiques pour de telles technologies. Le CCC se voit lui-même comme un conseiller et un observateur dans ce débat. Nous ne recommanderons pas d’appli spécifique, de concepts ou de procédures. Cependant nous mettrons en garde contre l’usage d’applications qui ne respecteront pas ces prérequis.</p>

<h2 id="i-prérequis-sociétaux">I Prérequis sociétaux</h2>

<h3 id="1-sens-épidémiologique-et-but">1 Sens épidémiologique et but</h3>

<p>Le prérequis de base est que le «suivi de contact» peut réellement aider significativement et de manière vérifiable à réduire le nombre d’infections. La validation de cette affirmation est la responsabilité de l’épidémiologie. S’il s’avère que le «suivi de contact» par application n’est pas utile ou ne remplit pas ce but, l’expérience doit être arrêtée.</p>

<p>L’application et toutes les données collectées doivent être utilisées exclusivement pour combattre les chaines d’infection du SARS-CoV-2. Tout autre usage doit être empêché techniquement aussi loin que possible et être interdit légalement.</p>

<h3 id="2-volontariat-et-liberté-pas-de-discriminations">2 Volontariat et liberté, pas de discriminations</h3>

<p>Pour une efficacité épidémiologique significative, une appli de «suivi de contact» nécessite un haut degré de dissémination dans la société. Cette large distribution ne doit pas être accomplie par la force, mais seulement en mettant en oeuvre un système de confiance qui respecte la vie privée. Dans cette optique, il ne doit pas y avoir de barrière par des tarifs ainsi qu’aucune incitation financière à l’usage.</p>

<p>Les gens qui refusent d’utiliser l’application ne doivent pas subir de conséquences négatives. S’en assurer est une question de politique et de législation.</p>

<p>L’application doit régulièrement informer les gens de son fonctionnement. Elle doit permettre simplement d’être temporairement désactivée ou supprimée de manière permanente. Les mesures restrictives, par exemple de type «bracelet électronique», pour controller l’application des restrictions de contact, ne doivent pas être implémentées.</p>

<h3 id="3la-vie-privée-est-fondamentale">3 La vie privée est fondamentale</h3>

<p>C’est seulement avec un concept convaincant basé sur le principe de vie privée que l’acceptation sociale pourra être obtenue.</p>

<p>En même temps, des mesures technologiques tel que le chiffrement ou les technologies d’anonymisation doivent assurer la vie privée des utilisateurs. Il n’est pas suffisant de se baser sur des mesures organisationnelles, la “confiance” et des promesses. Des bloquages organisationnels ou légaux contre l’accès aux données ne doivent pas être considérés comme suffisants dans le climat social actuel de pensée d’état d’urgence qui rend possible des exceptions extrèmes aux droits constitutionnels à travers l’État d’Urgence Sanitaire.</p>

<p>Nous rejetons l’implication de sociétés développant des technologies de surveillance car c’est du «covid-washing» (ndt: les présenter sous un jour favorable car ils contribuent à lutter contre l’épidémie). Un principe de base est que les utilisateurs ne devraient pas devoir “faire confiance” à qui que ce soit ou à des institutions concernant leurs données, mais doivent pouvoir s’assurer d’une sécurité technique, documentée et testée.</p>

<h3 id="4-transparence-et-vérifiabilité">4 Transparence et vérifiabilité</h3>

<p>Le code source complet de l’application et de l’infrastructure doit être librement accessible sans restrictions d’accès pour permettre un audit par les parties intéressées. Des techniques d’industrialisation reproductibles doivent être utilisées pour que les utilisateurs puissent s’assurer que l’application qu’ils téléchargent a bien été construite à partir du code source audité.</p>

<h2 id="ii-prérequis-techniques">II Prérequis techniques</h2>

<h3 id="5pas-dentité-centrale-de-confiance">5 Pas d’entité centrale de confiance</h3>

<p>Un suivi de contact complètement anonyme sans serveurs centraux omniscients est techniquement possible. Faire dépendre la vie privée des usagers sur la confiance et la compétence des opérateurs des structures centrales n’est techniquement pas nécessaire. Les concepts basés sur cette “confiance” doivent être rejetés.</p>

<p>Par ailleurs, la sécurité promise et la confiance dans les systèmes centralisés ne peut en réalité pas être vérifiée par des utilisateurs. Les systèmes doivent de ce fait être conçus pour garantir la sécurité et la confidentialité des données des utilisateurs exclusivement à travers leur chiffrement, leur concept d’anonymisation et la vérifiabilité du code source.</p>

<h3 id="6-économie-des-données">6 Économie des données</h3>

<p>Seul un minimum de données et les métadonnées nécessaires pour le but de l’application doivent être stockées. Cette contrainte empêche la collecte centrale de toute donnée qui n’est pas spécifique à un contact entre des personnes et sa durée.</p>

<p>Si des données additionnelles, tel que les informations de localisation, sont enregistrées localement sur les téléphones, les utilisateurs ne doivent pas être forcés ou tentés de transmettre ces données à des tiers, ni même de les publier. Les données qui ne sont plus nécessaires doivent être détruites. Les données sensibles doivent aussi être chiffrées localement sur le téléphone.</p>

<p>Pour la collecte volontaire de données dans une optique de recherche épidémiologique, qui va donc au-delà du but initial du suivi de contact, un consentement clair et séparé doit être explicitement obtenu dans l’interface de l’application et il doit être possible, à tout instant, de le révoquer. Ce consentement ne doit pas être un prérequis pour l’utilisation de l’application.</p>

<h3 id="7-anonymat">7 Anonymat</h3>

<p>Les données que chaque appareil collecte à propos des autres appareils ne doivent pas permettre de désanonymiser leurs utilisateurs. Les données que les utilisateurs transmettent à propos d’eux-même ne doivent pas permettre de les désanonymiser. Il faut de ce fait que le système puisse être utilisé sans collecter ou permettre de déduire des données personnelles, quelle qu’en soit le type. Ce prérequis interdit l’usage des informations uniques d’identité.</p>

<p>Les identifiants pour les suivi de contact par des technologies sans fil (par ex. Bluetooth ou ultrason) ne doivent pas permettre de remonter aux personnes et doivent changer régulièrement. Pour cette raison, il est également interdit de connecter ou de dériver ces identifiants avec des données de communication qui les accompagnent, tel que des numéro de téléphones, adresses IP, identifiants des appareils…</p>

<p>Le système doit être conçu de telle manière à ce que les profils de mouvement (suivi de localisation) ou les profils de contacts (motifs des contacts fréquents qui permettent de remonter à des personnes spécifiques) ne puissent être établis, intentionnellement ou non. Des méthodes tel que la centralisation de données GPS ou de localisation, ou lier les données à des numéros de téléphone, des comptes sur les réseaux sociaux et autres doivent donc être rejetés par principe.</p>

<h3 id="9-non-rapprochement-des-détails-techniques-aux-données-personnelles">9 Non rapprochement des détails techniques aux données personnelles</h3>

<p>La conception de la génération de ces identifiants temporaires doit être telle que ces identifiants ne puissent pas être interprétés et liés sans connaissance d’une clé privée controllée par les utilisateurs. Ils ne doivent de ce fait pas être dérivés à partir d’une autre information identifiant l’utilisateur, directement ou indirectement. Indépendemment du fait que les identifiants sont communiqués lors d’une infection, il doit être exclus que les données collectées de «suivi de contact» puissent être chainées sur de longues périodes de temps.</p>

<h3 id="10-non-observabilité-des-communications">10 Non observabilité des communications</h3>

<p>Même si la transmission d’un message est observée à travers le système (c’est à dire à partir des métadonnées de communication), il ne doit pas être possible de conclure qu’une personne est infectée ou qu’elle a eu des contacts avec des personnes infectées. Il faut s’en assurer à la fois vis-à-vis des autres utilisateurs, de l’infrastructure, des opérateurs du réseau et des attaquant qui auraient pénétré dans ces systèmes.</p>

<h2 id="rôle-du-ccc">Rôle du CCC</h2>

<p>Depuis plus de 30 ans, le CCC s’est engagé dans un travail volontaire à l’intersection de la technologie et de la société. Nos <a href="https://www.ccc.de/en/hackerethics">principes éthiques</a> sont de défendre la vie privée, la décentralisation et l’économie de la donnée − et de lutter contre toute forme de surveillance et de contrainte.</p>

<p>Sans affirmer être exhaustifs, dans cet article nous donnons les prérequis minimum en matière de vie privée que doit avoir une «appli Corona» afin d’être socialement et technologiquement tolérable par tous. Le CCC ne fournira jamais, dans aucune circonstance, une approbation, une recommandation, un certificat ou un test d’une implémentation concrète.</p>

<p>Cette responsabilité incombe aux développeurs des systèmes de suivi de contact qui devront prouver qu’ils respectent ces prérequis ou les faire vérifier par des tiers indépendants.</p>
</article>


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title: 10 prérequis pour l'évaluation d'applications de "suivi de contact Coronavirus"
url: https://blog.keiruaprod.fr/2020/04/08/prerequis-pour-appli-de-suivi-de-contacts.html
hash_url: 5de73fee2ee649cb44f623c5d2b28a2f

<p>Cet article est la traduction d’<a href="https://www.ccc.de/en/updates/2020/contact-tracing-requirements">un article du 6 avril 2020</a> écrit par le <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Chaos_Computer_Club">Chaos Computer Club</a> sur les conditions que devraient respecter une application de suivi de contact dans le cadre du Covid-19. Les experts de la surveillance − <a href="https://standblog.org/blog/post/2020/04/08/Covid-19-et-la-surveillance">Tristan Nitot</a>, <a href="https://twitter.com/oliviertesquet/status/1247823274597404672">Olivier Tesquet</a>, <a href="https://twitter.com/amaelle_g/status/1247928366621167616">Amaelle Guiton</a>… − constatent tous la même chose. Les idées évoluent vite dans l’esprit du public et du gouvernement dans ce qu’il est tolérable d’accepter de changer pour sortir au plus vite de la crise sanitaire, et les risques de dérive sont majeurs. Si nous devons aller dans la direction d’une telle application, il faudra être très vigilant pour ne pas avancer un grand coup et dans la durée vers une société où la surveillance est encore plus marquée qu’aujourd’hui.</p>

<p>Les remarques du CCC me paraissent donc essentielles et j’aimerais qu’un maximum de gens les aient en tête au cours des discussions qui, en fait, ont déja démarré. Voici la traduction, l’<a href="https://www.ccc.de/en/updates/2020/contact-tracing-requirements">original est ici</a>. Ce texte étant open source (<a href="https://github.com/Keirua/blog.keiruaprod.fr/">là</a>), vous pouvez suggérer des améliorations.</p>

<hr/>

<p>Les «applications Corona» sont sur les lèvres de tout le monde comme un moyen de contenir l’épidémie du SARS-CoV-2. Le CCC publie 10 prérequis pour leur évaluation d’un point de vue technique et sociétal.</p>

<p>Actuellement, le «suivi de contact» supporté par la technologie est considéré comme un moyen de lutter contre la diffusion du SARS-CoV-2 d’une manière plus ciblée (ndt: que par le confinement global). L’idée générale est de permettre une plus grande liberté de mouvement pour la majorité de la société à travers un suivi et une interruption rapide des chaines d’infection. Les contacts des personnes infectées devraient être alertées plus rapidement et ainsi pouvoir se mettre en quarantaine plus rapidement. Cela permet, ensuite, de prévenir les avancées des contaminations. Une «appli Corona» ne nous protègerait ni nous, ni nos contacts: elle serait conçue pour casser des chaines d’infection en protégeant les contacts de nos contacts.</p>



<p>Il y a un grand nombre de suggestions pour l’implémentation technique de ce concept. Ces propositions vont de systèmes dystopiques de surveillance totale à des méthodes ciblées, complètement anonymes pour alerte des personnes potentiellement infectées sans connaitre spécifiquement qui que ce soit.</p>

<p>En principe, le concept d’une «appli Corona» implique une énorme risque à cause des données de contact et de santé qui sont collectées. En même temps, c’est une opportunité pour les concepts et les technologies de «vie privée par design» (privacy-by-design), développés par les communauté crypto et vie privée au cours des dernières décennies. Avec l’aide de ces technologies, il est possible de gérer le potentiel épidémiologique du suivi de contacts sans créer un désastre pour la vie privée. Pour cette raison seule, tous les concepts qui brisent ou même mettent en danger la vie privée doivent être strictement rejetés.</p>

<p>Dans ce qui suit, nous soulignons les prérequis minimum sociaux et technologiques pour de telles technologies. Le CCC se voit lui-même comme un conseiller et un observateur dans ce débat. Nous ne recommanderons pas d’appli spécifique, de concepts ou de procédures. Cependant nous mettrons en garde contre l’usage d’applications qui ne respecteront pas ces prérequis.</p>

<h2 id="i-prérequis-sociétaux">I Prérequis sociétaux</h2>

<h3 id="1-sens-épidémiologique-et-but">1 Sens épidémiologique et but</h3>

<p>Le prérequis de base est que le «suivi de contact» peut réellement aider significativement et de manière vérifiable à réduire le nombre d’infections. La validation de cette affirmation est la responsabilité de l’épidémiologie. S’il s’avère que le «suivi de contact» par application n’est pas utile ou ne remplit pas ce but, l’expérience doit être arrêtée.</p>

<p>L’application et toutes les données collectées doivent être utilisées exclusivement pour combattre les chaines d’infection du SARS-CoV-2. Tout autre usage doit être empêché techniquement aussi loin que possible et être interdit légalement.</p>

<h3 id="2-volontariat-et-liberté-pas-de-discriminations">2 Volontariat et liberté, pas de discriminations</h3>

<p>Pour une efficacité épidémiologique significative, une appli de «suivi de contact» nécessite un haut degré de dissémination dans la société. Cette large distribution ne doit pas être accomplie par la force, mais seulement en mettant en oeuvre un système de confiance qui respecte la vie privée. Dans cette optique, il ne doit pas y avoir de barrière par des tarifs ainsi qu’aucune incitation financière à l’usage.</p>

<p>Les gens qui refusent d’utiliser l’application ne doivent pas subir de conséquences négatives. S’en assurer est une question de politique et de législation.</p>

<p>L’application doit régulièrement informer les gens de son fonctionnement. Elle doit permettre simplement d’être temporairement désactivée ou supprimée de manière permanente. Les mesures restrictives, par exemple de type «bracelet électronique», pour controller l’application des restrictions de contact, ne doivent pas être implémentées.</p>

<h3 id="3la-vie-privée-est-fondamentale">3 La vie privée est fondamentale</h3>

<p>C’est seulement avec un concept convaincant basé sur le principe de vie privée que l’acceptation sociale pourra être obtenue.</p>

<p>En même temps, des mesures technologiques tel que le chiffrement ou les technologies d’anonymisation doivent assurer la vie privée des utilisateurs. Il n’est pas suffisant de se baser sur des mesures organisationnelles, la “confiance” et des promesses. Des bloquages organisationnels ou légaux contre l’accès aux données ne doivent pas être considérés comme suffisants dans le climat social actuel de pensée d’état d’urgence qui rend possible des exceptions extrèmes aux droits constitutionnels à travers l’État d’Urgence Sanitaire.</p>

<p>Nous rejetons l’implication de sociétés développant des technologies de surveillance car c’est du «covid-washing» (ndt: les présenter sous un jour favorable car ils contribuent à lutter contre l’épidémie). Un principe de base est que les utilisateurs ne devraient pas devoir “faire confiance” à qui que ce soit ou à des institutions concernant leurs données, mais doivent pouvoir s’assurer d’une sécurité technique, documentée et testée.</p>

<h3 id="4-transparence-et-vérifiabilité">4 Transparence et vérifiabilité</h3>

<p>Le code source complet de l’application et de l’infrastructure doit être librement accessible sans restrictions d’accès pour permettre un audit par les parties intéressées. Des techniques d’industrialisation reproductibles doivent être utilisées pour que les utilisateurs puissent s’assurer que l’application qu’ils téléchargent a bien été construite à partir du code source audité.</p>

<h2 id="ii-prérequis-techniques">II Prérequis techniques</h2>

<h3 id="5pas-dentité-centrale-de-confiance">5 Pas d’entité centrale de confiance</h3>

<p>Un suivi de contact complètement anonyme sans serveurs centraux omniscients est techniquement possible. Faire dépendre la vie privée des usagers sur la confiance et la compétence des opérateurs des structures centrales n’est techniquement pas nécessaire. Les concepts basés sur cette “confiance” doivent être rejetés.</p>

<p>Par ailleurs, la sécurité promise et la confiance dans les systèmes centralisés ne peut en réalité pas être vérifiée par des utilisateurs. Les systèmes doivent de ce fait être conçus pour garantir la sécurité et la confidentialité des données des utilisateurs exclusivement à travers leur chiffrement, leur concept d’anonymisation et la vérifiabilité du code source.</p>

<h3 id="6-économie-des-données">6 Économie des données</h3>

<p>Seul un minimum de données et les métadonnées nécessaires pour le but de l’application doivent être stockées. Cette contrainte empêche la collecte centrale de toute donnée qui n’est pas spécifique à un contact entre des personnes et sa durée.</p>

<p>Si des données additionnelles, tel que les informations de localisation, sont enregistrées localement sur les téléphones, les utilisateurs ne doivent pas être forcés ou tentés de transmettre ces données à des tiers, ni même de les publier. Les données qui ne sont plus nécessaires doivent être détruites. Les données sensibles doivent aussi être chiffrées localement sur le téléphone.</p>

<p>Pour la collecte volontaire de données dans une optique de recherche épidémiologique, qui va donc au-delà du but initial du suivi de contact, un consentement clair et séparé doit être explicitement obtenu dans l’interface de l’application et il doit être possible, à tout instant, de le révoquer. Ce consentement ne doit pas être un prérequis pour l’utilisation de l’application.</p>

<h3 id="7-anonymat">7 Anonymat</h3>

<p>Les données que chaque appareil collecte à propos des autres appareils ne doivent pas permettre de désanonymiser leurs utilisateurs. Les données que les utilisateurs transmettent à propos d’eux-même ne doivent pas permettre de les désanonymiser. Il faut de ce fait que le système puisse être utilisé sans collecter ou permettre de déduire des données personnelles, quelle qu’en soit le type. Ce prérequis interdit l’usage des informations uniques d’identité.</p>

<p>Les identifiants pour les suivi de contact par des technologies sans fil (par ex. Bluetooth ou ultrason) ne doivent pas permettre de remonter aux personnes et doivent changer régulièrement. Pour cette raison, il est également interdit de connecter ou de dériver ces identifiants avec des données de communication qui les accompagnent, tel que des numéro de téléphones, adresses IP, identifiants des appareils…</p>



<p>Le système doit être conçu de telle manière à ce que les profils de mouvement (suivi de localisation) ou les profils de contacts (motifs des contacts fréquents qui permettent de remonter à des personnes spécifiques) ne puissent être établis, intentionnellement ou non. Des méthodes tel que la centralisation de données GPS ou de localisation, ou lier les données à des numéros de téléphone, des comptes sur les réseaux sociaux et autres doivent donc être rejetés par principe.</p>

<h3 id="9-non-rapprochement-des-détails-techniques-aux-données-personnelles">9 Non rapprochement des détails techniques aux données personnelles</h3>

<p>La conception de la génération de ces identifiants temporaires doit être telle que ces identifiants ne puissent pas être interprétés et liés sans connaissance d’une clé privée controllée par les utilisateurs. Ils ne doivent de ce fait pas être dérivés à partir d’une autre information identifiant l’utilisateur, directement ou indirectement. Indépendemment du fait que les identifiants sont communiqués lors d’une infection, il doit être exclus que les données collectées de «suivi de contact» puissent être chainées sur de longues périodes de temps.</p>

<h3 id="10-non-observabilité-des-communications">10 Non observabilité des communications</h3>

<p>Même si la transmission d’un message est observée à travers le système (c’est à dire à partir des métadonnées de communication), il ne doit pas être possible de conclure qu’une personne est infectée ou qu’elle a eu des contacts avec des personnes infectées. Il faut s’en assurer à la fois vis-à-vis des autres utilisateurs, de l’infrastructure, des opérateurs du réseau et des attaquant qui auraient pénétré dans ces systèmes.</p>

<h2 id="rôle-du-ccc">Rôle du CCC</h2>

<p>Depuis plus de 30 ans, le CCC s’est engagé dans un travail volontaire à l’intersection de la technologie et de la société. Nos <a href="https://www.ccc.de/en/hackerethics">principes éthiques</a> sont de défendre la vie privée, la décentralisation et l’économie de la donnée − et de lutter contre toute forme de surveillance et de contrainte.</p>

<p>Sans affirmer être exhaustifs, dans cet article nous donnons les prérequis minimum en matière de vie privée que doit avoir une «appli Corona» afin d’être socialement et technologiquement tolérable par tous. Le CCC ne fournira jamais, dans aucune circonstance, une approbation, une recommandation, un certificat ou un test d’une implémentation concrète.</p>

<p>Cette responsabilité incombe aux développeurs des systèmes de suivi de contact qui devront prouver qu’ils respectent ces prérequis ou les faire vérifier par des tiers indépendants.</p>

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<title>Il n'y aura pas de retour à la normale (archive) — David Larlet</title>
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<article>
<h1>Il n'y aura pas de retour à la normale</h1>
<h2><a href="https://www.terrestres.org/2020/03/24/il-ny-aura-pas-de-retour-a-la-normale/">Source originale du contenu</a></h2>
<p class="td-post-sub-title">Nos vies reprendront-elles leur cours après le confinement ? S'appuyant sur les modélisations de la pandémie du rapport de l'Imperial College, Gideon Lichfield estime que nos vies confinées et contrôlées ne sont pas prêtes de disparaître. Le bouleversement sanitaire et sécuritaire de nos sociétés sera massif.</p>

<p><span class="rt-reading-time"><span class="rt-label rt-prefix">Temps de lecture : </span> <span class="rt-time">9</span> <span class="rt-label rt-postfix">minutes</span></span>
<p><strong>Nos vies reprendront-elles leur cours habituel après le confinement ? Rien n’est moins sûr. Le vote précipité à l’Assemblée nationale, le 21 mars, d’une « loi d’urgence » donnant au gouvernement le droit de légiférer par ordonnances pour restreindre les libertés publiques et pour modifier le droit du travail en imposant aux salariés une semaine de congé et la prise de RTT pendant la durée du confinement pose question. Le souvenir de l’état urgence terroriste ne doit pas être perdu. Décrété après les attentats de 2015 et présenté comme provisoire, il n’a en fait jamais été aboli. L’essentiel de ses dispositions, passées dans le droit commun en novembre 2017, sont devenues notre nouvelle normalité. En ira-t-il de même pour les expériences qu’autorise l’état d’urgence sanitaire ? </strong></p></p>
<p><strong>Dans cet article, Gideon Lichfield s’appuie sur les modélisations de l’évolution de la pandémie réalisées par l’équipe des épidémiologistes de l’Imperial College de Londres, paru le 16 mars, et reprises par le Comité scientifique qui conseille Macron. Le pronostic qu’en tire l’auteur est clair : l’épidémie ne disparaîtra pas au bout de 2 ou de 6 mois. Nos vies confinées et contrôlées non plus. Nous entrons dans le temps du délitement : il faut nous préparer à un cycle long alternant périodes de privation de libertés, lors des résurgences du virus, et moments d’assouplissement de ces restrictions en périodes de décrue. Lichfield pronostique que le nouvel impératif de sécurité sanitaire va doucement envahir nos vies et les conduire vers plus de surveillance, de contrôle social et surtout d’inégalités. </strong></p>

<p><strong>Sans adhérer à toutes les conclusions de cette analyse prospective, il a semblé intéressant et important à la rédaction de <em>Terrestres </em>de verser cette pièce au débat sur le bouleversement en cours.</strong></p>

<hr class="wp-block-separator"/>

<p class="has-small-font-size"><span>Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Maxime Chédin</span></p>

<p class="has-drop-cap">Pour stopper le coronavirus, il va nous falloir changer radicalement presque tout ce que nous faisons : notre façon de travailler, de faire du sport, de voir les gens, de faire les courses, d’assurer notre santé, d’éduquer nos enfants, de prendre soin des membres de notre famille.</p>

<p>On aimerait tous que les choses reviennent rapidement à la normale. Mais ce que la plupart d’entre nous n’ont probablement pas encore compris – ça ne tardera pas – c’est qu’il n’y aura en fait pas de retour à la normale après quelques semaines ou quelques mois. Un certain nombre de choses ne redeviendront jamais <em>normales</em>.</p>

<p>Il est maintenant largement admis (même en Grande-Bretagne) que l’objectif de chaque pays doit être d’« aplatir la courbe » de l’épidémie de Coronavirus. Autrement dit, imposer une distanciation sociale pour ralentir la propagation du virus et faire en sorte que le nombre de personnes malades en même temps ne provoque pas l’effondrement du système de santé, comme cela risque d’arriver en Italie en ce moment. Cela signifie que la pandémie doit être « étalée », à un niveau d’intensité faible, jusqu’à ce qu’un nombre suffisant de personnes aient eu le Covid-19, pour que la majeure partie de la population soit immunisée (en supposant que l’immunité dure des années, ce que nous ne savons pas), ou pour qu’un vaccin puisse être diffusé.</p>

<p>Combien de temps cela prendrait-il, et jusqu’où les restrictions des interactions sociales doivent-elles aller ? Hier [16 mars, ndt], le président Donald Trump, annonçant de nouvelles interdictions, telles que la limitation à 10 personnes des rassemblements, a déclaré qu’« avec plusieurs semaines d’actions ciblées, nous pourrons reprendre le contrôle et inverser rapidement la courbe ». En Chine, le confinement qui dure depuis six semaines commence à s’atténuer, à présent que les nouveaux cas de contamination se font rares.</p>

<p>Mais ça ne s’arrêtera pas là. Tant que quelqu’un dans le monde sera porteur du virus, les poussées épidémiques peuvent se reproduire et continueront de se produire si des contrôles stricts ne sont pas instaurés pour les contenir. Dans un <a href="https://www.imperial.ac.uk/media/imperial-college/medicine/sph/ide/gida-fellowships/Imperial-College-COVID19-NPI-modelling-16-03-2020.pdf">rapport</a> publié hier [16 mars], une équipe de chercheurs de l’<em>Imperial College</em> de Londres a proposé un moyen d’y parvenir : instaurer des mesures de distanciation sociale plus fortes chaque fois que les admissions dans les unités de soins intensifs (USI) commencent à monter en flèche, et les assouplir lorsque le nombre d’admissions retombe. Voici à quoi cela ressemblerait :</p>

<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img src="https://www.terrestres.org/wp-content/uploads/2020/03/Graph-1-1024x723.png" alt="" class="wp-image-5628" srcset="https://www.terrestres.org/wp-content/uploads/2020/03/Graph-1-1024x723.png 1024w, https://www.terrestres.org/wp-content/uploads/2020/03/Graph-1-300x212.png 300w, https://www.terrestres.org/wp-content/uploads/2020/03/Graph-1-768x542.png 768w, https://www.terrestres.org/wp-content/uploads/2020/03/Graph-1-100x70.png 100w, https://www.terrestres.org/wp-content/uploads/2020/03/Graph-1-200x140.png 200w, https://www.terrestres.org/wp-content/uploads/2020/03/Graph-1-696x491.png 696w, https://www.terrestres.org/wp-content/uploads/2020/03/Graph-1-1068x754.png 1068w, https://www.terrestres.org/wp-content/uploads/2020/03/Graph-1-595x420.png 595w, https://www.terrestres.org/wp-content/uploads/2020/03/Graph-1.png 1436w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px"/></figure></div>

<p>La ligne orange correspond aux admissions en soins intensifs [ICU, <em>Intensive Care Units. NDT</em>]. Chaque fois qu’elles dépassent un certain seuil – par exemple 100 nouveaux cas par semaine – le pays fermerait toutes les écoles et la plupart des universités et adopterait une politique de distanciation sociale. En dessous de 50, ces mesures seraient levées, mais les personnes présentant des symptômes ou dont des membres de la famille présentent des symptômes seraient confinées chez elles.</p>

<p>Qu’entend-on par « distanciation sociale » ? Les chercheurs la définissent ainsi : « Tous les ménages réduisent de 75% les contacts en dehors du foyer, de l’école ou du lieu de travail ». Cela ne veut pas dire que vous pouvez sortir avec vos amis une fois par semaine au lieu de quatre fois. Cela signifie que chacun fait tout ce qu’il peut pour minimiser les contacts sociaux et que, dans l’ensemble, le nombre de contacts diminue de 75%.</p>

<p>Si on suit ce modèle, concluent les chercheurs, la distanciation sociale et les fermetures d’écoles devraient être en vigueur environ deux tiers du temps – deux mois de confinement alternant en moyenne avec un mois de reprise – jusqu’à ce qu’un vaccin soit disponible, ce qui prendrait au moins 18 mois (<a href="https://www.technologyreview.com/s/615331/a-coronavirus-vaccine-will-take-at-least-18-monthsif-it-works-at-all/">si tant est qu’il fonctionne</a>). Ils notent que les résultats sont « qualitativement similaires pour les États-Unis ».</p>

<p><em>Dix-huit mois ?!</em> Il doit sûrement y avoir d’autres solutions, direz-vous. Pourquoi ne pas simplement augmenter le nombre de lits en soins intensifs et traiter plus de personnes en même temps, par exemple ?</p>

<p>Eh bien, dans le modèle proposé, cela ne résout pas le problème. Sans l’instauration d’une distanciation sociale de l’ensemble de la population, les chercheurs ont constaté que même la meilleure stratégie d’atténuation, de temporisation (<em>mitigation</em>) – c’est-à-dire l’isolement ou la mise en quarantaine des malades, des personnes âgées et de celles qui ont été exposées, ainsi que la fermeture des écoles – produirait encore une augmentation du nombre de personnes gravement malades <em>huit fois supérieure</em> à ce que le système américain ou britannique peut supporter. (C’est la courbe bleue la plus basse du graphique ci-dessous ; la ligne rouge plate représente le nombre actuel de lits disponibles en réanimation ou soins intensifs). Même en réquisitionnant l’industrie pour qu’elle produise en série des respirateurs artificiels et tous les autres équipements nécessaires, il manquera encore beaucoup d’infirmières et de médecins pour prendre soin de tout le monde.</p>

<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img src="https://www.terrestres.org/wp-content/uploads/2020/03/Graph-2-1024x611.png" alt="" class="wp-image-5630" srcset="https://www.terrestres.org/wp-content/uploads/2020/03/Graph-2-1024x611.png 1024w, https://www.terrestres.org/wp-content/uploads/2020/03/Graph-2-300x179.png 300w, https://www.terrestres.org/wp-content/uploads/2020/03/Graph-2-768x458.png 768w, https://www.terrestres.org/wp-content/uploads/2020/03/Graph-2-1536x917.png 1536w, https://www.terrestres.org/wp-content/uploads/2020/03/Graph-2-696x415.png 696w, https://www.terrestres.org/wp-content/uploads/2020/03/Graph-2-1068x637.png 1068w, https://www.terrestres.org/wp-content/uploads/2020/03/Graph-2-704x420.png 704w, https://www.terrestres.org/wp-content/uploads/2020/03/Graph-2.png 1538w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px"/></figure></div>

<p>Pourquoi alors ne pas imposer un confinement drastique pour une période longue mais unique, de cinq mois environ ? Ça ne marche pas : dès que les interdictions sont levées, la pandémie éclate à nouveau, mais cette fois-ci, c’est l’hiver, la pire période pour les systèmes de santé surchargés.</p>

<p>Pourquoi ne pas se diriger alors vers une résolution plus brutale, à savoir relever considérablement le seuil du nombre d’admissions en soins intensifs à partir duquel on enclenche les mesures de confinement ou de distanciation sociale fortes, en acceptant que beaucoup plus de patients meurent ? Il s’avère que cela ne fait guère de différence. Même dans le scénario le moins restrictif de l’<em>Imperial College</em>, nous sommes enfermés plus de la moitié du temps.</p>

<p>En fait, il ne s’agit pas d’une perturbation temporaire. C’est le début d’un mode de vie qui sera complètement différent.</p>

<h2><strong>Vivre dans un état de pandémie</strong></h2>

<p>À court terme, cette situation nouvelle sera extrêmement préjudiciable aux entreprises et activités qui dépendent de la réunion de personnes en grand nombre : restaurants, cafés, bars, boîtes de nuit, salles de sport, hôtels, théâtres, cinémas, galeries d’art, centres commerciaux, foires artisanales, musées, musiciens et autres artistes, salles de sport et équipes sportives, lieux et producteurs de conférences, compagnies de croisière, compagnies aériennes, transports publics, écoles privées, garderies d’enfants. Sans parler du stress des parents obligés de scolariser leurs enfants à la maison, les personnes qui essaient de s’occuper de parents âgés sans les exposer au virus, et toute personne qui n’a pas d’économies ou d’épargne pour faire face à la baisse de ses revenus.</p>

<p>Certaines activités pourront bien sûr en partie s’adapter : les salles de fitness pourraient vendre du matériel à domicile et des sessions de formation en ligne, par exemple. Nous assisterons à une explosion de nouveaux services dans ce que l’on a déjà appelé « l’économie close » (<em>shut-in economy</em>). On peut aussi espérer que certaines habitudes se mettent à changer : moins de voyages polluants, des chaînes d’approvisionnement plus locales, plus de marche, plus de vélo. </p>

<p>Mais en réalité, le bouleversement sera, pour de très nombreuses entreprises et formes de subsistance, impossible à absorber. Le mode de vie confiné n’est tout simplement pas viable sur de si longues périodes. </p>

<p>Comment pourrons-nous donc vivre dans ce nouveau monde ? On peut espérer qu’une partie de la réponse consistera à développer de meilleurs systèmes de santé, avec un système d’intervention sanitaire capable d’agir rapidement pour identifier et contenir les épidémies avant qu’elles ne commencent à se propager, et d’augmenter très rapidement la production d’équipements médicaux, de kits de test et de médicaments quand nécessaire. Il sera trop tard pour arrêter le Covid-19, mais ces mesures aideront à faire face aux futures pandémies. </p>

<p>À court terme, nous bricolerons peut-être des compromis inconfortables qui nous permettront de conserver un semblant de vie sociale. Peut-être que les cinémas retireront la moitié de leurs sièges, que les réunions se tiendront dans des salles plus grandes avec des chaises espacées, et que les salles de sport exigeront que vous réserviez des séances d’entraînement à l’avance pour éviter toute fréquentation trop importante. </p>

<p>Mais en fin de compte, je prédis autre chose. C’est que nous allons rétablir notre capacité de socialiser, mais en toute « sécurité », c’est-à-dire en développant des moyens plus sophistiqués pour identifier les personnes qui sont <em>à risque</em>, et celles qui ne le sont pas, et en discriminant – légalement – celles qui le sont.</p>

<p>Nous pouvons en voir les signes avant-coureurs dans les mesures que certains pays prennent aujourd’hui. Israël commence à utiliser <a href="https://www.nytimes.com/2020/03/16/world/middleeast/israel-coronavirus-cellphone-tracking.html">les données de localisation des téléphones portables</a> avec lesquelles ses services de renseignement traquent les terroristes pour retrouver les personnes qui ont été en contact avec des porteurs connus du virus. Singapour procède à une recherche exhaustive des <a href="https://www.technologyreview.com/s/615353/singapore-is-the-model-for-how-to-handle-the-coronavirus/">contacts</a> et publie des données détaillées sur chaque cas connu, exceptée pour l’instant l’identification des personnes par leur nom.</p>

<p>Nous ne savons pas exactement à quoi ressemble cet avenir proche, bien sûr. Mais on peut imaginer un monde dans lequel, pour prendre un avion, il faudra être inscrit à un service qui trace vos déplacements via votre téléphone. Sans savoir où vous êtes allé, la compagnie aérienne recevrait une alerte si vous étiez à proximité de personnes infectées connues ou de points chauds de la maladie. Les mêmes exigences s’appliqueraient à l’entrée des grandes salles de spectacles, des bâtiments gouvernementaux ou des centres de transport public. Il y aurait des scanners de température partout, et votre entreprise pourrait exiger que vous portiez un moniteur qui surveille votre température ou d’autres signaux sanitaires du même type. Si les boîtes de nuit demandent déjà une preuve de majorité, elles pourraient à l’avenir exiger des preuves d’immunité virale – une carte d’identité ou une sorte de vérification numérique via votre téléphone, montrant que vous avez déjà récupéré ou été vacciné contre les dernières souches de virus.</p>

<p>Et nous nous adapterons à ces mesures. Nous les accepterons, comme nous avons accepté les contrôles de sécurité de plus en plus stricts dans les aéroports après les attaques terroristes. La surveillance intrusive de nos vies sera considérée comme un prix acceptable à payer pour jouir en sécurité de la liberté d’être avec d’autres personnes (saines).</p>

<p>Mais comme toujours, le coût réel de cette surveillance sera supporté par les plus pauvres et les plus fragiles. Les personnes qui ont moins accès aux soins de santé ou qui vivent dans des zones plus exposées aux maladies seront désormais aussi plus fréquemment exclues des lieux et des possibilités ouverts aux autres. Les travailleurs de l’industrie du spectacle – des chauffeurs aux plombiers en passant par les professeurs de yoga indépendants – verront leur emploi devenir plus précaire encore. Les immigrés, les réfugiés, les sans-papiers et les anciens détenus seront confrontés à un autre obstacle pour s’intégrer dans la société.</p>

<p>En outre, à moins que ne s’imposent des règles démocratiques strictes sur la manière dont le risque de maladie ou de contagion d’une personne est évalué, les gouvernements ou les entreprises pourraient choisir des critères très divers : vous pourriez être considéré à haut risque si vous gagnez moins de 50 000 dollars par an, si vous faites partie d’une famille de plus de six personnes et si vous vivez dans certaines régions du pays, par exemple. Cela crée des possibilités de biais algorithmiques et de discrimination cachée, comme cela s’est produit l’année dernière avec un algorithme utilisé par des assurances de santé américaines, et qui s’est avéré <a href="https://www.technologyreview.com/f/614626/a-biased-medical-algorithm-favored-white-people-for-healthcare-programs/">favoriser – par inadvertance – les Blancs.</a></p>

<p>Le monde a changé à de nombreuses reprises. Il change à nouveau. Nous devrons tous nous adapter à une nouvelle façon de vivre, de travailler et de nouer des relations. Mais comme en tout changement, certains auront plus à perdre que d’autres, et ce sont ceux qui ont déjà beaucoup trop perdu. Le mieux que nous puissions espérer, c’est que la profondeur de cette crise forcera enfin les pays – les États-Unis en particulier – à corriger les inégalités sociales béantes qui expliquent l’immense vulnérabilité de larges pans de leur population.</p>

<p class="has-small-font-size"><strong>Gideon Lichfield</strong>, « <a href="https://www.technologyreview.com/s/615370/coronavirus-pandemic-social-distancing-18-months/?truid=09628e5751032d94e96002088cb0f3cd&amp;utm_source=the_download&amp;utm_medium=email&amp;utm_campaign=the_download.unpaid.engagement&amp;utm_content=03-18-2020">We’re not going back to normal</a> », <em>MIT Technological Review</em>, 17 mars 2020.</p>
</article>


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title: Il n'y aura pas de retour à la normale
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<p class="td-post-sub-title">Nos vies reprendront-elles leur cours après le confinement ? S'appuyant sur les modélisations de la pandémie du rapport de l'Imperial College, Gideon Lichfield estime que nos vies confinées et contrôlées ne sont pas prêtes de disparaître. Le bouleversement sanitaire et sécuritaire de nos sociétés sera massif.</p>
<span class="rt-reading-time"><span class="rt-label rt-prefix">Temps de lecture : </span> <span class="rt-time">9</span> <span class="rt-label rt-postfix">minutes</span></span>
<p><strong>Nos vies reprendront-elles leur cours habituel après le confinement ? Rien n’est moins sûr. Le vote précipité à l’Assemblée nationale, le 21 mars, d’une « loi d’urgence » donnant au gouvernement le droit de légiférer par ordonnances pour restreindre les libertés publiques et pour modifier le droit du travail en imposant aux salariés une semaine de congé et la prise de RTT pendant la durée du confinement pose question. Le souvenir de l’état urgence terroriste ne doit pas être perdu. Décrété après les attentats de 2015 et présenté comme provisoire, il n’a en fait jamais été aboli. L’essentiel de ses dispositions, passées dans le droit commun en novembre 2017, sont devenues notre nouvelle normalité. En ira-t-il de même pour les expériences qu’autorise l’état d’urgence sanitaire ? </strong></p>



<p><strong>Dans cet article, Gideon Lichfield s’appuie sur les modélisations de l’évolution de la pandémie réalisées par l’équipe des épidémiologistes de l’Imperial College de Londres, paru le 16 mars, et reprises par le Comité scientifique qui conseille Macron. Le pronostic qu’en tire l’auteur est clair : l’épidémie ne disparaîtra pas au bout de 2 ou de 6 mois. Nos vies confinées et contrôlées non plus. Nous entrons dans le temps du délitement : il faut nous préparer à un cycle long alternant périodes de privation de libertés, lors des résurgences du virus, et moments d’assouplissement de ces restrictions en périodes de décrue. Lichfield pronostique que le nouvel impératif de sécurité sanitaire va doucement envahir nos vies et les conduire vers plus de surveillance, de contrôle social et surtout d’inégalités. </strong></p>



<p><strong>Sans adhérer à toutes les conclusions de cette analyse prospective, il a semblé intéressant et important à la rédaction de <em>Terrestres </em>de verser cette pièce au débat sur le bouleversement en cours.</strong></p>



<hr class="wp-block-separator"/>



<p class="has-small-font-size"><span>Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Maxime Chédin</span></p>



<p class="has-drop-cap">Pour stopper le coronavirus, il va nous falloir changer radicalement presque tout ce que nous faisons : notre façon de travailler, de faire du sport, de voir les gens, de faire les courses, d’assurer notre santé, d’éduquer nos enfants, de prendre soin des membres de notre famille.</p>



<p>On aimerait tous que les choses reviennent rapidement à la normale. Mais ce que la plupart d’entre nous n’ont probablement pas encore compris – ça ne tardera pas – c’est qu’il n’y aura en fait pas de retour à la normale après quelques semaines ou quelques mois. Un certain nombre de choses ne redeviendront jamais <em>normales</em>.</p>



<p>Il est maintenant largement admis (même en Grande-Bretagne) que l’objectif de chaque pays doit être d’« aplatir la courbe » de l’épidémie de Coronavirus. Autrement dit, imposer une distanciation sociale pour ralentir la propagation du virus et faire en sorte que le nombre de personnes malades en même temps ne provoque pas l’effondrement du système de santé, comme cela risque d’arriver en Italie en ce moment. Cela signifie que la pandémie doit être « étalée », à un niveau d’intensité faible, jusqu’à ce qu’un nombre suffisant de personnes aient eu le Covid-19, pour que la majeure partie de la population soit immunisée (en supposant que l’immunité dure des années, ce que nous ne savons pas), ou pour qu’un vaccin puisse être diffusé.</p>



<p>Combien de temps cela prendrait-il, et jusqu’où les restrictions des interactions sociales doivent-elles aller ? Hier [16 mars, ndt], le président Donald Trump, annonçant de nouvelles interdictions, telles que la limitation à 10 personnes des rassemblements, a déclaré qu’« avec plusieurs semaines d’actions ciblées, nous pourrons reprendre le contrôle et inverser rapidement la courbe ». En Chine, le confinement qui dure depuis six semaines commence à s’atténuer, à présent que les nouveaux cas de contamination se font rares.</p>



<p>Mais ça ne s’arrêtera pas là. Tant que quelqu’un dans le monde sera porteur du virus, les poussées épidémiques peuvent se reproduire et continueront de se produire si des contrôles stricts ne sont pas instaurés pour les contenir. Dans un <a href="https://www.imperial.ac.uk/media/imperial-college/medicine/sph/ide/gida-fellowships/Imperial-College-COVID19-NPI-modelling-16-03-2020.pdf">rapport</a> publié hier [16 mars], une équipe de chercheurs de l’<em>Imperial College</em> de Londres a proposé un moyen d’y parvenir : instaurer des mesures de distanciation sociale plus fortes chaque fois que les admissions dans les unités de soins intensifs (USI) commencent à monter en flèche, et les assouplir lorsque le nombre d’admissions retombe. Voici à quoi cela ressemblerait :</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img src="https://www.terrestres.org/wp-content/uploads/2020/03/Graph-1-1024x723.png" alt="" class="wp-image-5628" srcset="https://www.terrestres.org/wp-content/uploads/2020/03/Graph-1-1024x723.png 1024w, https://www.terrestres.org/wp-content/uploads/2020/03/Graph-1-300x212.png 300w, https://www.terrestres.org/wp-content/uploads/2020/03/Graph-1-768x542.png 768w, https://www.terrestres.org/wp-content/uploads/2020/03/Graph-1-100x70.png 100w, https://www.terrestres.org/wp-content/uploads/2020/03/Graph-1-200x140.png 200w, https://www.terrestres.org/wp-content/uploads/2020/03/Graph-1-696x491.png 696w, https://www.terrestres.org/wp-content/uploads/2020/03/Graph-1-1068x754.png 1068w, https://www.terrestres.org/wp-content/uploads/2020/03/Graph-1-595x420.png 595w, https://www.terrestres.org/wp-content/uploads/2020/03/Graph-1.png 1436w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px"/></figure></div>



<p>La ligne orange correspond aux admissions en soins intensifs [ICU, <em>Intensive Care Units. NDT</em>]. Chaque fois qu’elles dépassent un certain seuil – par exemple 100 nouveaux cas par semaine – le pays fermerait toutes les écoles et la plupart des universités et adopterait une politique de distanciation sociale. En dessous de 50, ces mesures seraient levées, mais les personnes présentant des symptômes ou dont des membres de la famille présentent des symptômes seraient confinées chez elles.</p>



<p>Qu’entend-on par « distanciation sociale » ? Les chercheurs la définissent ainsi : « Tous les ménages réduisent de 75% les contacts en dehors du foyer, de l’école ou du lieu de travail ». Cela ne veut pas dire que vous pouvez sortir avec vos amis une fois par semaine au lieu de quatre fois. Cela signifie que chacun fait tout ce qu’il peut pour minimiser les contacts sociaux et que, dans l’ensemble, le nombre de contacts diminue de 75%.</p>



<p>Si on suit ce modèle, concluent les chercheurs, la distanciation sociale et les fermetures d’écoles devraient être en vigueur environ deux tiers du temps – deux mois de confinement alternant en moyenne avec un mois de reprise – jusqu’à ce qu’un vaccin soit disponible, ce qui prendrait au moins 18 mois (<a href="https://www.technologyreview.com/s/615331/a-coronavirus-vaccine-will-take-at-least-18-monthsif-it-works-at-all/">si tant est qu’il fonctionne</a>). Ils notent que les résultats sont « qualitativement similaires pour les États-Unis ».</p>



<p><em>Dix-huit mois ?!</em> Il doit sûrement y avoir d’autres solutions, direz-vous. Pourquoi ne pas simplement augmenter le nombre de lits en soins intensifs et traiter plus de personnes en même temps, par exemple ?</p>



<p>Eh bien, dans le modèle proposé, cela ne résout pas le problème. Sans l’instauration d’une distanciation sociale de l’ensemble de la population, les chercheurs ont constaté que même la meilleure stratégie d’atténuation, de temporisation (<em>mitigation</em>) – c’est-à-dire l’isolement ou la mise en quarantaine des malades, des personnes âgées et de celles qui ont été exposées, ainsi que la fermeture des écoles – produirait encore une augmentation du nombre de personnes gravement malades <em>huit fois supérieure</em> à ce que le système américain ou britannique peut supporter. (C’est la courbe bleue la plus basse du graphique ci-dessous ; la ligne rouge plate représente le nombre actuel de lits disponibles en réanimation ou soins intensifs). Même en réquisitionnant l’industrie pour qu’elle produise en série des respirateurs artificiels et tous les autres équipements nécessaires, il manquera encore beaucoup d’infirmières et de médecins pour prendre soin de tout le monde.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img src="https://www.terrestres.org/wp-content/uploads/2020/03/Graph-2-1024x611.png" alt="" class="wp-image-5630" srcset="https://www.terrestres.org/wp-content/uploads/2020/03/Graph-2-1024x611.png 1024w, https://www.terrestres.org/wp-content/uploads/2020/03/Graph-2-300x179.png 300w, https://www.terrestres.org/wp-content/uploads/2020/03/Graph-2-768x458.png 768w, https://www.terrestres.org/wp-content/uploads/2020/03/Graph-2-1536x917.png 1536w, https://www.terrestres.org/wp-content/uploads/2020/03/Graph-2-696x415.png 696w, https://www.terrestres.org/wp-content/uploads/2020/03/Graph-2-1068x637.png 1068w, https://www.terrestres.org/wp-content/uploads/2020/03/Graph-2-704x420.png 704w, https://www.terrestres.org/wp-content/uploads/2020/03/Graph-2.png 1538w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px"/></figure></div>



<p>Pourquoi alors ne pas imposer un confinement drastique pour une période longue mais unique, de cinq mois environ ? Ça ne marche pas : dès que les interdictions sont levées, la pandémie éclate à nouveau, mais cette fois-ci, c’est l’hiver, la pire période pour les systèmes de santé surchargés.</p>







<p>Pourquoi ne pas se diriger alors vers une résolution plus brutale, à savoir relever considérablement le seuil du nombre d’admissions en soins intensifs à partir duquel on enclenche les mesures de confinement ou de distanciation sociale fortes, en acceptant que beaucoup plus de patients meurent ? Il s’avère que cela ne fait guère de différence. Même dans le scénario le moins restrictif de l’<em>Imperial College</em>, nous sommes enfermés plus de la moitié du temps.</p>



<p>En fait, il ne s’agit pas d’une perturbation temporaire. C’est le début d’un mode de vie qui sera complètement différent.</p>



<h2><strong>Vivre dans un état de pandémie</strong></h2>



<p>À court terme, cette situation nouvelle sera extrêmement préjudiciable aux entreprises et activités qui dépendent de la réunion de personnes en grand nombre : restaurants, cafés, bars, boîtes de nuit, salles de sport, hôtels, théâtres, cinémas, galeries d’art, centres commerciaux, foires artisanales, musées, musiciens et autres artistes, salles de sport et équipes sportives, lieux et producteurs de conférences, compagnies de croisière, compagnies aériennes, transports publics, écoles privées, garderies d’enfants. Sans parler du stress des parents obligés de scolariser leurs enfants à la maison, les personnes qui essaient de s’occuper de parents âgés sans les exposer au virus, et toute personne qui n’a pas d’économies ou d’épargne pour faire face à la baisse de ses revenus.</p>



<p>Certaines activités pourront bien sûr en partie s’adapter : les salles de fitness pourraient vendre du matériel à domicile et des sessions de formation en ligne, par exemple. Nous assisterons à une explosion de nouveaux services dans ce que l’on a déjà appelé « l’économie close » (<em>shut-in economy</em>). On peut aussi espérer que certaines habitudes se mettent à changer : moins de voyages polluants, des chaînes d’approvisionnement plus locales, plus de marche, plus de vélo. </p>



<p>Mais en réalité, le bouleversement sera, pour de très nombreuses entreprises et formes de subsistance, impossible à absorber. Le mode de vie confiné n’est tout simplement pas viable sur de si longues périodes. </p>



<p>Comment pourrons-nous donc vivre dans ce nouveau monde ? On peut espérer qu’une partie de la réponse consistera à développer de meilleurs systèmes de santé, avec un système d’intervention sanitaire capable d’agir rapidement pour identifier et contenir les épidémies avant qu’elles ne commencent à se propager, et d’augmenter très rapidement la production d’équipements médicaux, de kits de test et de médicaments quand nécessaire. Il sera trop tard pour arrêter le Covid-19, mais ces mesures aideront à faire face aux futures pandémies. </p>



<p>À court terme, nous bricolerons peut-être des compromis inconfortables qui nous permettront de conserver un semblant de vie sociale. Peut-être que les cinémas retireront la moitié de leurs sièges, que les réunions se tiendront dans des salles plus grandes avec des chaises espacées, et que les salles de sport exigeront que vous réserviez des séances d’entraînement à l’avance pour éviter toute fréquentation trop importante. </p>



<p>Mais en fin de compte, je prédis autre chose. C’est que nous allons rétablir notre capacité de socialiser, mais en toute « sécurité », c’est-à-dire en développant des moyens plus sophistiqués pour identifier les personnes qui sont <em>à risque</em>, et celles qui ne le sont pas, et en discriminant – légalement – celles qui le sont.</p>



<p>Nous pouvons en voir les signes avant-coureurs dans les mesures que certains pays prennent aujourd’hui. Israël commence à utiliser <a href="https://www.nytimes.com/2020/03/16/world/middleeast/israel-coronavirus-cellphone-tracking.html">les données de localisation des téléphones portables</a> avec lesquelles ses services de renseignement traquent les terroristes pour retrouver les personnes qui ont été en contact avec des porteurs connus du virus. Singapour procède à une recherche exhaustive des <a href="https://www.technologyreview.com/s/615353/singapore-is-the-model-for-how-to-handle-the-coronavirus/">contacts</a> et publie des données détaillées sur chaque cas connu, exceptée pour l’instant l’identification des personnes par leur nom.</p>







<p>Nous ne savons pas exactement à quoi ressemble cet avenir proche, bien sûr. Mais on peut imaginer un monde dans lequel, pour prendre un avion, il faudra être inscrit à un service qui trace vos déplacements via votre téléphone. Sans savoir où vous êtes allé, la compagnie aérienne recevrait une alerte si vous étiez à proximité de personnes infectées connues ou de points chauds de la maladie. Les mêmes exigences s’appliqueraient à l’entrée des grandes salles de spectacles, des bâtiments gouvernementaux ou des centres de transport public. Il y aurait des scanners de température partout, et votre entreprise pourrait exiger que vous portiez un moniteur qui surveille votre température ou d’autres signaux sanitaires du même type. Si les boîtes de nuit demandent déjà une preuve de majorité, elles pourraient à l’avenir exiger des preuves d’immunité virale – une carte d’identité ou une sorte de vérification numérique via votre téléphone, montrant que vous avez déjà récupéré ou été vacciné contre les dernières souches de virus.</p>







<p>Et nous nous adapterons à ces mesures. Nous les accepterons, comme nous avons accepté les contrôles de sécurité de plus en plus stricts dans les aéroports après les attaques terroristes. La surveillance intrusive de nos vies sera considérée comme un prix acceptable à payer pour jouir en sécurité de la liberté d’être avec d’autres personnes (saines).</p>



<p>Mais comme toujours, le coût réel de cette surveillance sera supporté par les plus pauvres et les plus fragiles. Les personnes qui ont moins accès aux soins de santé ou qui vivent dans des zones plus exposées aux maladies seront désormais aussi plus fréquemment exclues des lieux et des possibilités ouverts aux autres. Les travailleurs de l’industrie du spectacle – des chauffeurs aux plombiers en passant par les professeurs de yoga indépendants – verront leur emploi devenir plus précaire encore. Les immigrés, les réfugiés, les sans-papiers et les anciens détenus seront confrontés à un autre obstacle pour s’intégrer dans la société.</p>



<p>En outre, à moins que ne s’imposent des règles démocratiques strictes sur la manière dont le risque de maladie ou de contagion d’une personne est évalué, les gouvernements ou les entreprises pourraient choisir des critères très divers : vous pourriez être considéré à haut risque si vous gagnez moins de 50 000 dollars par an, si vous faites partie d’une famille de plus de six personnes et si vous vivez dans certaines régions du pays, par exemple. Cela crée des possibilités de biais algorithmiques et de discrimination cachée, comme cela s’est produit l’année dernière avec un algorithme utilisé par des assurances de santé américaines, et qui s’est avéré <a href="https://www.technologyreview.com/f/614626/a-biased-medical-algorithm-favored-white-people-for-healthcare-programs/">favoriser – par inadvertance – les Blancs.</a></p>



<p>Le monde a changé à de nombreuses reprises. Il change à nouveau. Nous devrons tous nous adapter à une nouvelle façon de vivre, de travailler et de nouer des relations. Mais comme en tout changement, certains auront plus à perdre que d’autres, et ce sont ceux qui ont déjà beaucoup trop perdu. Le mieux que nous puissions espérer, c’est que la profondeur de cette crise forcera enfin les pays – les États-Unis en particulier – à corriger les inégalités sociales béantes qui expliquent l’immense vulnérabilité de larges pans de leur population.</p>



<p class="has-small-font-size"><strong>Gideon Lichfield</strong>, « <a href="https://www.technologyreview.com/s/615370/coronavirus-pandemic-social-distancing-18-months/?truid=09628e5751032d94e96002088cb0f3cd&amp;utm_source=the_download&amp;utm_medium=email&amp;utm_campaign=the_download.unpaid.engagement&amp;utm_content=03-18-2020">We’re not going back to normal</a> », <em>MIT Technological Review</em>, 17 mars 2020.</p>



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<title>Rétro-confinement (archive) — David Larlet</title>
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<article>
<h1>Rétro-confinement</h1>
<h2><a href="http://www.aubryconseil.com/post/Retro-confinement">Source originale du contenu</a></h2>
<div class="post-excerpt"><blockquote><p>Si on ne profite pas de cette situation incroyable pour changer, c’est gâcher une crise</p></blockquote>

<p>C'est Bruno Latour, un philosophe et sociologue, qui a inspiré ce billet.</p></div>

<div class="post-content"><p>Il vient de publier un article dans AOC Media : <a href="http://www.bruno-latour.fr/fr/actuelles_notes.html">Imaginer les gestes-barrières contre le retour à la production d’avant-crise</a>.</p>

<p>À la fin de l'article (et aussi à part) on trouve un questionnaire, ou plutôt une aide à l'auto-description, ou encore mieux un outil de discernement.</p>


<p>Bruno Latour propose donc 6 questions à se poser pour ne pas revenir à la même situation qu'avant le confinement.
Cela s'adresse à un large public. Avec <a href="https://twitter.com/jpboignard">Jean-Pascal</a>, comme nous baignons dans l'agilité, nous avons pensé que cela pourrait être inclus dans une rétrospective spéciale.</p>


<p>Une rétrospective post-confinement, mais à faire pendant qu'on est confinés.</p>


<p>Jean-Pascal a eu l'idée de faire une carte à la façon impact mapping pour faciliter le questionnement.</p>


<p>Nous avons collaboré sur Miro pour produire la carte.</p>


<h4>La carte des activités à suspendre et des activités à reprendre</h4>


<p><a href="http://www.aubryconseil.com/blog/public/images/confinement/mapLatour.png"><img src="http://www.aubryconseil.com/blog/public/images/confinement/mapLatour.png" alt=""/></a></p>


<p>On y trouve les 6 questions, légèrement adaptées au contexte, et placées près des éléments de la carte.</p>


<p>Ensuite, nous avons réalisé un descriptif de ce qui pourrait être un atelier mené par des équipes pendant une rétrospective, dérivé des 6 questions de Bruno Latour.</p>


<h4>Le déroulé de la rétro-confinement</h4>


<p><em>Une <a href="http://www.aubryconseil.com/post/Les-activites-de-la-retrospective">rétrospective passe par 5 étapes</a>, les deux premières (mise en confiance et collecte des informations sur le passé) sont menées avant de passer à cet atelier rétro-confinement.</em></p>


<p>Ensuite voici comment cela pourrait se dérouler :</p>


<p>(À mener pendant le confinement, donc avec les membres de l'équipe à distance. Le propos ici n'est pas de parler des outils, Miro en est un possible)</p>

<ol>
<li>demander à chacun une réflexion individuelle pour élaborer 2 listes : une pour les activités à ne pas reprendre (stop) et une pour les activités suspendues à reprendre (start) ; pour chaque activité réfléchir au pourquoi et au qui est impacté.</li>
<li>mettre en commun les 2 listes à partir de ce que chacun·e aura trouvé, supprimer les doublons</li>
<li>pour chacune des 2 listes (stop, start) prioriser les activités (par exemple avec un dot voting); ne conserver que les 3 premières activités <em>stop</em> et les 3 premières <em>start</em></li>
<li>pour chacune les approfondir en petits groupes selon le modèle ci-dessus, en ajoutant le comment (les impacts sur d'autres activités) et le quoi (quelles mesures prendre, quelles actions lancer)</li>
<li>faire une restitution collective ; on devrait se retrouver avec une fresque de 6 activités et leurs attributs, plus des liens entre les activités</li>
<li>dans la liste des mesures/actions préconisées (collectées dans le quoi) ne conserver que celles pour lesquelles l'équipe a le pouvoir ou l'influence pour les mettre en œuvre ; les prioriser ; prendre les plus prioritaires et se donner un objectif pour une date</li>
</ol>


<p>Cet exercice est l'occasion de réfléchir au sens. D'aller plus loin qu'une rétrospective classique, axée sur la façon de faire, pour contester, pourquoi pas, ce qui est produit par l'équipe.</p>


<p>Nous allons expérimenter. Vos retours nous intéressent.</p>


<p><em>À propos de Bruno Latour, je vous conseille d'écouter l'excellent <a href="https://www.franceinter.fr/emissions/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien-03-avril-2020#ReflechissonsPourEtreMoinsCons">podcast de son passage à la matinale de France Inter</a></em></p></div>
</article>


<hr>

<footer>
<p>
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</p>
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title: Rétro-confinement
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<div class="post-excerpt"><blockquote><p>Si on ne profite pas de cette situation incroyable pour changer, c’est gâcher une crise</p></blockquote>


<p>C'est Bruno Latour, un philosophe et sociologue, qui a inspiré ce billet.</p></div>
<div class="post-content"><p>Il vient de publier un article dans AOC Media : <a href="http://www.bruno-latour.fr/fr/actuelles_notes.html">Imaginer les gestes-barrières contre le retour à la production d’avant-crise</a>.</p>


<p>À la fin de l'article (et aussi à part) on trouve un questionnaire, ou plutôt une aide à l'auto-description, ou encore mieux un outil de discernement.</p>


<p>Bruno Latour propose donc 6 questions à se poser pour ne pas revenir à la même situation qu'avant le confinement.
Cela s'adresse à un large public. Avec <a href="https://twitter.com/jpboignard">Jean-Pascal</a>, comme nous baignons dans l'agilité, nous avons pensé que cela pourrait être inclus dans une rétrospective spéciale.</p>


<p>Une rétrospective post-confinement, mais à faire pendant qu'on est confinés.</p>


<p>Jean-Pascal a eu l'idée de faire une carte à la façon impact mapping pour faciliter le questionnement.</p>


<p>Nous avons collaboré sur Miro pour produire la carte.</p>


<h4>La carte des activités à suspendre et des activités à reprendre</h4>


<p><a href="http://www.aubryconseil.com/blog/public/images/confinement/mapLatour.png"><img src="http://www.aubryconseil.com/blog/public/images/confinement/mapLatour.png" alt=""/></a></p>


<p>On y trouve les 6 questions, légèrement adaptées au contexte, et placées près des éléments de la carte.</p>


<p>Ensuite, nous avons réalisé un descriptif de ce qui pourrait être un atelier mené par des équipes pendant une rétrospective, dérivé des 6 questions de Bruno Latour.</p>


<h4>Le déroulé de la rétro-confinement</h4>


<p><em>Une <a href="http://www.aubryconseil.com/post/Les-activites-de-la-retrospective">rétrospective passe par 5 étapes</a>, les deux premières (mise en confiance et collecte des informations sur le passé) sont menées avant de passer à cet atelier rétro-confinement.</em></p>


<p>Ensuite voici comment cela pourrait se dérouler :</p>


<p>(À mener pendant le confinement, donc avec les membres de l'équipe à distance. Le propos ici n'est pas de parler des outils, Miro en est un possible)</p>

<ol>
<li>demander à chacun une réflexion individuelle pour élaborer 2 listes : une pour les activités à ne pas reprendre (stop) et une pour les activités suspendues à reprendre (start) ; pour chaque activité réfléchir au pourquoi et au qui est impacté.</li>
<li>mettre en commun les 2 listes à partir de ce que chacun·e aura trouvé, supprimer les doublons</li>
<li>pour chacune des 2 listes (stop, start) prioriser les activités (par exemple avec un dot voting); ne conserver que les 3 premières activités <em>stop</em> et les 3 premières <em>start</em></li>
<li>pour chacune les approfondir en petits groupes selon le modèle ci-dessus, en ajoutant le comment (les impacts sur d'autres activités) et le quoi (quelles mesures prendre, quelles actions lancer)</li>
<li>faire une restitution collective ; on devrait se retrouver avec une fresque de 6 activités et leurs attributs, plus des liens entre les activités</li>
<li>dans la liste des mesures/actions préconisées (collectées dans le quoi) ne conserver que celles pour lesquelles l'équipe a le pouvoir ou l'influence pour les mettre en œuvre ; les prioriser ; prendre les plus prioritaires et se donner un objectif pour une date</li>
</ol>


<p>Cet exercice est l'occasion de réfléchir au sens. D'aller plus loin qu'une rétrospective classique, axée sur la façon de faire, pour contester, pourquoi pas, ce qui est produit par l'équipe.</p>


<p>Nous allons expérimenter. Vos retours nous intéressent.</p>


<p><em>À propos de Bruno Latour, je vous conseille d'écouter l'excellent <a href="https://www.franceinter.fr/emissions/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien-03-avril-2020#ReflechissonsPourEtreMoinsCons">podcast de son passage à la matinale de France Inter</a></em></p></div>

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<title>Exercice pour préparer l’après crise sanitaire pour être sûr que tout ne reprenne pas comme avant (archive) — David Larlet</title>
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<article>
<h1>Exercice pour préparer l’après crise sanitaire pour être sûr que tout ne reprenne pas comme avant</h1>
<h2><a href="http://www.bruno-latour.fr/fr/node/851.html">Source originale du contenu</a></h2>
<p><a href="https://www.franceinter.fr/emissions/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien-03-avril-2020" rel="nofollow">Entretien avec Nicolas Demorand, 2 avril sur les gestes barrières.</a><br/>
Il y a peut-être quelque chose d’inconvenant à se projeter dans l’après crise alors que le personnel de santé est, comme on dit, « sur le front », que des millions de gens perdent leur emploi et que beaucoup de familles endeuillées ne peuvent même pas enterrer leurs morts. Et pourtant, c’est bien maintenant qu’il faut se battre pour que la reprise économique, une fois la crise passée, ne ramène pas le même ancien régime climatique contre lequel nous essayions jusqu’ici, assez vainement, de lutter. En effet, la crise sanitaire est enchâssée dans ce qui n’est pas une crise — toujours passagère — mais une mutation écologique durable et irréversible. Si nous avons de bonne chance de « sortir » de la première, nous n’en avons aucune de « sortir » de la seconde. Les deux situations ne sont pas à la même échelle, mais il est très éclairant de les articuler l’une sur l’autre. En tous cas, ce serait dommage de ne pas se servir de la crise sanitaire pour découvrir d’autres moyens d’entrer dans la mutation écologique autrement qu’à l’aveugle.<br/>
(...)<br/>
Il s’agit de faire la liste des activités dont vous vous sentez privées par la crise actuelle et qui vous donne la sensation d’une atteinte à vos conditions essentielles de subsistance. Pour chaque activité, pouvez-vous indiquer si vous aimeriez que celles-ci reprennent à l’identique (comme avant), mieux, ou qu’elles ne reprennent pas du tout. Répondez aux questions suivantes :<br/>
Question 1 : Quelles sont les activités maintenant suspendues dont vous souhaiteriez qu’elles ne reprennent pas ?<br/>
Question 2 : Décrivez a) pourquoi cette activité vous apparaît nuisible/ superflue/ dangereuse/ incohérente ; b) en quoi sa disparition/ mise en veilleuse/ substitution rendrait d’autres activités que vous favorisez plus facile/ plus cohérente ? (Faire un paragraphe distinct pour chacune des réponses listées à la question 1.)<br/>
Question 3 : Quelles mesures préconisez-vous pour que les ouvriers/ employés/ agents/ entrepreneurs qui ne pourront plus continuer dans les activités que vous supprimez se voient faciliter la transition vers d’autres activités ?<br/>
Question 4 : Quelles sont les activités maintenant suspendues dont vous souhaiteriez qu’elles se développent/ reprennent ou celles qui devraient être inventées en remplacement ?<br/>
Question 5 : Décrivez a) pourquoi cette activité vous apparaît positive ; b) comment elle rend plus faciles/ harmonieuses/ cohérentes d’autres activités que vous favorisez ; et c) permettent de lutter contre celles que vous jugez défavorables ? (Faire un paragraphe distinct pour chacune des réponses listées à la question 4.)<br/>
Question 6 : Quelles mesures préconisez-vous pour aider les ouvriers/ employés/ agents/ entrepreneurs à acquérir les capacités/ moyens/ revenus/ instruments permettant la reprise/ le développement/ la création de cette activité ?<br/>
(Trouvez ensuite un moyen pour comparer votre description avec celle d’autres participants. La compilation puis la superposition des réponses devraient dessiner peu à peu un paysage composé de lignes de conflits, d’alliances, de controverses et d’oppositions.)<br/>
<a href="https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLScipFUu1cmZfou17Eo1x6JT-0D6nt7KsLtK0JTyS5VZEuUzfA/viewform" rel="nofollow">Une plate forme a été réalisée par le médialab de Sciences Po et ZKM:</a> pour ceux qui souhaitent compiler les auto-descriptions.</p>

</div>
</article>


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title: Exercice pour préparer l’après crise sanitaire pour être sûr que tout ne reprenne pas comme avant
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<p><a href="https://www.franceinter.fr/emissions/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien-03-avril-2020" rel="nofollow">Entretien avec Nicolas Demorand, 2 avril sur les gestes barrières.</a><br/>
Il y a peut-être quelque chose d’inconvenant à se projeter dans l’après crise alors que le personnel de santé est, comme on dit, « sur le front », que des millions de gens perdent leur emploi et que beaucoup de familles endeuillées ne peuvent même pas enterrer leurs morts. Et pourtant, c’est bien maintenant qu’il faut se battre pour que la reprise économique, une fois la crise passée, ne ramène pas le même ancien régime climatique contre lequel nous essayions jusqu’ici, assez vainement, de lutter. En effet, la crise sanitaire est enchâssée dans ce qui n’est pas une crise — toujours passagère — mais une mutation écologique durable et irréversible. Si nous avons de bonne chance de « sortir » de la première, nous n’en avons aucune de « sortir » de la seconde. Les deux situations ne sont pas à la même échelle, mais il est très éclairant de les articuler l’une sur l’autre. En tous cas, ce serait dommage de ne pas se servir de la crise sanitaire pour découvrir d’autres moyens d’entrer dans la mutation écologique autrement qu’à l’aveugle.<br/>
(...)<br/>
Il s’agit de faire la liste des activités dont vous vous sentez privées par la crise actuelle et qui vous donne la sensation d’une atteinte à vos conditions essentielles de subsistance. Pour chaque activité, pouvez-vous indiquer si vous aimeriez que celles-ci reprennent à l’identique (comme avant), mieux, ou qu’elles ne reprennent pas du tout. Répondez aux questions suivantes :<br/>
Question 1 : Quelles sont les activités maintenant suspendues dont vous souhaiteriez qu’elles ne reprennent pas ?<br/>
Question 2 : Décrivez a) pourquoi cette activité vous apparaît nuisible/ superflue/ dangereuse/ incohérente ; b) en quoi sa disparition/ mise en veilleuse/ substitution rendrait d’autres activités que vous favorisez plus facile/ plus cohérente ? (Faire un paragraphe distinct pour chacune des réponses listées à la question 1.)<br/>
Question 3 : Quelles mesures préconisez-vous pour que les ouvriers/ employés/ agents/ entrepreneurs qui ne pourront plus continuer dans les activités que vous supprimez se voient faciliter la transition vers d’autres activités ?<br/>
Question 4 : Quelles sont les activités maintenant suspendues dont vous souhaiteriez qu’elles se développent/ reprennent ou celles qui devraient être inventées en remplacement ?<br/>
Question 5 : Décrivez a) pourquoi cette activité vous apparaît positive ; b) comment elle rend plus faciles/ harmonieuses/ cohérentes d’autres activités que vous favorisez ; et c) permettent de lutter contre celles que vous jugez défavorables ? (Faire un paragraphe distinct pour chacune des réponses listées à la question 4.)<br/>
Question 6 : Quelles mesures préconisez-vous pour aider les ouvriers/ employés/ agents/ entrepreneurs à acquérir les capacités/ moyens/ revenus/ instruments permettant la reprise/ le développement/ la création de cette activité ?<br/>
(Trouvez ensuite un moyen pour comparer votre description avec celle d’autres participants. La compilation puis la superposition des réponses devraient dessiner peu à peu un paysage composé de lignes de conflits, d’alliances, de controverses et d’oppositions.)<br/>
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<title>Ecological crises and equitable futures (archive) — David Larlet</title>
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<h1>Ecological crises and equitable futures</h1>
<h2><a href="https://esra.nz/ecological-crises-equitable-futures/">Source originale du contenu</a></h2>
<p><span class="post-featured-img"><img src="https://esra.nz/wp-content/uploads/2020/03/1184740878.jpg.0.jpg" class="attachment-full size-full wp-post-image" alt="" title=""/></span><p>Activism in the 20<sup>th</sup> century was largely dominated by struggles over labour and social justice. Conflicts between and within capitalism, socialism, communism and fascism were at the heart of many key events. In the 21<sup>st</sup> century, activism and political struggles surrounding labour and social justice will largely be framed by ecological crises, as climate change and the sixth mass extinction become major factors in instigating and perpetuating social conflict. This article explores four discourses that currently circulate within activist, popular and academic debates surrounding ecological futures. It considers some of their implications both globally and for Aotearoa New Zealand.</p>
<p>I begin by exploring the discourse of extinction, which argues that we are currently on course to eradicate humans from the planet in the near future, a position which is growing in popularity but that contradicts available scientific evidence.<a href="#_edn1" name="_ednref1"><sup>[1]</sup></a> Second, I consider the discourse of ecological apocalypse. While this discourse also discusses catastrophic events, the key departure from extinction is that apocalypse does not signify the end of existence, but involves the sweeping away of the present regime in favour of a dramatically different society. I argue that this discourse is particularly pertinent to contemporary rhetoric that links ecological crises to overpopulation.</p>
<p>In contrast to the bleakness of the first two discourses, technological solutionism contends that fears surrounding ecological futures are largely overblown as they allegedly fail to recognise that technological innovation will largely remedy any issues. This approach, which envisages ecological crises as a business opportunity rather than as a fundamental crisis of capitalist socio-economic organisation is largely wishful thinking. Even when technological solutionism is posited on the anti-capitalist left, it tends towards utopian thinking which fails to meaningfully engage with the material reality of ecological crises.</p>
<p>The final discourse I explore is that of degrowth. This emerging position emphasises the need for a transition towards socio-economic systems designed to reduce current levels of planetary overconsumption and fossil fuel dependence. Doing so democratically requires a social system that focusses on reducing inequalities at global, regional and national levels. This means allowing poorer countries to grow in order to develop functional systems for producing essential services such as healthcare and education, while advanced economies such as Aotearoa New Zealand deliberately and systematically reduce their ecological footprint. Consequently, degrowth productively outlines versions of a potential post-capitalist future that escapes the hopelessness of extinction and apocalypse whilst avoiding the utopian idealism of technological salvation.</p>
<p><strong>EXTINCTION</strong></p>
<p>We are on course for extinction. This is the dire and unambiguous prediction at the heart of the Extinction Rebellion movement which has brought the climate emergency back to the front pages of the global media. Climate activists are not alone in propagating this message. According to the United Nations Secretary-General António Guterres, ‘Climate change is the defining issue of our time—and we are at a defining moment. We face a direct existential threat’.<a href="#_edn2" name="_ednref2"><sup>[2]</sup></a> Such claims resonate with the discourse of the Anthropocene, a new geological epoch defined by human changes to the planet that are global in spatial scale and which will be perceptible in geological strata for millions of years.<a href="#_edn3" name="_ednref3"><sup>[3]</sup></a> Within the Anthropocene, a sixth mass extinction of life on Earth is already underway, with the rate of species extinction currently between one hundred and one thousand times the background rate.<a href="#_edn4" name="_ednref4"><sup>[4]</sup></a> The last mass extinction event was caused by an asteroid that struck the Earth and wiped out the dinosaurs 66 million years ago. Today ‘we’ have become that asteroid.</p>
<p>The Anthropocene has been widely criticised, however, as a discourse that problematically universalises responsibility for the multiple intertwined ecological crises we face today. This includes not just the climate emergency and the sixth mass extinction event, but disruptions to the nitrogen and phosphorus cycles, oceanic acidification, chemical pollution, land system change and disruption to the global hydrological cycle that provides freshwater.<a href="#_edn5" name="_ednref5"><sup>[5]</sup></a> Ecological crises are not the result of the actions of a single homogenous species, but primarily arise from the actions of a relatively small fraction of people. Taking climate change as an example, the poorest 50 percent of humans, over 3.5 billion people, are responsible for approximately 10 percent of greenhouse gas emissions, while the richest 10 percent are responsible for around 50 percent of emissions.<a href="#_edn6" name="_ednref6"><sup>[6]</sup></a> Blaming indigenous peoples or subsistence farmers for the hyper-consumption of the global rich is obviously unreasonable, yet this is precisely what occurs when an undifferentiated humanity is identified as the root cause of global ecological crises.</p>
<p>All too often bourgeois European and American environmental discourse presents a universal human subject which elides the material differences that place, class, ethnicity and gender inscribe. This results in a ‘we’ that in actuality only references a small fraction of disproportionately wealthy and powerful actually existing humans. This critique has been levelled at both scientific and political leaders who have enthusiastically adopted the terminology of the Anthropocene, as well as activist movements such as Extinction Rebellion, which is accused of being overwhelmingly white and middle-class.<a href="#_edn7" name="_ednref7"><sup>[7]</sup></a> Climate change and other ecological crises will impact different regions in very different ways. However, they are likely to be most harmful to poor and non-white humans, the same voices that are frequently erased by the homogenous ‘we’ of the Anthropocene.</p>
<p>Critical attention should also be paid to the ‘we’ that allegedly faces a direct existential threat from climate change. Different places will not be equally impacted by climate change. Indeed, projections for Aotearoa New Zealand are that 21<sup>st</sup> century temperature increases will be significantly lower than the global average, with increases occurring at approximately 75 percent of the global rate of warming.<a href="#_edn8" name="_ednref8"><sup>[8]</sup></a> While a four-degree global temperature rise would have catastrophic consequences for much of Africa, the Middle East, Central America, Australia and low-lying Pacific Islands, the National Institute of Water and Atmospheric Research reports that in Aotearoa New Zealand this would increase the number of crop growing days and pasture and forestry growth.<a href="#_edn9" name="_ednref9"><sup>[9]</sup></a> While there would also be significant negative climatic impacts, the fact that Aotearoa New Zealand is predicted to be among the less grievously afflicted places is precisely why Silicon Valley billionaires such as Peter Thiel are buying land on the South Island as a place to escape to in a future wrought by ecological devastation and the social unrest and upheaval that will accompany it.<a href="#_edn10" name="_ednref10"><sup>[10]</sup></a> While popular accounts claim that ‘we are facing extinction in the near future’, there is little scientific basis to support such catastrophism.<a href="#_edn11" name="_ednref11"><sup>[11]</sup></a> Barring all out nuclear or biological warfare—20<sup>th</sup> century threats that could be reignited by social conflict or collapse associated with ecological catastrophe—ecological crises will not make places such as Aotearoa New Zealand, Sweden, Ukraine, or Alaska uninhabitable.<a href="#_edn12" name="_ednref12"><sup>[12]</sup></a></p>
<p>Predictions of extinction fall prey to what Mark Fisher described as ‘capitalist realism’, an ideology whereby contemporary globalised capitalism is the only viable or even imaginable way of organising societies.<a href="#_edn13" name="_ednref13"><sup>[13]</sup></a> Consequently, as Fredric Jameson and Slavoj Žižek have stated, ‘It is easier to imagine the end of the world than the end of capitalism’. While a species-level extinction event for humanity is extremely unlikely in the near future, the inability to collectively imagine alternatives, coupled with a form of binary thinking, posits the only options as extermination or the status quo.</p>
<p><strong>APOCALYPSE</strong></p>
<p>A second imagined future posits ecological crises as an apocalyptic event. While some vernacular application of the term apocalypse have similar connotations to extinction, the term’s history lies in the Judeo-Christian theology of revelations, whereby prophetic figures (often angels) present chronologies leading from the bleakness of the present towards messianic changes. Such Manichean prophecies inevitably posit the triumph of God over evil and the forces of chaos, whereby the wickedness of the old world is swept away in order to make way for the righteousness of the world to come.<a href="#_edn14" name="_ednref14"><sup>[14]</sup></a></p>
<p>Whereas theological versions of apocalypse are ultimately hopeful about the future, at first glance, ecological versions seem darker. Recalling Thiel’s plan to escape to Aotearoa New Zealand in the face of ecological collapse, the envisioned future here is one whereby vast areas of the planet become largely or entirely uninhabitable by humans. Global climate changes at this scale will lead to a mass extinction of non-human life-forms who are unable to match the pace of ecological change. This situation almost certainly involves widespread social collapse, warfare and a refugee crisis on a scale that is scarcely imaginable. Given the hostility to re-homing around five million Syrian refugees in recent years, what will a response to one billion refugees look like? Increased levels of national and regional conflict, social unrest and breakdown, probably accompanied by increasingly xenophobic, totalitarian and dictatorial responses seeking to restore some kind of rule of law are likely. </p>
<p>Discourses of ecological apocalypse are less inclined to explicitly posit conflicts between good and evil, but suggest that beyond this temporary state of chaos, a new, ecologically enlightened, world can eventually emerge with a dramatically reduced human population. Discourses of overpopulation are by no means new. They can be traced back to the work of Thomas Malthus, who in 1798 argued that human populations tended towards exponential growth while food supply only increases linearly, meaning that without war, plague and other factors to constrain the population, mass famine based on population overshooting the carrying capacity of the land was inevitable.<a href="#_edn15" name="_ednref15"><sup>[15]</sup></a> Related ideas surrounding overpopulation have repeatedly arisen within environmentalist discourses. These include Paul Erlich’s claims of a looming ‘population bomb’ that erroneously predicted mass famine in the 1970s and 1980s,<a href="#_edn16" name="_ednref16"><sup>[16]</sup></a> the principles of deep ecology that advocate a drastic reduction in the human population for ecological systems to flourish<a href="#_edn17" name="_ednref17"><sup>[17]</sup></a> and contemporary campaign groups such as <em>Population Matters</em> that focus on overpopulation as a major driver of 21<sup>st</sup> century ecological crisis.<a href="#_edn18" name="_ednref18"><sup>[18]</sup></a></p>
<p>If the discourse of the Anthropocene problematically homogenises humans in order to distribute blame equally for ecological crises which are overwhelmingly the result of activities by certain groups of economically privileged humans, discourses surrounding overpopulation predominantly criticise those who contribute the least to these crises. ‘Developed’ nations such as Aotearoa New Zealand have low birth rates and population growth. In contrast, the least developed countries which typically have much higher infant mortality rates, far lower rates of education and lower access to contraception, tend to have the highest birth rates and levels of population growth. There is an inverse correlation between population growth and per capita greenhouse gas emissions. Nations with low birth rates such as Aotearoa New Zealand, Australia, the United States and Japan are amongst the most significant contributors to the climate crisis in terms of per capita emissions.<a href="#_edn19" name="_ednref19"><sup>[19]</sup></a> If we focus on population growth instead of per capita emissions we end up blaming the global poor for crises that are overwhelmingly caused by the global rich.</p>
<p>Overpopulation becomes a way of deflecting blame or responsibility for ecological crises; there is nothing that ‘we’ can do, the problem is simply that there are too many people on the planet and that is predominantly the fault of impoverished non-white people in the global South. These are the same people who are likely to be among the worst affected by ecological crises in the 21<sup>st</sup> century. Recalling the theological origins of the term apocalypse, contemporary environmental versions contain parallels, whereby apocalypse becomes a way of dramatically reducing the global human population. The new world that can arise out of this is one where it is imagined that levels of overconsumption similar to those enjoyed within developed nations today can become ecologically sustainable because most human life has been extinguished from the planet. This racist fantasy should be morally condemned in the strongest terms.</p>
<p>In this scenario, if those of us in geographically and economically privileged locations such as Aotearoa New Zealand take the attitude that we may be okay we are kidding ourselves. The breakdown of international trade would radically transform life in New Zealand. Neither would an insular and isolated subsistence society be a sure-fire way through such events. Simply expecting other nations to accept their lands becoming inhospitable to human life fails to recognise the range of dramatically risky but available options. For example, geo-engineering projects such as releasing vast quantities of sulphate aerosols into the stratosphere could effect a global dimming to counteract some of the worst impacts of climate change. However, one of the more likely potential side-effects would be ozone depletion, a problem that would hit Aotearoa New Zealand far harder than equatorial regions.<a href="#_edn20" name="_ednref20"><sup>[20]</sup></a> If we are content to allow climate change to be other peoples’ problem, with their regions set to become sacrificial zones, why should they refrain from displacing ecological catastrophe onto Aotearoa New Zealand?</p>
<p><strong> </strong><strong>SOLUTIONISM </strong></p>
<p>Whereas discourses of extinction and apocalypse suggest the near future will be almost unrelentingly bleak, a third future, where hope remains central, invokes forms of technological solutionism. This discourse contends that the paradigm of disruptive innovation associated with digital technologies and the information revolution will construct technological solutions to global ecological crises. Just as Malthus and Ehrlich’s predictions of imminent mass famine and social collapse failed to materialise, largely because of technological systems that increased food production, this discourse suggests that the 21<sup>st</sup> century will not be dominated by ecological catastrophe, as human ingenuity and technological innovation will engineer means to resolve ecological crises.</p>
<p>The dominant version of this discourse envisions venture capital funded start-ups, typically chaired by charismatic male entrepreneurs, designing smart, digital-focussed solutions to ecological crises. Emblematic of this are Tesla’s electric cars, which are accompanied by Elon Musk’s proclamations that he is at the forefront of a war against fossil fuels, yet which require the extraction of significant amounts of socially and ecologically problematic materials such as lithium and cobalt in addition to fossil fuels to produce (and which require electricity to run, much of which is currently produced by burning fossil fuels).<a href="#_edn21" name="_ednref21"><sup>[21]</sup></a> Here we see well-funded, slickly marketed start-ups and corporations maintain that the capitalist socio-economic logic that has created contemporary ecological crises is also the best means to address it. Far from representing a crisis of the capitalist mode of production and the expansionist and extractivist logics that underpin it, ecological crises are understood as a business opportunity, a way for canny entrepreneurs to ‘save the planet’ whilst becoming billionaires.<a href="#_edn22" name="_ednref22"><sup>[22]</sup></a></p>
<p>This approach is heavily indebted to what Richard Barbrook described as the Californian ideology. This perspective contends that information and communications technologies are deterministically democratising forces which will also significantly enrich those who mobilise them.<a href="#_edn23" name="_ednref23"><sup>[23]</sup></a> Recent years have seen widespread decline in the utopian rhetoric of digital democracy that accompanied the rise of social media platforms. Events such as the Cambridge Analytica scandal, the prevalence of digital disinformation and trolling, the trend towards automating inequality, the rise of the alt-right and the Christchurch Mosque shootings all demonstrate that networked digital media are not simply forces for good in the world.</p>
<p>Despite this, the ideology of technological solutionism remains a prominent fantasy that purportedly fixes Anthropocenic ecological crises. Such claims rely upon the aberrant associations that digital technologies are green, smart or immaterial. As a growing body of work clearly delineates, however, digital technologies are in fact ecologically calamitous artefacts, whose lifecycles are beset with significant issues surrounding energy requirements, material extraction and scarcity, labour and waste.<a href="#_edn24" name="_ednref24"><sup>[24]</sup></a> For technological solutionists, however, such critiques fail to comprehend the innovative power of technology and its capacity to transcend apparent limitations to growth. For example, near-future shortages of rare earth elements and metals are today spurring investment in the development of techniques for mining polymetallic nodules found on the ocean floor.<a href="#_edn25" name="_ednref25"><sup>[25]</sup></a> These fixes follow in the footsteps of fracking and oil extraction from tar sands, extractivist techniques that necessarily cause environmental damage and that inherently contain calamitous risks which are typically ignored by technological solutionists.</p>
<p>While technological solutionism is primarily associated with platform capitalism and the technocentric ideology of Silicon Valley, equally far-fetched plans are central to recent left-wing accelerationist literature. For example, according to Aaron Bastani the scarcity of terrestrial materials shall soon be resolved by mining asteroids.<a href="#_edn26" name="_ednref26"><sup>[26]</sup></a> While such logic does overcome the perpetual material limits of a finite planet—by appropriating resources from across and beyond the solar system—the probability that this will be anything but a neo-colonial science-fiction dream in the medium-term future is remote. Given the human and nonhuman stakes involved in already-present ecological crises, Bastani’s version of technological solutionism is no more credible than Musk’s.</p>
<p>In both cases, the fantasy of a future technological fix allows a complete disengagement from contemporaneous ecological crises. While technologies must undoubtedly be part of the arsenal used to address these crises, technological solutionism effectively ignores urgently needed social, cultural and political change in favour of the fantasy of technological salvation. Given the urgency of addressing these crises today, putting off action on the basis that extra-terrestrial mining, carbon capture and storage, geo-engineering and nuclear fusion may one day work is merely a way of collectively burying our heads in the sand.</p>
<p><strong>DEGROWTH</strong></p>
<p>The three ecological futures discussed so far, that is, extinction, apocalypse and salvation, present situations that are either highly problematic or highly unlikely. In this final section, I examine the emerging literature surrounding degrowth as an imagined future that seeks to meaningfully engage with scientific forecasts of ecological crises, therefore going beyond the utopian fantasy of technological salvation and the illogical despair of extinction, while also avoiding the xenophobic and racist politics that underpins discussions of overpopulation and apocalypse.</p>
<p>Degrowth offers a compelling vision for a more equitable future that puts managing Anthropocenic ecological crises at its centre, arguing that by redistributing resources more equitably, human and nonhuman welfare can be improved without economic growth. Abandoning the fantasy of infinite economic growth on a materially finite planet is a prerequisite for avoiding ecological catastrophe. While capitalism has historically relied upon the enclosure of commons and the artificial production of scarcity, the degrowth model seeks to promote commons and public ownership in order to manage resources in an ecologically responsible manner whilst also promoting more equal societies.</p>
<p>This perspective draws upon Kate Raworth’s concept of doughnut economics.<a href="#_edn27" name="_ednref27"><sup>[27]</sup></a> The outer circle of Raworth’s doughnut is composed of planetary boundaries based on Rockstrom et al., who outline nine ecological thresholds, beyond which lie significant potential risks and tipping points which may compromise the ability of future generations to thrive.<a href="#_edn28" name="_ednref28"><sup>[28]</sup></a> These planetary boundaries are climate change, ocean acidification, chemical pollution, nitrogen and phosphorus loading, freshwater, land-use change, biodiversity loss, air pollution and ozone depletion. While the model of planetary boundaries forms an ecological ceiling which if overshot is likely to have catastrophic consequences, Raworth adds a social foundation that forms an inner circle to the model. This consists of 12 variables based on the United Nations sustainable development goals.<a href="#_edn29" name="_ednref29"><sup>[29]</sup></a> A shortfall here indicates a failure to meet the minimum standards for social welfare and justice. These categories are food, water, energy, health, education, work and income, peace and justice, political voice, social equity, gender equality, housing and networks. Between the outer circle of the ecological ceiling and the inner circle of the social foundation lies the safe space for human societies to operate in ways that are both socially and ecologically just. This is the future that degrowth seeks to realise.</p>
<p>Degrowth is not a proposal to homogenously restrict consumption and economic growth. It recognises that we currently live in societies wracked by severe inequality. In order for poorer nations to be able to economically expand so that they are able to reach Raworth’s social foundation and eliminate extreme poverty, richer nations such as Aotearoa New Zealand would have to manage a process whereby materials use, greenhouse gas emissions, consumption and GDP are significantly reduced from current levels. This should not come as a surprise. In 2019 Earth overshoot day, the date at which one year’s worth of natural resources are consumed, was 29 July globally, but for developed countries this typically comes much earlier.<a href="#_edn30" name="_ednref30"><sup>[30]</sup></a> If the whole planet lived like Aotearoa New Zealand, for example, overshoot day would be 6 May, while for the United States overshoot day is as early as 15 March. Clearly this is not sustainable, nor is it realistic to assume that the required reductions in ecological impact can be met by improving efficiency through green growth and technological innovation.<a href="#_edn31" name="_ednref31"><sup>[31]</sup></a></p>
<p>Degrowth is fundamentally antithetical to capitalist economics. Under our current socio-economic system, a reduction in GDP is described as a recession, which is associated with a wide range of socially deleterious impacts: rising unemployment; laid off workers struggling to make ends meet; falling taxation revenues placing strains on public services such as healthcare and education; households, businesses and even nation-states becoming unable to pay rising debts; and the potential for financial crises and economic collapse. Degrowth, however, should not be understood as a contraction of the existing economic system, but as a transition to an altogether different, post-capitalist economy where ‘wealth’ is understood differently to current measures of GDP or GDP per capita. GDP-based measures fail to account for the vast amount of domestic labour that underpins the formal economy, which has been central to feminist political-economic critiques.<a href="#_edn32" name="_ednref32"><sup>[32]</sup></a> Equally, GDP as a measure of economic activity within an area, makes no discernment between desirable and undesirable economic activity, so undesirable events such as oil spills counterintuitively increase GDP.<a href="#_edn33" name="_ednref33"><sup>[33]</sup></a></p>
<p>Degrowth is designed to ensure that everyone has enough to lead a dignified and materially comfortable life while curtailing the drastic overconsumption that has led us towards an ecological precipice. This recognises that the dramatic growth of inequality over the past 40 years had led to a situation where a dramatic redistribution of wealth is required for a socially and ecologically just society. While for much of history increased economic wealth correlated with enhanced health, education and happiness, this is no longer the case in developed nations. For example, while the GDP per capita in Europe is around 40 percent lower than in the US, Europe outperforms the US when it comes to healthcare, education, happiness and most other social indicators. Although inequality has increased within Europe since the 1980s, European nations tend to be more equal than the US.<a href="#_edn34" name="_ednref34"><sup>[34]</sup></a> This suggests that in addition to being ecologically necessary, degrowth can be a strategy for creating a happier and more just society.</p>
<p>Alongside a call for a reduction in economic activity within developed nations, the second core principle of degrowth is a redistribution of existing wealth within nations such as Aotearoa New Zealand. Ecological economics literature surrounding degrowth argues that everyone’s basic needs can be met if policies are enacted that are designed to produce a more equitable society rather than the current socio-economic system which fuels overconsumption and social inequality with the underlying ethos of infinite economic growth on a finite planet. Policy suggestions to achieve this include policies designed to redistribute wealth and labour, such as a universal basic income, universal basic services and the expansion of universal social goods, while shortening the working week to more equally distribute available work.<a href="#_edn35" name="_ednref35"><sup>[35]</sup></a> Financing this redistribution of wealth and the expansion of social security will require policies such as enacting high rates of taxation on top incomes, a maximum wage policy, capital gains taxes, financial transaction taxes, increasing corporation tax, clamping down on existing strategies of personal and corporate tax avoidance and the implementation of progressive taxes on greenhouse gas emissions, waste production and industrial pollution.<a href="#_edn36" name="_ednref36"><sup>[36]</sup></a> Policy will also be needed to curb unnecessary overconsumption, such as legislating against planned obsolescence, bringing in a legal right to repair so as to improve the lifespan of goods and significantly constraining the advertising industry which primarily exists to manufacture consumer desires and which has proved highly successful at doing so. This focus on policy and legislation denotes that the state is a key actor in any transformation towards degrowth.<a href="#_edn37" name="_ednref37"><sup>[37]</sup></a></p>
<p>Enacting transitions towards degrowth and particularly doing so under the ecologically challenging conditions of the Anthropocene where extreme weather-related disasters and associated social issues will be frequent, will undoubtedly be difficult. Historically, people have fought for more—more bread, more rights, more wealth. Deliberately deciding to have less, albeit a radically more equal distribution of a smaller overall pie, will not be easy nor will it be an overnight transition. However, forming plans for a materially credible, ecologically sustainable, post-capitalist future is absolutely necessary if we are to avoid the likelihood of a future where the rich fortify themselves in relatively safe, highly militarized zones within temperate regions while most people are left in ruined ecologies located in sacrifice zones, existing well below the social foundation. While extinction falls prey to the fatalism of capitalist realism and technological salvation is a fantasy, degrowth is a strategy that should be pursued in order to avoid a future where ecological crises and social breakdown form an apocalyptic event that elicits nationalist, racist and xenophobic human responses.</p>
<p><strong>Sy Taffel</strong> is a Senior Lecturer in Media Studies and co-director of the Political Ecology Research Centre at Massey University, Aotearoa-New Zealand. He is the author of Digital Media Ecologies (Bloomsbury 2019). Sy’s research focuses on digital technology and the environment, digital media and society, automation, media and materiality, and digital labour.</p>
<p><strong>NOTES</strong></p>
<p><a href="#_ednref1" name="_edn1"><sup>[1]</sup></a> By the ‘near future’ I refer to literature arguing that species-level human extinction is probable within generations or even the next century. At geological durations, species-level extinction is highly probable, 99 percent of all the species that once lived on Earth are now extinct, but there is a huge difference between decades and hundreds-of-thousands of years.</p>
<p><a href="#_ednref2" name="_edn2"><sup>[2]</sup></a> António Guterres. UN Secretary-General’s remarks on climate change. Available at https://www.un.org/sg/en/content/sg/statement/2018-09-10/secretary-generals-remarks-climate-change-delivered</p>
<p><a href="#_ednref3" name="_edn3"><sup>[3]</sup></a> P.J. Crutzen and E.F. Stoermer. ‘The “Anthropocene”’,<em> Global Change Newsletter 41 </em>(2000): 17–18; Elizabeth Kolbert. ‘Enter the Anthropocene–age of man’, National Geographic <em>219</em>, no. 3 (2011): 60; Colin Waters et al., ‘The Anthropocene is functionally and stratigraphically distinct from the Holocene’, <em>Science</em> 351 (2016): 137–149.</p>
<p><a href="#_ednref4" name="_edn4"><sup>[4]</sup></a> Gerardo Ceballos et al. ‘Accelerated modern human–induced species losses: entering the sixth mass extinction’, <em>Science Advances</em> 1, no. 5 (2015).</p>
<p><a href="#_ednref5" name="_edn5"><sup>[5]</sup></a> Jason Moore. C<em>apitalism in the web of life: ecology and the accumulation of capital</em>. London: Verso, 2015; Christophe Bonneuil and Jean-Baptiste Fressoz. <em>The shock of the Anthropocene: the earth, history and us</em>. London: Verso, 2016.</p>
<p><a href="#_ednref6" name="_edn6"><sup>[6]</sup></a> Oxfam, <em>Extreme Carbon Inequality: Why the Paris climate deal must put the poorest, lowest emitting and most vulnerable people first</em>. Oxfam, 2015.</p>
<p><a href="#_ednref7" name="_edn7"><sup>[7]</sup></a> Eileen Crist. ‘On the poverty of our nomenclature’, <em>Environmental Humanities 3</em>, no. 1 (2013): 129–147; Andreas Malm and Alf Hornborg. ‘The geology of mankind? A critique of the Anthropocene narrative’, <em>The Anthropocene Review 1</em>, no. 1 (2014): 62–69; Tatiana Garavito and Nathan Thanki. ‘Stop asking people of color to get arrested to protest climate change’. Available at https://www.vice.com/en_us/article/mbm3q4/extinction-rebellion-xr-is-shaped-by-middle-class-white-people-it-does-not-serve-people-of-color</p>
<p><a href="#_ednref8" name="_edn8"><sup>[8]</sup></a> Ministry for the Environment. <em>Climate change projections for New Zealand: atmosphere projections based on simulations from the IPCC fifth assessment, 2nd edition</em>. Wellington: Ministry for the Environment, 2018.</p>